Dubois, Alexis, Hippolyte
Biographie
Né le 27 nivôse an III (18 janvier 1795) à Paris. Médecin, reçu le 23 août 1819 à la faculté de Paris. Il fut avec Dubois (Alexis, Hippolyte) l’un des chirurgiens de l’ambulance établie à la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Médecin, dont « l’infatigable zèle et le dévouement ne se sont point ralentis pendant les trois jours », selon Rossignol et Pharaon, il rapporta l’anecdote suivante : « Deux femmes apportent les premiers blessés à la mairie ; point de charpie, point de linge encore ; l’une et l’autre à l’instant déchirent leurs chemises, et les blessés reçoivent un premier pansement. » Il fit partie avec Gréau Anne Louis, Girot Joseph Marie, Adam Jean Etienne, Lucin Jean Etienne, Bompierre Sébastien François, Habert Albert Louis, Lesieur Jacques Marie, Beaucé Pierre, Soucherat François Hippolyte, André Paul, Schwaertzel Jérôme, Provenchère Louis Joseph, des treize membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) IXe. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. En juin 1831, le maire de cet arrondissement faisait parvenir au ministère de l’Intérieur la lettre de recommandation suivante : « Monsieur le ministre. Ce serait être coupable de la plus complète ingratitude, ce serait manquer à mes devoirs comme maire que de ne point signaler à la justice du roi les hommes recommandables qui ont tout sacrifié pour le bien public. M. Girot (Joseph, Marie), demeurant à Paris rue Saint-Antoine, n° 10 (sic), et M. Dubois (Alexis, Hippolyte), demeurant à Paris, rue Saint-Paul, n° 21, tous deux docteurs en médecine, sont des hommes que la notoriété publique proclame comme méritant une récompense et je m’empresse de la demander avec insistance pour eux. MM. Girot et Dubois ont obtenu la décoration de Juillet pour avoir sauvé, au péril de leur vie, des blessés, qu’ils ont soignés sur le champ de bataille, mais cette récompense pour les services rendus et les dangers courus dans les trois journées des 27, 28 et 29 juillet ne suffit pas, suivant la notoriété, pour récompenser MM. Girot et Dubois des autres services non moins grands qu’ils ont rendus à l’arrondissement comme à tous les blessés. Il est à ma connaissance et j’atteste que MM. Girot et Dubois ont constamment et sans désemparer passé leurs jours et leurs nuits, depuis le 27 juillet jusqu’au 14 août, à soigner les nombreux blessés renfermés dans la mairie, où une ambulance était établie, et de plus à domicile ; qu’ils ont depuis le 14 août et pendant plus de quatre mois employé tous les jours au service de l’ambulance et des blessés à domicile ; qu’il est résulté de ce dévouement sans borne, de cette conduite digne des plus grands éloges une perte pour ainsi dire totale de la clientèle de chacun de ces médecins et que ces hommes dévoués, ces hommes auxquels l’arrondissement doit tant, recommencent aujourd’hui un état qui, avant les journées de Juillet, leur donnait une existence honorable. La réclamation que j’ai l’honneur de vous adresser, monsieur le ministre, en faveur de MM. Girot et Dubois est à leur insu. Elle n’est nullement sollicitée. Leur conduite est égale à leur modestie ; ce n’est, je le répète, que parce qu’il y aurait la plus grande ingratitude à se taire que je viens m’adresser à vous et appeler votre attention et votre justice sur ces deux médecins dignes d’être remarqués et récompensés. » Cette lettre était ainsi apostillée par plusieurs membres de la Commission des récompenses nationales : « Les membres soussignés de la Commission des récompenses nationales ont eu connaissance du dévouement de MM. Girot et Dubois, médecins dans le (ancien) IXe arrondissement, et de leur belle conduite envers les blessés, de leur désintéressement et des sacrifices énormes que cette belle conduite a amenés. C’est pour quoi les soussignés s’empressent de joindre leurs instances à celles du maire de l’arrondissement, en faveur de MM. Girot et Dubois. » Selon une note inscrite en face de ce courrier, le ministre se contenta sans doute de faire « une lettre honorable, analogue au rapport qui a été inscrit dans le Moniteur pour MM. Larrey, Marjolin, Roux, Jobert de Lamballe. » Il signa, le 9 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Fleury, Jacques : « Je, soussigné, docteur de la faculté de médecine, médecin du bureau de bienfaisance du (ancien) IXe arrondissement, chirurgien de la IXe légion de la garde nationale et de l’ambulance établie à mairie dudit ancien) IXe arrondissement, certifie que le nommé Fleury, Jacques, demeurant rue de la Mortellerie n° 72 (sic) est un des blessés de notre ambulance et qu’atteint présentement de méningite il aurait besoin d’être admis pendant quelque temps dans un hôpital pour recevoir les soins qu’exige sa position et qu’il ne peut recevoir dans un autre lieu. » Dubois délivra un certificat médical pour constater les blessures de Moreau, Pierre et qu’il avait été soigné par lui à l’ambulance de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il signa, le 16 août 1830, le certificat suivant en faveur de Soucherat, François, Hippolyte : « Nous, soussignés, docteurs en médecine, médecins du bureau de bienfaisance du (ancien) IXe arrondissement, chirurgiens de l’ambulance établie à la mairie dudit arrondissement, etc., certifions que le nommé Soucherat, Hippolyte, exerçant la profession de maître maçon, demeurant rue de la Mortellerie n° 150, reçoit de nous des soins depuis le 16 août pour une plaie d’arme à feu, dont la balle a traversé profondément le bras gauche vers sa partie moyenne, reçue le 28 juillet, rue de la Mortellerie ; que ces accidents l’ont empêché de travailler jusqu’à ce jour, et qu’il aura besoin de nos soins pendant au moins quarante jours. » Il signa, les 14 août 1830 et 9 mai 1831 un certificat pour établir les blessures qu’avait reçues Adam, Jean, Etienne, soigné dans la même ambulance. Il signa, le 25 août 1830 et avec le docteur Girot (voir Girot, Joseph, Marie), le certificat suivant en faveur de Lafontaine, François, Hippolyte : « Nous, soussignés, docteurs en médecine, médecins du bureau de bienfaisance du (ancien) IXe arrondissement, chirurgiens de l’ambulance établie à la mairie dudit arrondissement, etc., etc., certifions que le nommé Lafontaine, Hippolyte, François, exerçant la profession de maçon, demeurant rue aux Fèves n° 17, reçoit de nous des soins depuis le 25 août pour un coup de feu qui a traversé la main gauche à la hauteur de l’articulation de la première phalange du doigt annulaire avec la tête du quatrième métacarpien, reçu le mercredi 28 juillet à la place de Grève ; que ces accidents l’ont empêché de travailler jusqu’à ce jour, 25 août, et qu’il a encore besoin de nos soins pendant un mois environ. » Il signa, le 28 août 1830, le certificat suivant en faveur de Poilliot, Denis : « Nous, soussignés, docteurs en médecine, médecins du bureau de bienfaisance du (ancien) IXe arrondissement, chirurgiens de l’ambulance établie à la mairie dudit arrondissement, etc., certifions que le nommé Poillot, Denis (sic), exerçant la profession de menuisier, demeurant rue Saint-Anastase n° 3, reçoit de nous des soins depuis le 2 août pour un coup de plomb au cordon testiculaire droit, blessure très grave reçue le mercredi 28 juillet à la Grève ; que ces accidents l’ont empêché de travailler jusqu’à ce jour, 28 août, et qu’il a encore besoin de nos soins pendant un mois. » Il signa, le 16 août 1830, le certificat suivant en faveur de Porché, Victor : « Nous, soussignés, docteurs en médecine, médecins du bureau de bienfaisance du (ancien) IXe arrondissement, chirurgiens de l’ambulance établie à la mairie dudit arrondissement, etc., certifions que le nommé Porché, Victor, exerçant la profession de maçon, demeurant rue des Marmousets n° 3 (sic), reçoit de nous des soins depuis le 4 août pour une contusion avec large ecchymose à la jambe gauche, reçue le 29 au Louvre ; que ces accidents l’ont empêché de travailler jusqu’à ce jour, et qu’il est aujourd’hui en état de reprendre ses occupations. » Il signa, le 21 février 1831, le certificat suivant en faveur de Coullié, Pierre, Marie : « Nous, soussignés, docteurs en médecine de la faculté de Paris, certifions que le nommé Coullié, Pierre, Marie, âgé de trente-huit ans, compagnon menuisier, demeurant rue Cocatrix n° 8, est affecté depuis longtemps d’une ophtalmie chronique qui a occasionné l’opacité de la cornée transparente de l’œil droit, accident qui l’empêche de voir distinctement de cet œil et affaiblit la vue en général ; qu’il est de plus porteur d’une hernie inguinale du côté gauche. Le nommé Coullié a perdu son fils dans les journées de Juillet. Il a un autre enfant de vingt-trois mois. Nous recommandons le malheureux Coullié à la bienveillance de MM. les membres de la Commission de récompenses nationales. » Il demeurait 21, rue Saint-Paul en 1830-1831. Le Courrier français et le Journal du commerce, 30 juillet 1830 ; Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 338 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 236 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) IXe arrondissement ; Archives de Paris VD6 482 n° 3, mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/9/1154 ; Archives nationales F/9/1154 in dossier Girot, Joseph, Marie ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Adam, Jean, Etienne ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Coullié, Pierre, Marie ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Fleury, Jacques ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Lafontaine, François, Hippolyte ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Moreau, Jean-Baptiste (pour lequel il signe un certificat constatant les blessures qu’il avait reçues) ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Poillot, Denis ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Porché, Victor ; Archives nationales F/1dIII/76 in dossier Soucherat, François, Hippolyte ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thory, Louis, Adolphe (pour les parents duquel il signe un certificat de maladie) ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 404 in dossier Moreau, Pierre.