Druet, Jean, Charles
Biographie
Ancien militaire, devenu peintre sur porcelaine. Il commandait le 28 juillet un peloton qui participa à la prise des postes de Bonne-Nouvelle, Mauconseil, de la Lingerie et du Châtelet. Le National et Le Courrier français rapportèrent à son sujet : « Deruet, peintre sur porcelaine, demeurant faubourg Saint-Denis, n° 36, est un de ces hommes qui se sont distingués dans les journées des 28 et 29 juillet. Le 28 au matin, Deruet fit décharger une voiture de pierre meulière en travers de la porte Saint-Denis ; la fusillade commença sur tous les points ; il était sans armes ; d’une pierre il renversa un lancier, s’empara de son sabre et de ses dépêches, qui furent brûlées ; aussitôt Deruet est proclamé chef par la vingtaine d’hommes qu’il avait électrisés. Armés de pierres et conduits par lui, il s’emparent successivement des postes de Bonne-Nouvelle, Mauconseil, du Marché des Innocents et arrivent au Châtelet. Ils descendent à la Grève avec les fusils qu’ils ont pris. Deruet ne cessa de tirer des coups de fusil à la Grève et sur les quais. Repoussé par la garde, il revint par la rue des Arcis sur les boulevards ; il fit feu tout le reste de la journée et de la nuit. Le 29, il se rendit à l’attaque du château avec les élèves de l’Ecole polytechnique ; dès qu’on en fut maître, il revint par la rue Saint-Honoré, et il ne déposa les armes qu’après avoir délogé la garde des maisons qu’elle occupait. Le nom de Deruet doit être proclamé. » On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « [Mercredi 28 juillet] A 6 heures du matin, le peuple était déjà occupé à barricader la porte Saint-Denis avec d’énormes charrettes qu’une douzaine de maçons avaient arrêtées une demi-heure auparavant et qui étaient chargées de briques et de moellons ; il dépavait en même temps le boulevard. Le jeune Duret (sic), qui a montré les 28 et 29 juillet une activité et un courage au-dessus de tout éloge s’était précipité sur un lancier, porteur d’une ordonnance à la caserne Popincourt. On s’était emparé ses papiers en lui faisant crier Vive la charte ! Sa lance à laquelle on attacha aussitôt une cravate noire avait été plantée au haut de la porte Saint-Denis. […] Bientôt, un groupe nombreux d’habitants, dont faisaient partie Duret et Versigny, se porta sur le poste Bonne-Nouvelle, du 5e de ligne ; les sous-officiers et soldats, ne voulant point se servir de leurs armes contre leurs concitoyens, les leur abandonnèrent ; il en fut de même aux postes établis dans les rues Cadet et Mauconseil et dans la rue Charles X. » Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté comme officier au 64e de ligne (mais aux zouaves in Archives nationales F/1dIII/33). Il signa le certificat suivant en faveur de Grangoir, Jean-François : « Je certifie que le nommé Jean Grangoir s’est bien comporté dans les journées de Juillet car je l’ai remarqué, faisant partie d’un peloton que j’ai commandé le 28 juillet à la prise des postes de Bonne-Nouvelle, Mauconseil, de la Lingerie et de celui du Châtelet. » Il signa, le 13 septembre 1830, en faveur de Bazin, Jean-Baptiste, Théodore le certificat suivant : « Je, soussigné, certifie que le sieur Bazin s’est battu en vrai soldat car je l’ai vu dans la rue Saint-Honoré, où s’exposant même de trop je l’ai fait mettre à l’abri du feu dans une embuscade où j’étais. Je crois pouvoir donner un certificat en raison de ce que l’on m’a fait citer dans les journaux, connaissant ma bonne conduite dans les journées des 28 et 29 juillet. » Il demeurait 36, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1830-1831. Le National, 8 août 1830 ; Le Courrier français, 9 août 1830. ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 185-186, 355 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Grangoir, Jean-François ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Bazin, Jean-Baptiste, Théodore.