Dondeuil, François, Romain

Biographie


Né le 23 novembre 1802 à Meru (Oise). Commis épicier chez Defrance, 3, rue des Marivaux-Italiens. Il relatait ainsi sa participation aux combats de Juillet : « Le 27 juillet, armé d’une canne à épée, je me trouvais sur la place de la Bourse lorsqu’un pompier accourut demander s’il ne fallait pas apporter de secours aux feux. Il fut aussitôt entouré de gens qui voulaient le désarmer, malgré les prières que faisait un autre pompier qui gardait la pompe. Voulant éviter un malheur, j’ai tiré mon épée et juré sur ma tête qu’il ne serait point désarmé. Je l’escortai ainsi jusqu’à ce qu’il soit hors de danger. Le 28, je partis à 10 heures de la place des Italiens, me rendis aux Petits-Pères, lieu du rassemblement. Après différentes marches, nous nous sommes organisés place de la Bourse. Le dentiste, M. Miel, nous commandait. Nous avons descendus la rue Montmartre, remonté la pointe Saint-Eustache, pris la rue des Prouvaires. Arrivés près la rue Saint-Honoré, nous nous trouvâmes en face d’un corps de troupe de ligne (je crois du 5e). Aussitôt notre colonne fut ébranlée. Cependant on revint aussitôt à la charge. Alors on nous reçut avec un feu de peloton bien meurtrier qui bientôt dégénéra en feux de file. Refoulé par la colonne, je tombais, la jambe prise dans la buffleterie d’un homme qui venait d’être tué. Un autre, d’un certain âge, tomba aussitôt à mon côté, il était frappé à la tête. C’est dans cette affaire que fut tué notre chef. Ainsi renversé sur le malheureux, qui ne respirait plus, je restai longtemps exposé à un feu meurtrier. Enfin, je me levai, déchargeai mon coup de fusil et fus joindre mes camarades dans le marché. Embusqués derrière chaque poteau, nous avons soutenu longtemps contre des forces vingt fois plus supérieures aux nôtres. Nous étions en très petit nombre lorsque le marché fut envahi (c’était je crois des Suisses). Dans la nuit du 29, j’ai établi un poste rue de Marivaux pour la sûreté du quartier. J’ai poussé des patrouilles jusqu’aux Tuileries, où j’ai trouvé un poste presque abandonné. J’en ai fait et signé le rapport, qui a été envoyé palais de la Bourse. Je crois devoir aussi déclarer à quoi j’étais exposé si les troupes avaient triomphé. Je demeurais rue Marivaux, n° 3, maison du commissaire M. Deroste, honnête homme il est vrai mais son devoir voulait si nous étions vaincus qu’il déclare que j’avais pris les armes un des premiers. J’étais connu pour un ennemi juré des Bourbons depuis longtemps. La résolution que j’avais prise de faire dans la maison une résistance opiniâtre en cas de retour des troupes effraya tant notre propriétaire qu’il se sauva. Mon amour pour la patrie doit être comme en 1828. Accusé par le gouvernement autrichien de chercher à renverser Charles X, je fus déclaré criminel de lèse-majesté et j’ai resté deux cents jours dans les prisons autrichiennes, toujours dans l’attente horrible de monter sur l’échafaud. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet (sous les prénoms de Joseph, Romain sur les listes du Moniteur universel). Il cosigna avec une vingtaine d’autres médaillés la lettre d’Eric, Bernard (voir ce nom), président de la commission des médaillés de Juillet, et qui, en date du 20 juillet 1831, demandait qu’il y ait une unité du ruban auquel devaient être suspendues les croix et les médailles, des médaillés ayant été poursuivis pour avoir porté le ruban bleu, ruban qui suspendait la croix de Juillet, au lieu du ruban tricolore, ruban qui suspendait la médaille de Juillet. La demande était fondée sur ce que chaque citoyen avait le droit de porter le ruban national, et d’y suspendre une des nombreuses médailles qui avaient été frappées depuis la révolution. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était gérant d’une maison d’épicerie. Il demeurait 3, rue Marivaux, place des Italiens en juillet puis 30, rue Chantereine en octobre 1830 ; 60, rue de la Ferme-des-Mathurins en avril 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Donteuil, Joseph, Romain) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Dondeuil, Joseph, Romain, faire le changement ?) et lettre en date du 20 juillet 1831.

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