Drouineau, Pierre, Gustave

Biographie


Né le 22 février 1798 à La Rochelle. Homme de lettres. Le Journal des débats, en date du 30 juillet 1830, rapporta ainsi les mêmes circonstances : « Un grand nombre de citoyens du (ancien) XIe arrondissement municipal, réunis à la mairie de cet arrondissement, ont élu membres du bureau municipal provisoire, MM. Népomucène Lemercier, de l’Académie française, président ; Victor Cousin, professeur de la faculté des lettres, secrétaire ; Renouard d’Herbelot, avocat ; Paul Royer-Collard, professeur à la faculté de droit ; Ch. Durozoir, professeur suppléant à la faculté lettres ; Peyre, architecte ; Andral, professeur à la faculté de médecine ; Fonfancy, avocat ; Gustave Drouineau, homme de lettres. » Il fit partie avec Lamoure Auguste, Fillias Pierre François, Degournay Pierre, Claude Alexandre, Gombert François, Gostalla Adolphe, Haussmann Georges Eugène, Roques Pierre, Richard Pierre Nicolas, Burat, Lacombe, Durocher Jean Claude, (voir ces noms) des douze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour les (anciens) Ier et XIe arrondissements. Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demanda, sur la proposition de M. Bixio (voir Bixio, Giacomo, Alexandro) l’ajournement de toute décision de récompense honorifique à son égard. Dans sa séance du 15 avril 1831, le même comité des renseignements demandait de faire entendre contradictoirement Drouineau, Cordelier et Delanoue. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Drouinau, Pierre, Gustave sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il était au moins une connaissance de Mardelle, Jean, Alexandre (voir ce nom), puisque ce dernier, dans sa demande de décoration, dit l’avoir rencontré deux fois alors que lui-même revenait de l’action, pendant les journées de Juillet. Cité comme témoin au procès d’Evariste Galois, il refusa de prêter serment : « Je me refuse à prêter serment, parce que je ne dois ni ne veux divulguer rien de ce qui s’est passé dans un banquet particulier. [...] En mon âme et conscience, je me crois dans mon droit. Je ne serai jamais un délateur ; au reste, si la loi civile me condamne, ma conscience m’absoudra. » Il fut, à cause de ce refus, condamné à cent francs d’amende et aux frais de l’arrêt. Il mourut le 19 avril 1878 à l’hospice d’aliénés de Lafont à La Rochelle ; Lintermédiaire des chercheurs et curieux donnant les précisions suivantes : « Sa folie, devenue dangereuse, avait obligé à l’y enfermer dès 1834 ; elle devint bientôt de la démence […] et il n’en est sorti que pour être conduit à sa dernière demeure. » Il est l’auteur du poème Le Soleil de la liberté, lu au Théâtre-Français le 10 août 1830 (qui fait l’apologie du duc d’Orléans et de Lafayette), de Rienzi, tribun de Rome, d’Ernest ou le travers du siècle. Nous citons l’article d’Aurore Hillairet, docteur en histoire CRHIA, université de La Rochelle, L’écrivain renié par sa ville : Gustave Drouineau (1798-1878), paru dans les Actes du 134e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, paru en 2012, faisant partie d’un numéro thématique Les Oubliés de l’Histoire, et qui donne les indications biographiques les plus complètes à l’égard de Drouineau. Il est ainsi rédigé : « L’écrivain renié par sa ville : Gustave Drouineau (1798-1878). La Rochelle aime à rappeler qu’elle est le berceau de deux grandes célébrités du XIXe siècle, le peintre orientaliste et écrivain Eugène Fromentin et le peintre académique William Bouguereau. Par contre, la ville n’éprouve aucun orgueil à être la patrie de l’homme de lettres Gustave Drouineau, qu’elle mentionne rarement. Pourtant, lui aussi a connu son heure de gloire et mériterait d’être à nouveau salué. Les peintres académiques ont bien fait l’objet de critiques avant de connaître un regain d’intérêt depuis les années 19801. Au début du XIXe siècle, la notoriété de Gustave Drouineau est nationale. Il côtoie les plus grands de son temps, il est fréquemment invité dans les salons de Mme Récamier. Mais aujourd’hui, il est totalement tombé dans l’oubli et laissé dans l’ombre. Qui est-il ? Qu’a-t-il écrit ? Que lui est-il arrivé ?

»Gustave Drouineau est né à La Rochelle le 21 février 17982. Il fait ses études au collège de La Rochelle3, puis il aide son père à tenir la pension que ce dernier possède dans la ville. De 1817 à 1819, il part au collège de Civray, où il enseigne dans un premier temps aux classes élémentaires puis à la classe de troisième. Quittant Civray, il se rend à Paris pour faire son droit, mais finalement n’en fait pas carrière. Il s’en explique en ces termes : “[…] Toute la question se résout à ceci, pourquoi n’a-t-il pas été avocat, avoué ou notaire ? Pourquoi ? Parce que je ne pouvais l’être, parce qu’à quinze ans j’ai essayé du notariat, et Dieu sait le pronostic que maître Lécuyer avait tiré de mon inaptitude. Avocat, les affaires m’eussent répugné ; avoué, j’aurais fait déserter mon étude après six mois d’exercice ; mes distractions, mon ennui auraient mis la clientèle en déroute4.” A partir de cette époque, Gustave Drouineau partage son temps entre Paris et La Rochelle. Sa carrière littéraire, courte, dure moins de dix ans. L’œuvre qui le fait découvrir, Rienzi, date de 1826 et sa dernière publication, un recueil de poèmes, paraît en 1834. Sa carrière littéraire couvre trois domaines : la poésie, le théâtre et le roman. En 1821, son Ode sur la bataille de Lens reçoit une médaille d’encouragement de l’Académie d’Arras avant d’être imprimée à La Rochelle chez Cappon. A l’origine, il n’est pas décidé à devenir un homme de lettres de métier. En mars 1823, il publie une Epître à Casimir Delavigne. Jusque-là connu seulement de la jeune Société littéraire de La Rochelle à laquelle il adhère en 1820, il est appelé à rejoindre, en 1823, l’Académie des Belles lettres, sciences et arts, geste qui se veut signe de reconnaissance locale. L’année suivante, il publie une Epître à quelques poètes panégyristes5. Il produit beaucoup pour le théâtre, mais il éprouve des difficultés à s’imposer face à ses concurrents. Sa tragédie Rienzi marque un tournant dans sa vie. Jouée pour la première fois le 30 janvier 1826, elle connaît le succès et lance sa carrière. Il en est le premier surpris. Pour lui, “c’était un fruit de ses loisirs sans grande conséquence”. Il envisage même avant sa représentation, si l’accueil n’est pas favorable, d’achever ses études de droit et de revenir s’installer à La Rochelle en tant qu’avocat6. Cette réussite brutale le contrarie même un peu, dans la mesure où il sent que “son rôle sera difficile à soutenir […] Gare au premier ouvrage que je donnerai7 !” Néanmoins, La Rochelle s’enorgueillit de compter parmi ses habitants un jeune homme au talent si prometteur8 et quelques lignes lui sont réservées dans le journal local. Sa notoriété ne se dément pas pendant une dizaine d’années, jusqu’en 1834. L’année 1826 est celle de tous les bonheurs. Il épouse le 19 avril Marie Elisabeth Daniaud9, qu’il surnomme affectueusement Elisa. Il publie ses Trois nuits de Napoléon : la première La Défaite, 30 mars 1814, la seconde Les Adieux, Fontainebleau, 29 avril 1814 et la dernière Le Retour de l’île d’Elbe. Si Rienzi est un succès littéraire, l’œuvre ne fait pas pour autant la fortune de son auteur, qui la vend 3.000 francs à l’éditeur Barba. Après quelques déboires littéraires et le refus de deux pièces par des éditeurs, dépité, il reprend ses études de droit. C’est une constante chez lui dès qu’il doute ou rencontre des obstacles. Il s’inscrit alors pleinement dans la bataille opposant classiques et romantiques et son théâtre, chahuté, est finalement étouffé par le nouveau courant. Manquant de discernement, il n’a pas voulu, pu ou su choisir un camp. Finalement, il connaît de nouveau le succès en 1829 avec un roman, Ernest ou les travers du siècle, qu’il vend 2 000 francs, ce qui lui permet d’assainir ses finances. Mais il reste surtout l’auteur de Rienzi. La fin de l’année 1829 est marquée par un terrible drame pour l’écrivain – la mort de son épouse – et il se jette à corps perdu dans le travail. En 1830, il s’engage dans les événements politiques qui bousculent la France. Dès le 27 juillet, il prend part au mouvement insurrectionnel. Il est membre de la Commission provisoire du XIe arrondissement. En tant que vice-président de la Société constitutionnelle fondée par Lafayette, il fait partie de la délégation qui vient demander au roi l’élection d’une nouvelle chambre. Le 9 août 1830, il part rencontrer le duc d’Orléans et le 10 août ses stances, intitulées Le Soleil de la liberté, sont lues à la Comédie-Française. Malgré tout, il semble délaisser le théâtre pour reprendre ses études de législation et d’économie politique. Il n’obtient de son engagement politique ni pension ni place, mais une décoration en 1831, la médaille de Juillet [lire la croix de Juillet, N.D.A.]. Il devient, la même année, membre du comité politique de la Seine. Il participe à la rédaction du journal libéral Le Constitutionnel, poste qu’il occupe d’octobre 1830 jusqu’en 183310. Au printemps 1832, il manque de mourir du choléra à Paris, lors de la grande épidémie qui touche toute la France11. C’est peut-être à la suite de cette épreuve qu’il rédige son testament, le 19 décembre 183312. Il s’oriente alors vers une nouvelle voie en écrivant quatre romans religieux : Le Manuscrit vert, Résignée, Les Ombrages et L’Ironie. Le Manuscrit vert paraît en 1832 chez l’éditeur Gosselin, qui l’achète pour 3.000 francs. Cette œuvre moralisatrice met l’accent sur l’importance de l’accord réciproque dans le mariage plutôt que sur la recherche de la fortune et de la situation sociale. Il annonce Néo-christianisme, qu’il n’a pas le temps d’achever, où il s’oppose à une vision immuable du catholicisme et insiste sur l’importance d’une vive foi en Dieu, qui est la négation d’un matérialisme insuffisant pour faire face aux besoins de l’homme. Résignée, en 1833, développe ce néochristianisme, une approche lyrique mi-religieuse, mi-sociale, teintée de certains aspects du saint-simonisme, qui se définit comme une époque organique du christianisme où selon lui, se manifestent les conséquences de la lutte entre l’égoïsme et le dévouement13. Théophile Gautier, dans sa préface à Mademoiselle de Maupin, porte le jugement suivant : “Le christianisme est tellement en vogue par la tartuferie qui court, que le néochristianisme lui-même jouit d’une certaine faveur. On dit qu’il compte jusqu’à un adepte, y compris M. Drouineau14.”

»En 1835, son état de santé devient de plus en plus préoccupant. Sa mort est annoncée de façon prématurée par le Journal des débats du 25 janvier 1835. Son dernier séjour parisien dure un mois, du 14 avril au 15 mai 1835 et il doit rentrer brusquement à La Rochelle. Il semble avoir eu dès 1832 des hallucinations, qu’il arrive dans un premier temps à maîtriser en public, mais il est interné à l’asile de Lafond dès la fin de l’année 1835. A plusieurs reprises, les journaux annoncent sa mort. Gustave Flaubert fait part de cette nouvelle à son ami Ernest Chevalier dans une lettre datée de juin 1835 : “Gustave Drouineau est décidément mort, c’est un fleuron de gloire littéraire enlevé à notre couronne de rédaction”, pour finalement démentir un mois plus tard15. Cet hôpital psychiatrique des environs de La Rochelle est ouvert depuis le 1er décembre 1829. Il renouvelle le mode d’enfermement des malades par une architecture formée de plusieurs pavillons offrant de larges espaces de détente en plein air16. De 1821 à 1858, le directeur en est Pierre Samuel Toussaint Fromentin-Dupeux, le père de l’écrivain Eugène Fromentin. Surtout, de 1845 à 1864, l’un des médecins adjoints n’est autre que le propre frère de l’écrivain, Paul Drouineau17. Ce dernier est donc à même de tenir au courant les Rochelais et les membres des sociétés savantes littéraires de l’état de santé de son frère.

»Sa vie illustre bien la relation que le XIXe siècle entretient avec la folie : à la fois soignée mais cachée. En 1826, au sommet de sa gloire, il vient plusieurs fois à La Rochelle et en profite pour participer aux séances de la Société littéraire et de l’Académie des Belles lettres, sciences et arts. Il donne lecture de ses Trois nuits de Napoléon entre le 20 mars et le 22 juillet à la Société littéraire18. Sa tragédie Rienzi fait, quant à elle, l’objet d’une lecture en séance spéciale le 27 février 182619. A la même époque, sa tragédie La Conjuration de Fiesque est également lue à la société, d’abord par morceaux puis la pièce complète20. Mme Récamier vante le talent de lecteur de Gustave Drouineau, disant que jamais les pièces de Drouineau ne seraient jouées comme elles étaient lues. Gustave Drouineau n’hésite pas à donner son opinion sur les productions des membres de la société, qu’il juge très médiocres : “[…] Que fait-on à la société ? Commence-t-on à penser avant d’écrire ? Sauf vos vers, quelques-uns de Labretonnière et de Delayant, je trouve que nos confrères en pissent beaucoup trop… Motus sur ces confidences ! Si vous jasiez vous me feriez lapider […]21.”

»Tous les membres de la Société littéraire, réunis par un même goût des lettres, ne sont pas obligés de s’apprécier. Les lettres montrent notamment une certaine antipathie à l’égard de Charles Brisson. “[…] Ce soir nous avons été obligés d’entendre un discours de Brisson […]22” ou encore : “[…] Pourquoi vous avisez-vous de dire qu’une comédie est mauvaise ? Brisson est là pour vous apprendre qu’il fallait dire qu’elle n’est pas bonne. Vous savez ce dont je veux vous parler. […]23. » Cette animosité à son égard est peut-être due à son attachement royaliste, « la vivacité de [ son] amour pour les Bourbons de la branche aînée24”, qui heurte une nouvelle génération en majorité plus avide de bonapartisme et de libéralisme. Gustave Drouineau savoure également son succès à l’Académie des Belles lettres, sciences et arts, à laquelle il offre la lecture d’une de ses Nuits de Napoléon et du premier acte de sa tragédie Fiesque25. A la suite de cette séance, il en devient membre titulaire le 11 mai 182726. Les deux sociétés savantes rochelaises animent alors leurs séances grâce à la présence de la célébrité du moment. Mais une fois ce temps passé, l’évocation de l’écrivain se fait rare. En 1853, une nouvelle société littéraire est créée à La Rochelle. Emile Champion Labretonnière y lit l’épître qu’il a adressée à Gustave Drouineau avec sa parodie de sa tragédie Rienzi, en juillet 182627. Il a depuis peu ajouté un épilogue dans lequel il déplore la mort de ce poète. Or s’il n’est pas physiquement mort, sa création n’existe plus. Un échange a alors lieu entre Gaston Romieux, Emile Champion Labretonnière et Léopold Delayant, tous trois ayant côtoyé l’écrivain au début du siècle dans la première société littéraire et Léopold Delayant l’ayant eu pour professeur à Civray. Ce souvenir ravivé leur fait déplorer l’absence de ce littérateur dont l’état de santé empêche son intégration comme membre28. Cependant, la sympathie de toute la Société lui est renouvelée. En 1858, pour combler l’absence, il est évoqué par la lecture de correspondances qu’il entretenait à l’époque de son succès avec son frère et ses amis rochelais. A chaque fois, ces lectures font l’objet d’une vive sympathie, notamment parce que beaucoup ont connu Gustave Drouineau ou le comptent au nombre de leurs amis29. Ils lui reconnaissent un talent réel, une bonté de caractère et ses succès littéraires ne sont pas non plus oubliés. Cependant, tous savent aussi que les malheurs qui l’ont frappé et la maladie l’ont conduit encore jeune dans un asile d’aliénés. Sa mort, en 1878, fait l’objet de quelques lignes biographiques dans le journal local La Charente-Inférieure, en raison du succès connu par sa tragédie Rienzi. La fin de l’article signale cependant que l’auteur est totalement tombé dans l’oubli et que son œuvre n’a pas marqué les esprits. Le journaliste met au défi ses concitoyens, même ses amis, de citer un de ses vers ou une de ses phrases de tête. La maladie mentale qui l’a tenu pendant quarante ans à l’écart a eu raison de sa notoriété. Les actes de décès et de sépulture le mentionnent sous le nom de Pierre Drouineau, lui qui est connu sous le prénom de Gustave30. Il est aussi intéressant de noter que si toutes les tombes des membres de sa famille sont alignées et matérialisées par une simple stèle, la sienne se trouve seule, en retrait à l’arrière. Ses amis vieillissant et mourant à leur tour, il n’est plus mentionné au cours des séances de la Société littéraire rochelaise. A partir des années 1880, La Rochelle suit le mouvement national qui veut que chaque ville donne les noms de ses rues à des gloires locales31. Les membres de la Société littéraire prennent part, en tant que conseillers municipaux, à ce mouvement. Il faut cependant attendre 1911 pour qu’une rue de la proche banlieue porte le nom “Gustave Drouineau”, avec une plaque indiquant sa profession de littérateur et ses dates de naissance et de mort32. Pourtant, avant lui, les noms d’érudits locaux ont été donnés à des rues en plein centre de la ville. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer qu’en 1905, lors de l’inauguration du monument à Eugène Fromentin, l’un des discours prononcé33 cite tous les hommes et femmes importants que la ville a vu naître ou passer, et mentionne Gustave Drouineau. Il y a peut-être un lien direct à établir là avec l’attribution de son nom à une rue six ans plus tard, soit trente-trois ans après sa mort. Les succès littéraires, la mort de sa femme en 1826, la révolution de 1830, le choléra en 1832 et enfin un excès de travail semblent l’avoir moralement épuisé alors qu’il est encore jeune (36 ans). Il a pourtant marqué les esprits de son temps. En 1857, le journaliste et écrivain Aurélien Scholl lui rend visite et raconte cette entrevue. Venant souvent à La Rochelle où habite son père, il découvre un homme sombre et soucieux, mais pas dangereux puisqu’il a le droit de sortir dans le jardin. Lorsqu’il l’aborde, il s’aperçoit que l’écrivain est resté hors du temps. Pour lui, rien n’a changé depuis la vingtaine d’années qu’il vit retiré du monde : il n’a aucune référence contemporaine34. Il cherchait la renommée, il se retrouve finalement dans l’oubli. On peut penser que cet état de fait ne le contrarierait pas outre mesure, lui qui a écrit :

“Qu’importe un nom de plus aux pages de l’histoire ?

”Qu’importe un nom de plus à jeter en passant

”A ce torrent de voix, que nous nommons la gloire,

”Et qui nous flatte en menaçant ?

”Qu’importent ces lauriers dont les siècles se jouent ?

”L’histoire de ce monde est un flux et reflux,

”Un naufrage de noms, qui tour à tour échouent…

”Qu’importe un nom de plus35 ?” »

Cet article donne la bibliographie suivante : Delaporte, F., Le Savoir de la maladie. Essai sur le choléra de 1832 à Paris, Paris, Presses universitaires de France, 1990. Drouineau A., Ce que s’écrivaient les jeunes Rochelais il y a trente ans, Bulletin de l’Académie de La Rochelle (Belles Lettres et Arts), octobre 1924, n° 4. Méneau G., Etude sur Gustave Drouineau, Académie de La Rochelle. Section littéraire. Choix de pièces lues aux séances, n° 6, La Rochelle, Typographie G. Mareschal, 1860, p. 76-101. Merle L. D., Etat récapitulatif des médecins et chirurgiens des aumôneries, hôpitaux et hospices de La Rochelle, dans Médecins de La Rochelle du XIVe-XIXe siècle. Biographie des médecins et chirurgiens qui ont exercé à La Rochelle, et, tout particulièrement de ceux qui ont été attachés aux hôpitaux et hospice de cette ville, s. l. n. d. (1893). Meynen N., L’Asile des aliénés de Lafond à La Rochelle, Livraisons d’histoire de l’architecture, 2004, n° 7, p. 77-78. Milo D., Le Nom des rues, dans Nora P., Les Lieux de mémoires. tome II, La Nation, Paris, Gallimard, 1997, p. 1896-1905. Monselet C., La Lorgnette littéraire. Dictionnaire des grands et des petits auteurs de mon temps, Paris, Poulet-Malassis et de Broisse, 1857. Truffier J., Un romantique libre. Gustave Drouineau, d’après sa correspondance inédite, Mercure de France, 1er décembre 1930, T. CCXXIV, n° 779, p. 285-319. Vaisse P., La Troisième République et les peintres, Paris, Flammarion, 1995. Ouvrages de Gustave Drouineau cités dans l’article : Ode sur la bataille de Lens reçoit une médaille d’encouragement de l’Académie d’Arras avant d’être imprimée à La Rochelle chez Cappon Ode sur la Bataille de Lens. Pièce qui a obtenu la Médaille d’encouragement, décernée par l’Académie Royale d’Arras, dans sa séance du 28 Août 1821, La Rochelle, imprimerie Vincent Cappon, 1821, in-8°, 8 p. Epître à Casimir Delavigne, sur ses ouvrages, Paris, imprimerie de L.-T. Cellot, 1823, in-8°. Epître à quelques poètes panégyristes, Paris, Véret, 1824, in-8°. Rienzi, tribun de Rome, tragédie en 5 actes…, Paris, Barba, 1826, in-8°. Trois nuits de Napoléon, Paris, A. Dupont, 1826, in-8°. Ernest ou les travers du siècle, Paris, T. Dehay, 1829, 5 vol., in-16°. Le Manuscrit vert, Paris, C. Gosselin, 1832, 2 vol., in-8°, front. Résignée, Paris, C. Gosselin, 1833, 2 vol., in-8°, front. Les Ombrages, contes spiritualistes, Paris, C. Gosselin, 1833, in-8°, front. L’Ironie, Paris, C. Gosselin, 1834, 2 vol., in-8°. Confessions poétiques, Paris, C. Gosselin, 1834, in-8°. » Drouineau demeurait 64, rue de la Harpe en 1830 ; 10, rue de Touraine en 1831. Le Journal des débats, 30 juillet 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Evariste Galois, révolutionnaire et géomètre, André Dalmas, le Nouveau Commerce, 1982 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 631 n° 1 in dossier Mardelle, Jean, Alexandre ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, Etat des citoyens décorés de la croix de Juillet, dont la décoration n’a pas encore été retirée, idem liste des décorés qui n’ont pas retiré leurs croix ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Lintermédiaire des chercheurs et curieux, 11e année, 1878, Paris, chez Sandoz et Fischbacher, n° 240, p. 268. Ce dernier ouvrage donne comme référence Le Courrier de La Rochelle n° 34 du 27 avril comme ayant consacré « un long article biographique fort intéressant » sur Drouineau.

1.

La Troisième République et les peintres, P. Vaisse.

2.

Arch. dép. Charente-Maritime, 2 E 312/ 478*, ms, Pierre Gustave Drouineau, n° 256”.

3.

Lettre de Gustave Drouineau à Méneau du 2 mai 1832, citée dans J. Truffier, «Un romantique libre. Gustave Drouineau, d’après sa correspondance inédite », p. 313.

4.

Fragment du 31 août 1831, cité dans J. Truffier, ibid., p. 310.

5.

Bibl. mun. La Rochelle, Mi 133, ms, Drouineau Pierre Gustave, folio 350.

6.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 39, ms, Lettre de Gustave Drouineau à Pierre-Simon Callot, Paris, 23 décembre 1825.

7.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 39, ms, Lettre de Gustave Drouineau à Pierre-Simon Callot, Paris, 7 février 1826.

8.

Rienzi, Supplément de la feuille d’annonces judiciaires, commerciales et maritimes de La Rochelle, département de la Charente-Inférieure, p. 4.

9.

Arch. dép. Charente-Maritime, 3 E 312/ 570*, ms, Mariage de Pierre Gustave Drouineau et Marie Elisabeth Daniaud, n° 27.

10.

J. Truffier, Un romantique libre. Gustave Drouineau, d’après sa correspondance inédite, p. 308-309.

11.

F. Delaporte, Le Savoir de la maladie. Essai sur le choléra de 1832 à Paris.

12.

Arch. dép. Charente-Maritime, 3 E 62/ 242, ms, Dépôt de testament olographe Drouineau, 26 avril 1878, n° 736.

13.

G. Méneau, Etude sur Gustave Drouineau, p. 97.

14.

T. Gautier, Mademoiselle de Maupin, p. 4.

15.

“De 1830 à 1835: Lettres 1 à 18 à Ernest Chevalier”, disponible sur l’URL: < flaubert. univ-rouen. fr/ correpondance/ conard/ lettres/ 30a. html> (consulté le 23/ 08/ 2008).

16.

N. Meynen, L’Asile des aliénés de Lafond à La Rochelle, p. 77-78.

17.

L. Merle, Etat récapitulatif des médecins et chirurgiens des aumôneries, hôpitaux et hospices de La Rochelle, dans Médecins de La Rochelle du XIVe-XIXe siècle. Biographie des médecins et chirurgiens qui ont exercé à La Rochelle, et, tout particulièrement de ceux qui ont été attachés aux hôpitaux et hospice de cette ville, s. l. n. d. (1893), en annexe.

18.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 10, ms, Séances des 20 et 30 mars et des 22 et 29 juillet 1826.

19.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 10, ms, Séance du 27 février 1826.

20.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 10, ms, Séances des 5 août 1826 et 30 avril et 10 août 1827.

21.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 39, ms, Lettre de Gustave Drouineau à Pierre-Simon Callot, Paris, 10 octobre 1825.

22.

Extrait de la lettre de Théodore Méneau à son ami Gustave Drouineau citée dans A. Drouineau, “Ce que s’écrivaient les jeunes Rochelais il y a trente ans”, p. 2.

23.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 39, ms, Lettre de Gustave Drouineau à Pierre-Simon Callot, Paris, 10 février 1827.

24.

Bibl. mun. La Rochelle, Ms 880, Histoire inédite des 100 jours de 1815 à La Rochelle, folio 14.

25.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 7, ms, Séances des 17 mars 1826 et 27 avril 1827.

26.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 7, ms, Séances des 4 juillet 1823 et 11 mai 1827. Il était membre associé depuis le 4 juillet 1823.

27.

E. Labretonnière, Rienzi : tragédie en cinq actes : jouée au corps de garde par Fanfan Larose,… / et précédée d’une épître dédicatoire à Gustave Drouineau par un de ses confrères à l’illustre académie de La Rochelle.

28.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 11, ms, Séances des 3 et 17 mai 1853.

29.

Arch. dép. Charente-Maritime, 103 J 11, ms, Séances du 24 novembre et 8 décembre 1858.

30.

Mairie de La Rochelle, registres des sépultures du cimetière Saint-Eloi.

31.

Durant les années 1792-1794, les municipalités françaises modifient les noms de rue rappelant la monarchie et l’Eglise. Sous l’Empire, ce sont les noms d’officiers ou de batailles magnifiant la grandeur de Napoléon qui sont à l’honneur. Tandis qu’avec Louis XVIII, les noms usités sous l’Ancien Régime reviennent à la mode. A chaque époque, le nom des rues révèle une vision sélective de l’histoire. D. Milo, Le Nom des rues, p. 1896-1905.

32.

Arch. mun. La Rochelle, 1 D 3/ 31, Séance du conseil municipal du 3 mars 1911.

33.

Discours d’Ernest Brard, Le Courrier de La Rochelle, p. 3.

34.

C. Monselet, La Lorgnette littéraire. Dictionnaire des grands et des petits auteurs de mon temps, p. 58-61.

35.

G. Drouineau, Introduction tirée des Confessions poétiques, p. 11.

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