Doucet, Antoine
Biographie
Né vers 1804, et donc âgé de seulement seize ans en 1830. Il combattit. Son nom fut inscrit dans le travail de la Commission des récompenses nationales. Il s’engagea volontaire pour Alger et était, en 1832, ancien grenadier à la 1re compagnie du 67e ligne. Il sollicita à cette époque la décoration de Juillet. En 1848, il était bijoutier en acier, mais sans état fixe, père de deux enfants, et déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, afin d’obtenir une récompense honorifique et un emploi. Il adressa la lettre suivante à la Commission : « […] Ami dévoué de la république, il combattit aux trois journées de Juillet. Il fut porté pour les récompenses nationales. L’espace de temps qu’il a fallu pour les décerner, il prit du service militaire. N’étant plus sur les lieux, il ne fit aucune réclamation. Rentré dans ses foyers le 25 mars 1842, depuis cette époque les réclamations n’ayant plus lieu je m’en tins là ; lorsque l’appel à tous les citoyens fut fait de marcher contre la royauté, je fus des premiers à la barricade des Filles-du-Calvaire. Je ramenais autant d’hommes que possible pour soutenir le feu de l’artillerie, essuyer le feu du 30e de ligne, le feu des dragons à la tête desquels se trouvait le général qui les commandait. Etant possesseurs de la barricade, partis à la Bastille jusqu’au lendemain, partis pour soutenir les positions de la rue des Blancs-Manteaux, la rue des Francs-Bourgeois, la rue Rambuteau, la rue Vieille-du-Temple. Etant à la tête d’une cinquantaine d’hommes, que j’avais fait armer par des citoyens de la garde nationale qui restaient dans leurs domiciles, nous nous sommes transportés à la prise du poste du Marché-Saint-Jean. Ayant perdu deux hommes de ma section, je me forçais avec mes hommes sur les hommes du 45e de ligne renfermés dans le poste et quelques hommes du 7e léger. Je blessais l’officier, quelques gardes nationaux m’ayant prêté main forte ; le poste fut à nous ; nous partîmes pour prendre position des barricades que j’avais fait former mais le cri unanime était de porter renfort au Palais-Royal. Je m’y transportais avec mes hommes. Ayant pris position de la barricade de la rue de Valois, nous avons soutenu le feu des municipaux jusqu’à la fin. Je reçus de fortes contusions. Ayant pris position du poste, nous nous rendîmes aux Tuileries. Là, ma tâche était remplie, tout était fini, mes vœux étaient exaucés. Je puis vous soumettre un certificat au besoin signé des citoyens qui ont été à même de voir ce que j’ai l’honneur de vous soumettre […]. » Il joignait à sa demande deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Les citoyens ci-dessus, après avoir signé, certifient que le sieur Antoine Doucet s’est montré dans notre quartier à la tête de plusieurs autres citoyens, qu’il s’est comporté avec courage, en montrant un réel dévouement pour la cause de la république française. C’est pour quoi nous nous sommes empressés de signer le présent pour lui servir et valoir au besoin. » Signé, le 12 mars 1848 : Leclert, demeurant 69, rue Vieille-du-Temple ; Schnabel, demeurant 66, rue Vieille-du-Temple ; Dubot. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés déclarent s’être trouvés aux barricades de la rue de Valois avec le sieur Doucet, Antoine, aux affaires de février, depuis le commencement du feu jusqu’à la finition du feu, qui fut la prise du château d’eau. En foi de quoi, nous avons signé, après avoir été commandé par lui avec énergie, le 24 février. » Signé, le 2 août 1848 : Guite ; Poscler ; Magin ; Charles ; Humel. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés déclarent que le sieur Antoine Doucet s’est montré vaillamment, étant à la tête d’une cinquantaine d’hommes qu’il commandait, rue du Paradis-Vieille-du-Temple, rue des Francs-Bourgeois, de là partis pour la place du Marché-Saint-Jean. Ayant laissé des hommes pour la sécurité des barricades des rues désignées ci-dessus aux affaires des journées de février le 24. » Signé, le 2 août 1848 : Leclert, demeurant 69, rue Vieille-du-Temple ; Schnabel, demeurant 66, rue Vieille-du-Temple ; Dubot, emballeur, demeurant 2, rue des Guillemites. Il fut recommandé par la Commission pour une place de gardien dans une des colonnes de la barrière du Trône ou tout autre place de cette nature, et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était aussi indiqué comme célibataire en 1848. Il demeurait 17, rue des Lyonnais chez sa mère en 1832 ; 4, rue Basfroi dans le faubourg Saint-Antoine (il donnait aussi comme adresse le 72, rue Popincourt) en 1848. Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives de la préfecture de police AA 385.