Drouault, Pierre, René
Biographie
Né le 10 août 1795 à Sablé (Sarthe). Epicier. Le 23 mars 1831, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, pour faire valoir ses droits : « Messieurs,
»Arrivant de voyage, j’ai l’honneur de vous transmettre les faits qui me sont espérer que vous me trouverez digne de la récompense nationale.
»Le 28 juillet, je fus avec quelques voisins gardes nationaux chez M. Gisquet, officier supérieur de l’ex-garde nationale, pour le prier de nous commander, ce qu’il n’accepta pas. Suivi par une foule innombrable et M. Gisquet étant banquier, je crus devoir m’opposer à son entrée, redoutant le désordre. Je restai seul en dehors pour les exhorter à la modération et eus le bonheur de parer un coup de baïonnette qui m’était lancé par un homme duquel j’obtins la grâce de ses collègues. Je passai la fin de cette journée chez M. Laffitte et chez moi.
»Le 29 juillet, je restai constamment aux ordres du général Pajol, qui m’envoya à la place Vendôme avec cinq gardes nationaux pour engager le 53e de ligne à se rendre. Nous précédâmes ce régiment jusque chez M. Laffitte. Je fus envoyé de suite à l’état-major de la place pour m’emparer de ce qui s’y trouverait. Je chargeai les domestiques de M. Laffitte de cartouches et ce ne fut qu’avec beaucoup de peines et de dangers que je parvins chez M. Laffitte où j’en fis la distribution à ceux qui avaient des fusils. Je me rendis à la caserne du Mont-Blanc où j’exhortai les vétérans à me rendre leurs armes. Deux fois je fus obligé d’abandonner la caserne, sans résultat ; enfin j’obtins et distribuai de suite les armes aux personnes de ma connaissance. Je fis apporter le reste par les vétérans chez M. Laffitte, ayant pour les transporter jusque-là été contraint de faire en route quelques concessions forcées. J’avais l’ordre de porter ces armes dans le faubourg Poissonnière. Sur deux caisses, une me fut prise, je donnai l’autre à un sergent de la Ire légion. Le 30, je fus d’ordre de M. Lapeirière, colonel de la Ire légion, à la ville près du colonel Zimmer et de là à la Guerre près du général Morin, pour obtenir des armes pour la légion, ce qui fut ma dernière course m’étant trouvé obligé de prendre le lit.
»Si, père de quatre enfants, vous me jugez digne de la récompense nationale, je justifierai la marque d’honneur que vous m’aurez, etc. » Sa demande fut apostillée par le général Pajol et le banquier Laffitte. Drouault ajoutait à sa demande un certificat, signé par une vingtaine de noms et ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le 28 juillet 1830, M. Drouault faisait partie d’un rassemblement considérable en face de la maison de M. Gisquet, banquier, qu’on allait sommer de commander les gardes nationaux présents ; nous attestons, en outre, que M. Drouault reçut un coup de baïonnette qu’il fut assez heureux pour parer. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le seul nom de Drouault sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Il reçut sa médaille le 28 juillet 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Drouault demeurait 35, rue de la Chaussée-d’Antin (c’est-à-dire 35, rue du Mont-Blanc) en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, idem Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement.