Droit, François
Biographie
Né le 28 mai 1791. Ancienne trompette, entré au 5e régiment de chasseurs à cheval en 1807, ayant participé aux campagnes d’Espagne, blessé, licencié en 1815. En 1830, il était maître de natation, ou garçon baigneur, ou marinier. Il adressa à la Commission des récompenses nationales l’exposé suivant de la conduite qu’il avait tenue pendant les trois journées de juillet : « Le 27, il était sur la place du Châtelet, où il a excité les bons Français à se rallier pour se défendre contre l’ex-gendarmerie royale qui chargeait le peuple. Le 28 du courant, ledit sieur Drouet (sic), armé d’une carabine, a fait feu sur l’artillerie qui se trouvait sur le quai de la Cité avec la garde royale et a continué son feu sur ladite garde royale et l’artillerie qui ont opéré leur retraite par le pont Notre-Dame, pour aller à l’Hôtel de ville, et alors il était seul armé de son fusil, il s’est mis seul au milieu du pont Notre-Dame, il a constamment tiré sur cette garde royale et les Suisses et aussi sur le pont d’Arcole et il a mis à mort deux Suisses ; il s’est transporté chez M. Daix, armurier, quai de la Ferraille, il y a cherché des cartouches, qui généreusement lui ont été fournies ; mais la garde royale venait en masse de la rue Saint-Denis à la place du Châtelet, faisant feu sur toute la ligne. Le sieur Drouet (resic) n’a eu que le temps d’entrer chez un citoyen pour sauver sa vie, toutefois, après avoir encore blessé plusieurs soldats de cette garde royale suisse. Le 29 au matin, vers les 10 heures, il s’est joint à un capitaine commandant une colonne qui venait de la rue de la Monnaie et est entré au Louvre par la porte qui face à l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois ; il a traversé la cour du Louvre jusqu’à la voûte qui conduit au Carrousel ; le poste de la garde royale au Carrousel a fait feu sur les citoyens et on s’est battu environ une heure ; de là, il s’est dirigé avec d’autres citoyens par la rue du Coq, où l’on s’est battu rue Saint-Honoré ; après avoir été, toujours en se battant, jusqu’au Palais-Royal, un de ses camarades a été tué ; il a resserré contre une borne qui fait le coin du bonnetier et de là le sieur Drouet (resic) a suivi jusqu’au Palais-Royal, où il a chargé deux fois la troupe dans la grille du Palais-Royal. Il a fait prisonniers dans les galeries, un sergent, un caporal et un tambour et s’est emparé de leurs armes et les a conduits en lieu de sûreté ; il est entré dans un corps de garde des Suisses, où il a pris des cartouches à force armée. Il a également chargé sur une pièce de canon, en face de la rue de Richelieu, et sur vingt personnes qui cherchaient à s’emparer de la pièce, huit sont restées saines et sauves ; mais une nouvelle charge fut dirigée sur cette pièce de canon, elle fut prise d’assaut et emmenée aux cris de la victoire. Le 30, il est allé à Saint-Cloud et à Versailles, où il a chargé les lanciers qui étaient poursuivis à toute outrance. » Sa lettre était apostillée par Ouarnier, propriétaire de bains quai de la Mégisserie au pont au Change ; Viguier, Auguste (voir ce nom), adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement, qui ajoutait : « Le sieur Drouet (sic) est un brave, qui a certainement fait ce qu’il annonce. Il est honnête et mérite qu’on s’intéresse à lui. Les braves gens comme lui se battent bien, vont au plus fort de la mêlée et, rentrent après chez eux, modestes, et ne demandent rien. C’est ainsi que le sieur Drouet ne s’est déterminé à se présenter à la Commission que sur les instances que nous lui avons faites. Il a droit aux distinctions que la Commission pourra accorder. » Deheque, armurier, demeurant 4, quai de la Mégisserie ; Espinassolle, orfèvre-bijoutier, demeurant 32, quai Pelletier ; chevalier Espéron, capitaine en non-activité, demeurant 32, quai Pelletier, qui ajoutait : « Le capitaine en non-activité, soussigné, témoin constant de l’agilité, de l’adresse et surtout de la bravoure du sieur Drouet (sic), combattant le 28 juillet dernier sur le pont Notre-Dame, où il est demeuré fort longtemps, croit de confiance à tous les autres faits rapportés dans l’exposé d’autre part. Il regarde cet ancien militaire-citoyen comme un des principaux coopérateurs aux succès de cette dangereuse et brillante journée ; et, n’eût-il à se glorifier que de sa conduite exemplaire au pont Notre-Dame, l’exposant a, selon l’intime conviction du soussigné, les droits les plus certains à la récompense nationale qu’il sollicite. » Il était porteur du certificat suivant : « Le sieur François Droit (sic), garçon de bateau chez M. Ouarnier, au port de Paris et domicilié rue Pierre-à-Poisson n° 14 (sic), s’est montré constamment aux feux qui ont eu lieu pendant les journées mémorables qui ont rendu le bonheur et la liberté à la France. Les 27, 28 et 29 juillet, il a été constamment sur les ponts au Change et Notre-Dame ; ayant manqué de munitions, l’armurier au bout du pont au Change lui en donna ; alors il se porta où le danger était le plus imminent. Il est entré le troisième au Louvre ; il s’est trouvé aussi à la prise de la pièce de canon postée rue Saint-Honoré. Il a été ensuite à Saint-Cloud, a poursuivi les lanciers jusqu’à Versailles. » Signé le 19 août 1830 : Ouarnier, entrepreneur de bains au pont au Change ; Barbier (peut-être prénommé Félix) ; Deheque, armurier, demeurant 4, quai de la Mégisserie ; Frénoir fils, demeurant 5, rue de la Sonnerie ; Lamel, Jacques (voir ce nom), demeurant 6, rue de la Sonnerie ; Gagnot, marchand liquoriste, demeurant 6, quai de la Mégisserie ; Maréchal ; Gauchet, Nicolas, Antoine (voir ce nom), demeurant 8, rue de la Sonnerie ; Letonnellier, marchand de vin, demeurant 4, quai de la Mégisserie ; Berthelli…, demeurant 10, quai de la Mégisserie ; Moustoi illisible ; Viard aîné, demeurant 2, quai de la Mégisserie ; Allez illisible, demeurant 2, quai de la Mégisserie ; Kresz, C. aîné, demeurant 34, quai de la Mégisserie ; Lebouleux illisible, demeurant 11, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Corion, marchand de vins, demeurant 2, quai de la Mégisserie ; Perrée, marchand boulanger ; Espéron, demeurant 32, quai Pelletier ; Gardet, demeurant 32, quai Pelletier. On trouve aussi dans son dossier cette note de recommandation, signée aussi par le même Viguier : « Si on avait encore à équiper quelques gardes nationaux aux frais du public, le brave Droit (sic) mériterait cet honneur (tu as dû remettre à M. Delannoy un récit de sa conduite, que je t’ai donné à cette fin l’autre jour ?). C’est sûrement un excellent soldat ; c’est dommage qu’il ait l’oreille assez dure mais il n’en pourrait pas moins entendre le commandement. Vois s’il y a objection. C’est Laurel qui l’a engagé à faire cette démarche. Quoique ouvrier, il paraît placé à l’année chez des gens qui l’estiment, M. Ouarnier, aux bains de ce nom ; du moins pour le temps des bains, le reste du temps il travaille à la pêche ou à la vente du poisson. Sans rien lui promettre, je ne peux lui refuser cette recommandation. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est annoté de l’observation suivante : « S’est tenu constamment sur les ponts (pont au Change et pont Notre-Dame), très exposé, faisant sans relâche le coup de fusil. Attesté généralement. Homme très estimé. » Signé Viguier. « Lui donner la médaille. » Signé Leymarie. Il reçut (sous le nom de Drouet, François), après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut délivrée le 27 juin, et son brevet le 10 août 1831. Ne sachant signer, il fit une croix, en présence de Christophe Mailliot, régleur de papiers, demeurant 6, rue Saint-Germain-l’Auxerrois, et de Alphonse Oudin, caissier, demeurant 30, quai de la Mégisserie, qui déclarèrent le bien connaître. Il demeurait 16, rue Pierre-à-Poisson en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe. FAIRE LE CHANGEMENT ? DROIT OU DROUET ?