Dubois, Victor, Simon

Biographie


Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, la lettre suivante à la Commission, afin d’obtenir un emploi : « […] A l’honneur de vous exposer qu’ayant habité Paris depuis 1805 jusqu’au 1er janvier dernier, est encore électeur dans le (ancien) Ier arrondissement. Il a demandé au gouvernement provisoire une place soit de directeur de château, conservateur des forêts ou de l’entrepôt général des vins et eaux-de-vie, d’intendant dans une ferme modèle, de commissaire de police, enfin toute place qui puisse lui procurer un moyen d’existence. Ses titres à la confiance et reconnaissance du gouvernement sont qu’il n’a jamais exercé aucun emploi public. Que, lors de la révolution de 1830, il était directeur d’une entreprise de balayage, qu’il avait créée à grands frais depuis plusieurs années, dans un but philanthropique, sous le titre d’entreprise générale du balayage public pour l’assainissement de Paris, pour laquelle il occupait cent cinquante ouvriers, quinze inspecteurs et trois commis. Qu’il a fait faire, en 1830, par ses employés, ouvriers et commis, plusieurs barricades, qu’il a fourni pelles et pioches pour en faire faire d’autres dans son quartier (butte des Moulins). Que pendant les quinze jours qui ont suivi cette révolution, ses ouvriers, inspecteurs et commis ont été constamment payés par lui, sans travailler ni pouvoir faire payer le mois d’abonnement à ses abonnés, par suite du mauvais état du pavé après les barricades. Qu’il a perdu, par suite de cette même révolution, toute sa fortune (trois cent mille francs environ). Qu’enfin il est aujourd’hui totalement ruiné et réduit à la misère. Qu’il a été pendant seize ans maître élève d’avoué d’instance à Paris, un des créateurs et administrateurs des deux premières compagnies de bateaux à vapeur établies sur la Seine, de Paris au Havre, et sur la Saône, de Chalon à Lyon, puis un des fondateurs et administrateurs d’une ferme expérimentale et industrielle à Créteil (Seine), ainsi que d’une filature à Neuilly (Seine) pour le tissage (à la mécanique) du lin. Qu’il a été successivement appelé par le citoyen Raymond, mécanicien à Paris, et par les citoyens ... Bergue et cie pour prendre la direction et réorganisation de leurs fabriques. Qu’il a été de son propre mouvement, pour maintenir l’ordre au château de Neuilly les 24 et 25 février dernier, qu’il n’a reçu aucune blessure. Qu’il pense, par ses connaissances, soit administratives ou judiciaires ou agricoles être en état de pouvoir remplir une des places qu’il sollicite, pour quoi il vous supplie humblement, citoyens, de prendre sa demande et ses titres en considération, en le proposant pour un emploi quelconque. Il vous en conservera une éternelle reconnaissance. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 14, rue du Bois à Champerret (commune de Neuilly) en 1848. Archives de la préfecture de police AA 386.

Duboissy.

Combattant de Juillet. La Gazette des tribunaux, 7 janvier 1831. A consulter.

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