Dreyfus, Baudry, Henry

Biographie


Né vers 1804 à Wissembourg (Bas-Rhin). Négociant. Il établit l’ambulance de la cité d’Orléans, qui accueillit jusqu’à quatre-vingts blessés, et s’illustra boulevard Saint-Denis et au Théâtre-Français. Le 30 juin 1831, soit beaucoup trop tard, il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Absent de Paris depuis quelques mois, je n’avais pas cru nécessaire, avant mon départ, de vous adresser mes réclamations pour obtenir la décoration spéciale de Juillet. Mais je viens d’apprendre que la Commission est sur le point de terminer son travail et je me presse, messieurs, de vous supplier de daigner m’accorder cette faveur, que je pense avoir méritée par ma conduite dans nos trois héroïques journées. Je joins à ma demande, non des certificats, qui pourraient être révoqués en doute, mais plusieurs signatures de décorés de Juillet avec lesquels j’ai combattu. Ils ont obtenu la juste récompense de leur patriotisme ; j’ose espérer aussi que, dans votre justice, messieurs, vous m’en jugerez digne et je me glorifierai toute ma vie d’être du nombre des braves que la patrie reconnaissante a reconnus pour les défenseurs de ses libertés. Je me flatte que vous voudrez bien ordonner une enquête sur mon compte. Elle ne peut que m’être avantageuse et ma reconnaissance sera éternelle si j’obtiens de votre équité la seule récompense que mon cœur ambitionne. » Suivaient les apostilles de : Chappuis, Joseph (voir Chapuis, Joseph), « décoré de Juillet », demeurant rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur, qui ajoutait le connaître « pour avoir commandé aux Tuileries dans les journées de Juillet » ; Nones, D. (suivi des trois points maçonniques), « décoré de Juillet », (voir Nones, Chéri, Daniel), demeurant 12, passage de l’Industrie, qui ajoutait certifier avoir vu « M. Dreyfus au Théâtre-Français le 29 juillet, combattre pour la liberté » ; Levée, A. « décoré de Juillet » (voir Levée, Ferdinand, Adolphe, Louis, François ?), demeurant 22, rue des Vinaigriers, qui précisait « voir vu M. Dreyfus ayant fait partie d’une troupe armée dans le quartier du Palais-Royal dans la journée du 29 juillet ». Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet. Il joignait à sa demande le reçu suivant : « Reçu de M. Dreyfus, caissier de l’ambulance de la cité d’Orléans, la somme de mille francs pour les blessés dans la glorieuse défense du peuple. » Signé, le 31 juillet 1830 : Brian, demeurant 6, cité d’Orléans. Aussi, le certificat suivant : « Je, soussigné, Bachot, Antoine, Simon (sic) (voir Bachot, Jean, Antoine), élève de la faculté de Paris, ayant tenu conjointement avec mon condisciple M. Penasse (voir ce nom), l’ambulance qui fut établie dans la cité d’Orléans, certifie en mon particulier que M. Dreyfus, Baudry, Henry s’adjoignit à l’ambulance au moment de sa création, qu’il se constitua directeur d’une caisse fondée sur les dons patriotiques qui furent accordés aux blessés que contenait l’ambulance ; qu’en outre il concourut de ses efforts aux peines illisible que nécessita la direction de cette ambulance et qu’il fut indépendamment des secours premiers qu’il accorda lui-même répartiteur des linges, vivres, etc. qui furent apportés pour subvenir aux besoins qu’exigeait la situation des nombreux combattants que secourut cette ambulance ; et qu’enfin M. Dreyfus remit à M. Briand (sic), l’excédent des sommes reçues, et que ce dernier versa à la mairie du (ancien) Ve arrondissement. » Signé : Bachot, Antoine, Simon (il signe bien A., S., Bachot), demeurant 37, quai Bourbon. Le même Bachot, quand il tenta lui-même de faire valoir ses propres droits à une récompense nationale, fit ainsi mention de Dreyfus, dans le fonctionnement de l’ambulance : « […] Tant est que l’importance de cette ambulance nécessita un caissier, qui fut M. Dreyfus, et qui fut chargé de la direction et de l’emploi de six à sept mille francs environ que l’on obtint par des dons patriotiques, que la moitié de cette somme fut employée à nourrir de huit à douze mille individus pendant trois ou quatre jours, le reste de la somme fut porté à la mairie du (ancien) Ve arrondissement, par M. Briand (sic mais lui-même signe bien Brian), copropriétaire de la cité d’Orléans où était établie l’ambulance […]. » Il signa, le 27 août 1830, le certificat suivant en faveur de la veuve Trubert et que cette dernière présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, propriétaire de la cité d’Orléans et autres habitants du quartier de la porte Saint-Denis, soussignés, certifions à qui il appartiendra que Mme veuve Trubert, notre voisine, a fait preuve d’un dévouement et d’un courage au-dessus de tout éloge, pour la cause nationale. Qu’immédiatement après le combat qui eut lieu près les deux portes Saint-Martin et Saint-Denis elle s’est occupée la première à faire des quêtes de linge et d’argent au bénéfice des blessés qui ont été apportés dans l’ambulance de ladite cité. Que c’est par les soins et la vigilance de cette dame et de celles qui ont suivi son exemple qu’indépendamment d’une somme de trois mille francs, qui a été versée à la mairie du (ancien) Ve arrondissement pour tous les blessés de juillet dernier plus de deux cents ont reçu des premiers secours et pansements qui leur ont été administrés pendant près de quinze jours par MM. Penasse et Bachot (voir plus haut) et qu’en outre, en attendant l’ouverture des ateliers environ trois mille personnes ont reçu dans ladite ambulance des rations de pain, viande, soupe et vin qui leur ont été distribuées pendant quatre jours le matin et le soir par ladite dame Trubert elle-même, dont rien n’a pu paralyser le courage. Nous ajoutons qu’indépendamment des blessés qui ont été reçus gratuitement de la part de M. Brian dans l’établissement de santé dirigé par Mme Baric, ladite dame veuve Trubert a fait occuper par plusieurs défenseurs de la liberté les lits que la dame Baric a mis à cet effet à sa disposition, faubourg Saint-Denis. » Dreyfus demeurait 4, cité d’Orléans sur le boulevard Saint-Denis en 1831. Archives de la préfecture de police AA 386 ; Archives de la préfecture de police AA 415 in dossier Trubert veuve.

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