Drier, Jean, Philippe

Biographie


Né le 18 août 1781 (mais le 10 août 1781 une fois in Archives nationales F/1dIII/34 et le 1er janvier 1801 une autre fois dans la même référence) à Verdun (Meuse). Entrepreneur de voitures publiques en 1810-1817, logeur dans un hôtel garni 22, rue des Fossés-Montmartre, sans l’hôtel de Cahors selon l’Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades. Il fut blessé, le 28 ou le 29 juillet, d’un coup de feu au bras droit au cours d’une fusillade qui eut lieu dans cette rue. Il fut immédiatement soigné par le docteur Pilliot (voir Pilliot, Marie, Joseph, Clément), selon le certificat qu’il délivra plus tard en faveur de ce dernier et ainsi rédigé en date du 9 mai 1831 : « Je, soussigné, certifie que le 28 juillet 1830, lors de la charge des troupes commandées par la division de Raguse, dans la rue des Fossés-Montmartre et au moment où je venais d’être blessé par une balle qui m’a fracassé l’avant-bras, le docteur Pilliot est venu me donner ses soins et poser le premier appareil sur ma blessure, sans calculer les dangers qu’il courait puisqu’il pouvait être atteint par les balles de l’ennemi étant à peine au bout de la rue des Fossés-Montmartre. » Il dut être amputé. Il reçut un secours de deux cent quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de cent francs, le 2 août 1830, un secours de cent francs, le 21 août 1830, un secours de deux cents francs, le 8 septembre 1830, un secours de cent dix francs, le 13 octobre 1830, un secours de soixante-quinze francs le 3 novembre 1830, un secours de cent quarante francs le 24 novembre 1830, un secours de cent francs le 15 décembre 1830, un secours de soixante-quinze francs le 3 janvier 1831, un secours de soixante-quinze francs le 15 janvier 1831, un secours de soixante-quinze francs le 1er février, un secours de soixante-quinze francs le 15 février 1831, un secours de soixante-quinze francs le 1er mars 1831, un secours de quarante et un francs et soixante-cinq centimes 15 mars 1831, un secours de quarante et un francs et soixante-cinq centimes le 1er avril 1831, un secours de quarante et un francs et soixante-cinq centimes le 15 avril, un secours de quarante et un francs et soixante-cinq centimes le 2 mai 1831 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (et peut-être aussi du (ancien) IIe arrondissement). Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le seul nom de Drier sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Il fut admis dans la 6e classe des blessés et pensionné de six cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. L’examen de ses droits donna sûrement lieu à des manigances puisque Varrot, employé à la Commission des récompenses nationales, se plaignit auprès de la Commission d’avoir été calomnié par Drier et entendait porter plainte contre lui : « Ce misérable, qui me doit de n’être pas sur le pavé avec sa femme et ses quatre enfants, ne se doute pas probablement des moyens matériels que j’ai pour l’accabler et le faire punir sévèrement comme calomniateur. » Et aussi : « Je suis porteur d’une pièce accablante contre cet homme, et qui convaincrait combien sa diffamation est gratuite. Cependant la considération de ses quatre malheureux enfants, que la punition de leur coupable père rendrait victimes, suspend encore l’effet de ma trop juste indignation ; et pourtant mon honneur exige que je détruise des soupçons aussi affreux que ceux qu’il a suscités contre moi. » Drier avait demandé la décoration de Juillet, et affirmait avoir quitté sa femme, ses enfants et son foyer pour aller combattre ; des renseignements recueillis, peut-être par Varrot et peut-être aussi seulement malveillants, affirmaient que Drier s’était blessé accidentellement et chez lui. Son dossier auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement rapporte qu’il avait été « ruiné déjà complétement par l’invasion des troupes étrangères », qu’il avait eu, au coin de la rue des Fossés-Montmartre, « le bras droit criblé de balles, dont on a été obligé de faire l’amputation, et, par suite de cette opération, il se trouve dans l’impossibilité de nourrir sa famille » Il était marié avec Négrier, Catherine, Rosalie (mais Négrier, Catherine, Sophie dans l’acte de naissance de Drier, François), née le 22 octobre 1786 à Nancy (Moselle), et avait quatre enfants, dont les trois derniers, vu la 6e classe des blessés dans laquelle était rangé leur père, furent considérés comme orphelins, pensionnés et reçurent une inscription de rentes : Grégoire, né en 1813, François, né le 20 février 1817 à Jarville (Meurthe), Ferdinand, Isidore, né le 30 janvier 1818 à Paris, Emilie, Constance, née le 15 janvier 1827 (par erreur le 15 janvier 1817 deux fois in F/1dIII/38 B et aussi par erreur in Archives nationales F/15/2557-2559) aussi à Paris. En 1832, Ferdinand, Isidore se destinait au commerce de papetier-relieur, était en apprentissage chez Doré, papetier, 32, rue Dauphine, semblait, selon la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet, avoir « une aptitude très prononcée pour cette profession » et reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau. Un autre bulletin rapportait qu’il savait lire et écrire, travaillait avec assez de zèle et était un « bon sujet ». En 1832, le bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait sur le compte de François, Victor qu’il montrait beaucoup de dispositions pour l’ornement et la décoration, qu’il se destinait à l’état de porcelainier, qu’il était en apprentissage, depuis le 4 octobre 1829, chez Monginot, 132, rue du Faubourg-Saint-Denis, et qu’il lisait et écrivait passablement. Et aussi la même année : « Ce jeune homme est plutôt regardé dans la maison Monginot, comme l’enfant de la maison que comme un apprenti ouvrier. C’est un fort bon sujet, doux et docile. Il a peu d’instruction élémentaire. Je l’ai engagé à se perfectionner dans cette partie de ses études en prenant quelques leçons particulières. M. Monginot n’est pas encore bien fixé sur la position et la route qu’il lui fera suivre dans son établissement. S’il ne consultait que le goût du jeune homme, il lui apprendrait l’art de peintre de fleurs sur porcelaine, mais il croit qu’il n’a pas de grandes dispositions pour cet état et préfère, à ce que j’ai pu voir, lui apprendre à dorer. Il s’attache non seulement à en faire un bon ouvrier mais voudrait en faire un chef d’atelier, indispensable pour un établissement de ce genre. » Le 6 août 1832, le Service de sous-surveillance des orphelins et orphelines de Juillet adressait la lettre suivante au maître des requêtes chargé de la surveillance des orphelins et orphelines de Juillet : « Monsieur,

»Je m’empresse de vous prévenir d’une circonstance qui me paraît intéresser vivement d’éducation et l’avenir d’un orphelin de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement. Voici les faits que j’ai pu recueillir. Le jeune Drier, François, qui était en apprentissage chez le sieur Monginot, peintre sur porcelaine, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 132, depuis le 4 novembre 1829 et qui avait été maintenu dans cette maison par décision de la commission municipale, n’avait jusqu’à présent donné lieu à aucun sujet de plainte, lorsqu’il y a un mois, j’eus déjà l’occasion de remonter un peu son courage et de lui donner quelques conseils sur la conduite qu’il devait tenir avec un maître qui non seulement lui enseignait gratuitement son état mais encore payait son travail à raison de un franc et vingt-cinq centimes par jour. Je croyais être parvenu à concilier les intérêts du maître et de l’élève et devoir attendre plus d’égards et de reconnaissance de mes exhortations, mais je ne fus pas peu surpris lorsque le samedi 4 du courant, me présentant chez M. Monginot pour recevoir de lui le bulletin modèle numéro 2, j’appris que, loin d’avoir écouté mes conseils, le jeune Drier avait fait au contraire tout ce qu’il fallait pour mécontenter M. Monginot, qui refusa le bulletin et me dit que ce jeune homme voulait changer de maison et désirait entrer chez un nouveau maître, passage de l’Industrie ; qu’il avait beaucoup à se plaindre de son insolence et de ses mauvais procédés et que je ne sois pas surpris s’il le renvoyait dans la journée. Je l’engageais à écrire à la commission avant de prendre ce parti et à user encore d’indulgence. Je pouvais donc espérer que les choses en seraient au même point et je m’y rendis ce matin pour user encore de quelques moyens conciliatoires. J’appris qu’à la suite de la visite de samedi, M. Monginot avait adressé quelques reproches au jeune homme, que celui-ci avait répondu par des impertinences et qu’on l’avait renvoyé à son père, rue du faubourg Saint-Denis. J’ai blâmé M. Monginot de la promptitude de sa détermination ; il m’a répondu qu’il n’avait pu souffrir plus longtemps l’ingratitude d’un jeune homme qu’il avait plutôt toujours traité comme un de ses enfants que comme un ouvrier. » Peu après, un autre bulletin rapportait qu’il était maintenant chez Aulime illisible, Eugène, 3, passage de l’Industrie, ajoutant : « Assez de progrès chez le nouveau maître chez lequel la Commission l’a placé. Il peint la fleur et l’ornement, suit avec zèle un cours de dessin, dont il compte retirer un grand avantage pour la profession de peintre sur porcelaine. » En 1833, l’aîné n’ayant pas, à cause de son âge, participé aux secours de la Commission, ses frères et sœurs voulurent aliéner leur rente pour le libérer du service militaire auquel il était appelé. En 1833 toujours, Drier sollicita un secours et une place de concierge ou de surveillant. En 1836, Emilie, Constance était élève externe dans une pension. Drier demeurait à Nancy (Meurthe) en 1810 ; à Jarville en 1817 ; 22, rue des Fossés-Montmartre en 1830-1831 ; 24, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1832-1834. Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 273, 375 (sous le nom de Driez) ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 48 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins, liste nominative des blessés de la VIe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96-97 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, couverture du dossier de Laurent, Louis ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 30 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 et état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des enfants (27) assimilés aux orphelins en vertu de l’article 2 de la loi du 13 décembre, même référence orphelins du (ancien) IIIe arrondissement et même référence orphelines du (ancien) IIIe arrondissement et même référence état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/40 (Etat nominatif comprenant huit orphelins de Juillet, qui, pendant le 1er trimestre de 1834, sont entrés dans leur huitième année et dont les pensions doivent être réinscrites au Trésor, au taux de sept cents francs en conformité de l’article 3 de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1833, IIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1834, orphelins de juillet 1830 […] qui, ayant atteint ou devant atteindre l’âge de sept ans avant le 1er avril 1834, vont être rayés des registres du Trésor pour le premier secours de 250 francs qui leur avait été accordé et sont susceptibles d’être réinscrits pour de nouvelles pensions temporaires de 700 ou 500 francs, conformément aux ordonnances royales des 25 août 1830 et 13 décembre 1833 ; année 1838 IIIe arrondissement ; année 1839 IIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Farnet ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Nilès ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, orphelins et blessés de 6e classe et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IVe arrondissement et (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/P/7 Récompenses honorifiques in dossier Pilliot, Marie, Joseph, Clément ; Archives nationales F/15/2556 et dossier Sous-surveillant pièces relatives ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien IIe arrondissement).

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