Douennelle, Bonaventure, Louis, Antoine
Biographie
Né (sous le nom de Douenelle, Bonaventure, Louis, Antoine dans son acte de naissance) le 12 janvier 1808 à Dieppe (Seine-Maritime), fils de Douenelle Nicolas, Bonaventure, charcutier, et de Nepveu, Marie, Françoise, Angélique, son épouse. Commis négociant chez Lefranc, 18, rue de la Vieille-Monnaie. Il occupait, le 28 juillet, la terrasse de M. Albert, marchand de rubans et de soie, 21, cour Batave, et, en compagnie de Jardin, Joseph, tous deux armés de sabres et de fusils, tirait au fusil sur les troupes stationnées rue Saint-Denis. Il fut, vers midi, frappé d’une balle entre les deux épaules. Transporté à son domicile, 18, rue de la Vieille-Monnaie, il mourut vers minuit des suites de sa blessure. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Les circonstances et les causes de sa mort furent attestées par deux certificats. Le premier certificat, signé du docteur Leroux de Rennes (voir Leroux, Marie, François, Arnaud) le 19 août 1831, qui attestait que Douenelle avait été « blessé le 28 juillet 1830 d’un coup de feu qui ayant lésé la colonne vertébrale a occasionné la mort ». Le second certificat, signé de Laborie le 22 octobre 1831, et ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, médecin près le (ancien) VIe arrondissement, certifie avoir été appelé le 28 juillet 1830 au moment où on se battait rue Saint-Denis pour un jeune homme qui venait de recevoir un coup de feu. Je me transportais maison n° 21 de la cour Batave au deuxième chez un sieur Albert, marchand de rubans. Le blessé était couché et paraissait beaucoup souffrir. Je lui fis l’extraction d’une balle rugueuse et aplatie, qui était venue mourir, autant que je puisse me rappeler, sous les téguments de la partie inférieure et postérieure du col. Depuis l’instant de cette opération, je n’ai plus revu ce jeune homme. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Deux autres certificats reprenaient les circonstances de son décès. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Douenelle de Dieppe a été frappé mortellement d’une balle, le 28 juillet 1830, cour Batave sur le balcon dépendant de mon appartement et qu’il a expiré dans la journée des suites de sa blessure malgré les soins qu’on lui a prodigués chez moi. » Signé, le 3 octobre 1831 : Albert, B., demeurant dorénavant 4, rue Planche-Mibray. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Douenelle, François, Bonaventure (sic), issus de parents domiciliés à Dieppe, est décédé chez moi le 28 juillet 1830 à 12 heures de la nuit par suite d’une blessure qu’il reçut d’une balle dirigée contre lui sur le balcon de la cour Batave, où, se trouvant armé d’un fusil, il combattait pour la liberté. » Signé, le 4 octobre 1831 : Lefranc, demeurant 18, rue de la Vieille-Monnaie. Le 24 août 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement et sur la demande de Saintouen, Pierre, charcutier, demeurant 43, rue Neuve-des-Petits-Champs, chargé de représenter Douenelle Nicolas, Bonaventure (sic) et Nepveu, Marie, Françoise, Angélique, comparurent : Jardin, Joseph (voir ce nom), broyeur de couleurs, demeurant 18, rue de la Vieille-Monnaie ; Terral, Guillaume, bijoutier, demeurant 18, rue de la Vieille-Monnaie ; Gaillard, Elie, fabricant d’amadous, demeurant 20, rue de la Vieille-Monnaie ; Lemasle, Pierre, Auguste, marchand boucher, demeurant 26, rue des Lombards. Ils attestèrent avoir parfaitement connu François, Bonaventure Douenelle (sic) « et savoir. M. Jardin, que le sieur Douenelle et lui occupaient le 28 juillet 1830 vers midi, sur la terrasse de la maison de M. Albert, marchand de rubans et soieries sise cour Batave, une croisée donnant sur la rue Saint-Denis ; que tous deux combattaient à côté l’un de l’autre armés de sabres et de fusils ; que le sieur Douenelle a été frappé d’une balle qui l’a percé entre les deux épaules, s’est arrêtée entre cuir et chair dans le col, d’où elle a été retirée par le docteur Laborie ; que la plaie a été ensuite pansée par le sieur Leroux, docteur en médecine ; que sur les 4 heures il a été transporté en son domicile susdite rue de la Vieille-Monnaie n° 18, où il a expiré à 11 heures et demie du soir des suites de la blessure qu’il avait reçue. Et MM. Terral, Gaillard et Lemasle, que tous les faits avancés par ledit sieur Jardin sont à leur parfaite connaissance, qu’ils en ont été les témoins et n’ont point quitté le sieur Douenelle jusqu’à l’instant de son décès ». Il laissait des parents, Douennelle, ou Douenel, ou encore Doenel ou même Doennel (toutes ces orthographes sont présentes soit à l’état civil soit dans des actes judiciaires), Nicolas, Bonaventure, né le 11 septembre 1772 à Pansy, charcutier, et Nepveu, Marie, Françoise, Angélique, née le 3 janvier 1777 (bien le 3 janvier 1777 dans son acte de baptême) à Dieppe, qui reçurent un secours de deux cents francs, le 29 octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (Sur l’acquit de M. Saint-Ouen, rue des Petits-Champs, n° 43, est-il noté en face de son nom). Les parents furent pensionnés (ces noms ne sont pas sur les listes du Bulletin des lois ; mais ils sont bien in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831) de deux cents francs, et il leur fut accordée (sous les noms de Doennel, Nicolas, Bonnaventure et Nepveu, Marie, Françoise, Angélique) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le père présenta un certificat médical qui attestait qu’il était atteint depuis plusieurs années d’un mal à l’estomac et que depuis un an il ne pouvait plus se livrer à son état de charcutier et qu’il le faisait faire par un garçon, ce qui lui occasionnait une dépense qu’il ne pourrait longtemps soutenir. Les parents s’étaient mariés le 22 vendémiaire an XI à Biville-sur-Mer. Sur l’acte de mariage, Douenel, Nicolas, Bonaventure (sic) est indiqué comme fils de feu Douenel, Jean, boucher, et de Delarue, Anne ; Nepveu, Marie, Françoise, Angélique comme née le 2 janvier 1777 (sic) à la paroisse de Saint-Rémy à Dieppe, fille de Nepveu, Antoine, Jacques (mais Nepveu, Jacques, Antoine, dans son acte de naissance) et de Ducastel, Rose, Françoise (mais Durosay, Françoise, Rose dans son acte de naissance). Le 24 juillet 1840, ses restes furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, place de la Bastille. Le nom de Doennel (B.-L.-A. Doennel) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Il demeurait 18, rue de la Vieille-Monnaie. Ses parents demeuraient à Dieppe en 1831. Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 47 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 101 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, relevé nominatif des personnes décédées pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 par suite de coups de feu, idem Répertoire alphabétique des personnes décédées pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de Douenelle, François, Bonaventure), idem Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessous de soixante ans, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/33, demandes soumises à la décision de la Commission des récompenses nationales, non encore justifiées à l’époque du 20 octobre 1831 (indiquant que les ascendants avaient encore des pièces à régulariser) et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (liste supplémentaire) (sous le nom de Doennel, Bonaventure, Louis, Antoine) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (30 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Archives de la préfecture de police AA 420 ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 (sous le nom de Doennel, Bonnaventure, Louis, Antoine).