Douelle, Dominique, Nicolas
Biographie
Né le 15 janvier 1779 à Chaillot (alors commune limitrophe de Paris). Il partit volontaire pour la Vendée, à l’âge de quatorze ans ; le 30 mars 1814, dans la plaine Monceau, tambour et caporal dans la garde nationale, il sauva la vie au garde national de la IXe légion Lefèvre, horloger demeurant rue des Marmousets, en réussissant à l’arracher des mains des cosaques ; par la suite, Lefevre fut nommé lieutenant, décoré de la Légion d’honneur et pensionné ; Douelle, quant à lui, reçut un certificat du vicomte d’Héruard de Thury, colonel de cette IXe légion, en reconnaissance de son dévouement et remit ce certificat à son capitaine pour tenter d’obtenir la même décoration ; mais les événements politiques ultérieurs ne permirent pas l’aboutissement de sa démarche. En 1830, il était établi marchand de vin. Il parut parmi les quatre premiers du village de Chaillot, dès le 28 juillet à 11 heures du matin, en armes et en uniforme de la garde nationale. Le 29, comme ancien tambour, il battit la générale et la charge et, une fois les combattants rassemblés, quitta sa caisse de tambour pour prendre les armes et défendre les barricades de la rue des Trois-Bornes. Il relatait ainsi sa participation aux combats : « Propriétaire de deux fusils, voyant deux de mes concitoyens sans arme, je me suis empressé d’armer le nommé Poinsignon, propriétaire, qui s’est battu en brave défenseur de nos libertés contre les chasseurs à cheval de la Garde royale qui voulaient franchir nos barricades et nous écraser, ainsi que le nommé Forestier, ancien militaire, qui, par son courage et un dévouement intrépide m’a excité et forcé à partager avec lui les armes qui me restaient et à distribuer quatre-vingts cartouches que je possédais. Je me suis battu avec mon sabre et mon pistolet de munition, avec les braves qui étaient aux barricades, dont plusieurs ont été blessés, les nommés Chastelus, Gayet, Corréa, Dhiver, Dugard tué et Brunet, l’un serrurier et l’autre raffineur. » Sa lettre à la Commission des récompenses nationales était apostillée de très nombreuses signatures de combattant, dont celle de Denis, Lucien, Paul, Marie, le commissaire de police de Chaillot, dans une lettre qu’il adressa à la Commission des récompenses nationales, pour faire valoir ses propres droits à une récompense nationale, confirmait les faits avancés par Douelle : « [Le 28 juillet] De 11 heures à midi, je reçus la visite du sieur Douelle, propriétaire marchand de vin, ancien tambour de la garde nationale demeurant rue de Chaillot n° 21, du sieur Leguay, propriétaire de la maison même rue n° 17, du sieur Caille, chaudronnier son locataire et du sieur Menneray, coiffeur même rue n° 9 ; ils venaient en armes et en costume de garde national s’entendre avec moi sur les mesures à prendre. Je leur fis part des bonnes dispositions de la garnison, de laquelle il n’y avait rien à craindre ; j’émis le premier l’avis que si les troupes étaient battues elles se retireraient sur Saint-Cloud, par conséquent par Chaillot. Je leur représentai que, sans point de ralliement, ayant à traverser les Champs-Elysées occupés par de nombreux détachements, leur costumes ne manqueraient pas d’attirer l’attention des troupes provoquant leur attaque, que, fussent-ils heureux, leurs forces matérielles ne seraient qu’un faible secours pour Paris tandis que leur présence à Chaillot où ils étaient connus de tous, rassurerait la population, encouragerait les plus timides et serait même utile à ceux qui étaient disposés à se battre, en se mettant à leur tête. Depuis ils ont cru devoir me remercier de ce conseil, qui fut suivi. » Le dossier d’examen des droits de Douelle fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Douelle, Jacques, Nicolas sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa, le 24 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Correa, François : « Nous, soussignés, habitants de Chaillot, (ancien) Ier arrondissement de Paris, certifions à qui il appartiendra pour rendre hommage à la vérité, que le sieur François Correa, contremaître à la savonnerie, quai de Billy n° 30, s’est distingué d’une manière toute particulière dans le mémorables journées de juillet dernier, qu’il s’est porté constamment où il y avait le plus de danger et qu’il a été blessé à la jambe droite par un coup de feu en allant en parlementaire. » Il signa, le 15 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Helffer, Jean, Antoine, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, domiciliés à Chaillot (ancien) Ier arrondissement de Paris, certifions à qui il appartiendra que M. Jean, Antoine Helffer, cordonnier, demeurant à Chaillot, rue dudit lieu n° 37, a pris une part active aux événements des trois mémorables journées de juillet 1830, qu’il s’est battu au château de Rome et a montré une vigoureuse résistance aux troupes royales qui s’opposaient à la conquête de la liberté, notamment au capitaine Mottu, du 1er régiment, qu’il a tenu couché en joue, en le sommant de se rendre et par qui il a failli être tué ; enfin qu’il a été vu partout où le danger l’appelait et n’a posé les armes qu’alors que toute défense était inutile. En foi de quoi, voulant rendre hommage à la vérité et à la courageuse conduite du sieur Helffer, nous lui avons délivré le présent certificat pour lui servir et valoir au besoin. » Il reçut sa médaille le 28 juin 1831, et son brevet le 17 août de la même année (il signe le registre de la mairie du nom de Douel… faire le changement ?). En 1830, il était sergent des voltigeurs au 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Il apostilla la demande de Babet, Emmanuel pour tenter de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Il signa le certificat établi en faveur de Forestier, pour faire valoir ses droits à une décoration, en certifiant qu’il l’avait armé le 29 juillet. Il signa, le 9 août 1831, le certificat suivant en faveur de Delavigne, Pierre, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie avoir connu le sieur Delavigne dans la campagne de Rambouillet et dans les glorieuses journées de Juillet, pour avoir pris les armes pour la défense de nos libertés et pour le maintien du bon ordre. » Il signa, le 1er août 1831, le certificat suivant en faveur de Quillié, Pierre, Michel et que cette dernière présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, propriétaires et habitants de Longchamp près la barrière de ce nom, certifions et attestons qu’il est à notre connaissance que le nommé Michel Quillié, journalier, demeurant à Paris, rue du Bouquet-des-Champs n° 4, a pris les armes pendant les glorieuses journées de juillet 1830, pour la défense de la liberté, qu’il a pendant les deux premiers jours monté la garde à la barrière de Longchamp, où il a contribué avec ses camarades au maintien du bon ordre. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 21, rue de Chaillot en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 92 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, idem in dossier Denis, Lucien, Paul, Marie, idem in dossier Babet, Emmanuel, idem in dossier Forestier, Alexis, idem Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Correa, François ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Delavigne, Pierre, François ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Helffer, Jean, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Quillié, Pierre, Michel. Voir sans doute Babet, Emmanuel ?