Dubouzet, César

Biographie


Officier d’ordonnance du général Pajol après les journées de Juillet. Attaché aux Affaires étrangères en 1832. Il avait présenté ses droits à la Commission des récompenses établie à Paris mais sans succès. Il sollicita de nouveau la croix de Juillet mais sans doute d’abord devant la Commission du département de la Lozère puisque celui-ci renvoya ses pièces à la Commission établie dans le département de Seine-et-Oise. Il présenta ses pièces devant la Commission établie dans le département de Seine-et-Oise et pour des faits qui s’étaient passés à Rambouillet, où il avait été envoyé, disait-il, « pour maintenir l’ordre ». Il joignait trois pièces à sa demande. La première, un certificat délivré par le général Pajol (voir ce nom), commandant la 1re division militaire, ainsi rédigée : « Je certifie que M. César Dubouzet, après avoir combattu pendant les trois journées de Juillet et commandé, dans la nuit du 29 au 30, le poste de l’état-major des patriotes établi alors chez M. Laffitte, s’offrit et fut agréé le 31 par le général Gérard pour aller lire dans les divers quartiers de Paris la proclamation du lieutenant-général du royaume ; qu’il remplit cette tâche périlleuse avec sang-froid et courage et qu’il courait à cette occasion les plus grands dangers, ayant été arrêté par une foule furieuse et conduit à l’hôtel de ville où il fut retenu prisonnier après qu’on lui eut enlevé son cheval et son épée. Je certifie que la conduite de ce jeune homme dans les premiers jours de la révolution me décida à me l’attacher en qualité d’officier d’ordonnance, qu’il a rempli avec zèle et intelligence les missions nombreuses que je lui ai confiées, qu’il m’a accompagné à Coignières, où il me fut très utile dans la nuit du 3 au 4 août ; que le 4 au matin, lui ayant donné l’ordre de se rendre à Rambouillet pour s’y concerter avec les autorités locales afin d’éviter les désordres que pouvait commettre dans cette résidence un assez grand nombre de volontaires parisiens qui s’y étaient portés malgré mes défenses expresses, de faire donner des vivres assez volontaires et de les décider à revenir paisiblement à Paris ; que M. Dubouzet s’est conduit dans cette occasion avec une fermeté et une prudence dignes des plus grands éloges ; qu’il n’a permis l’enlèvement des voitures de la cour qu’après en avoir reçu l’ordre écrit du lieutenant-général Boyer ; qu’il a régularisé leur départ pour Paris ; qu’il y ait lui-même revenu dans la soirée en escortant de Rambouillet au Palais-Royal le fourgon qui portait les diamants de la couronne, que M. Degousée (voir Degousée, François, Joseph) avait été chargé d’aller reprendre ; enfin, j’atteste comme étant à ma parfaite connaissance que la conduite de monsieur Dubouzet depuis le premier jour de la révolution jusqu’au moment où le gouvernement a pris une marche régulière a été constamment celle d’un patriote rempli de bravoure, d’ardeur et de loyauté. » La seconde pièce, un certificat délivré par le général Pierre Boyer, en date du 25 mai 1831, et ainsi rédigé : « Je certifie que M. César Dubouzet, officier d’ordonnance de M. le lieutenant-général Pajol, commandant en chef la colonne parisienne dirigée contre Rambouillet, s’est présenté au château où j’étais arrivé dans la nuit du 3 au 4 août dernier ; que cet officier, chargé par le général de la conservation de tous les effets du château, voulant s’opposer aux intentions de volontaires qui manifestaient la volonté de s’emparer des voitures de la cour, a failli devenir la victime de son zèle dans l’exécution des ordres de son général et que ce n’a été que sur l’ordre par écrit que je lui ai donné qu’il a fait atteler les voitures ; qu’alors les volontaires parisiens s’y sont placés et qu’elles se sont dirigées sur Paris ; que ce départ a valu la conservation du château qui, sans cette mesure, pouvait courir des chances de dévastation, sur le prétexte d’y chercher des armes qu’il ne renfermaient pas. » La troisième, délivré par Degousée, François, Joseph (voir ce nom), lieutenant-colonel de la garde nationale, et ainsi rédigée en date du 15 mai 1831 : « Je, soussigné, lieutenant-colonel d’état-major, décoré de Juillet, certifie que le 29 juillet 1830, M. Lafitte, j’en ai donné le commandement à M. Dubouzet, qui ne l’a quitté qu’après avoir été choisi par le général Pajol pour officier l’ordonnance ; qu’il est à ma connaissance que, pendant les journées des 28, 29, 30 et 31 juillet, M. C. Dubouzet a montré un zèle et une activité peu communs, qu’il a été très utile ; que, lors de l’expédition de Rambouillet, il a été seul chargé, dès 4 heures du matin, de partir de Coignières pour conserver le château de Rambouillet, faire préparer les vivres etc. ; que, lorsque j’y suis arrivé à 8 heures, j’ai vu qu’il avait rempli sa mission avec intelligence et fermeté et que c’est à lui qu’est dû l’ordre qui régnait dans la ville et la conservation intact de l’Intérieur du château. Je déclare en outre que c’est en grande partie à M. Dubouzet qui’est due la conservation des dix voitures de cours et des cent chevaux, qui ont été expédiés sur Paris, et que c’est avec lui et quelques élèves de l’Ecole polytechnique que j’ai, par ordre du général Pajol, pris possession des diamants de la couronne, qu’il a escortés jusqu’à Paris, où, pendant une semaine encore, il a fait auprès du général un service très actif pour les mesures d’ordre et de sûreté à faire exécuter. » (reporter ce certificat quand il sera corrigé à Degousée, François, Joseph). La Commission de Seine-et-Oise rendit, à son sujet, l’avis suivant : « La Commission, considérant que les faits essentiels sont étrangers au département de Seine-et-Oise, qu’ils ont d’ailleurs été jugés insuffisants par la Commission établie à Paris, seule compétente pour les apprécier ; considérant que, dans le département de Seine-et-Oise, Dubouzet n’a fait autre chose qu’exécuter les ordres du général auquel il était attaché, que s’il a rempli avec distinction un devoir qui lui est imposé, il n’a pas fait, dans le département de Seine-et-Oise, une de ces actions d’éclat qui seules peuvent donner droit à une récompense nationale, est d’avis qu’il n’y a lieu à accueillir la demande. » En juin 1832, il sollicita le renvoi des trois pièces qu’il avait adressées à la Commission de la préfecture de Seine-et-Oise. Il demeurait 33, rue Taitbout en 1832. Archives nationales F/1dIII/80, dossier Lozère ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.

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