Dubray, Jacques, Alexandre
Biographie
Né le 4 messidor an XIII à Saint-Ouen-l’Aumône (Seine-et-Oise), fils de Dubray, Jacques, maçon, et de Fontaine, Marie, Magdeleine, son épouse. Compagnon maçon. Il ne cessa de se battre ou de faire des barricades durant les trois jours. Il fut légèrement blessé au genou droit, le 29 juillet au Palais-Royal. Le docteur Berjaud (voir Berjaud, Jean-Baptiste, Marie), qui se battait à ses côtés, entoura son genou blessé de mauvais linges qu’il avait avec lui et, la position des insurgés devenant fort critique, le força à se retirer en lui donnant son adresse pour qu’il vînt chez lui se soigner. Il fut conduit à l’ambulance du 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré mais, à peine pansé, retourna au feu puis participa à l’expédition de Rambouillet. Il reçut un secours de dix francs sur la souscription ouverte en faveur des blessés recueillis dans l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré. Il était en outre porteur du certificat médical suivant : « Nous, Robion, Joseph, Antoine (voir ce nom), docteur en médecine, certifions avoir le 29 juillet dernier pansé M. Dubray pour un coup de feu qu’il avait reçu au genou droit et que de suite après le pansement ledit M. Dubray retourna au feu. » Signé, le 23 août 1830 : Robion, Joseph, Antoine, à l’ambulance du 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré. Après la révolution, les fatigues qu’il avait éprouvées, sa blessure qui s’accompagna bientôt d’un érysipèle, l’exaltation du combat qu’il avait connue, la contrariété non seulement d’avoir perdu l’emploi lucratif qu’il occupait mais aussi de voir subitement cesser tout travail, toutes ces circonstances furent défavorables à son rétablissement. L’érysipèle résista au repos, à la diète, envahit bientôt la cuisse, le tronc, le cou, la face, le front, les tempes, lui déformant les traits du visage. Il mourut « en ne songeant qu’à sa patrie et en s’écriant qu’il mourait pour la liberté », le 17 septembre 1830. Le docteur Berjaud (voir plus haut) délivra, en date du 18 septembre 1830, le certificat suivant pour établir les raisons du décès : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie avoir donné mes soins à M. Jacques, Alexandre Dubray, âgé de vingt-cinq ans, exerçant l’état de maître maçon, à l’occasion d’une blessure légère qu’il avait reçue au genou droit, le 29 juillet 1830 ; la balle, dans son trajet, avait enlevé seulement une partie des téguments recouvrant la rotule. La réalité de cette blessure a été également certifiée par un de mes honorables confrères ; mais ce qui ne peut l’être que par moi c’est ce qui suit. Le brave Dubray, qui n’avait cessé de se battre ou de faire des barricades pendant les trois jours, était allé à Rambouillet, malgré sa blessure. Depuis ce voyage, sa tête, fortement excitée par tous les événements de notre immortelle révolution, les fatigues d’un voyage précipité, ne rêvait que combats au milieu de ses élans patriotiques. Dubray fut en outre vivement affecté de la cessation subite de tout travail et de la perte d’un emploi lucratif qu’il occupait. Toutes ces conditions physiques et morales ont réagi avec une telle force sur le centre nerveux que ce malheureux jeune homme, frappé d’une fièvre cérébrale, qui a résisté aux moyens les plus énergiques employés pour la combattre, vient de succomber en ne songeant qu’à sa patrie et s’écriant qu’il mourait pour la liberté La patrie, à son tour, ne pourrait-elle faire quelque chose pour le brave citoyen qui meurt on peut dire pour elle ? » Il avait reçu un secours de vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 7 janvier 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Renckhoff, Didier, bottier, demeurant 39, rue du Cadran ; Maltaux, Jean, Charles, né vers 1791, cordonnier, demeurant 39, rue du Cadran ; Moreau, François, René, né vers 1785, marchand de laine, demeurant 17, rue Saint-Antoine (sic) ; Jeanniot, André (voir Jeanniau, André), tailleur, demeurant 14, rue Maubuée, qui ne put signer « par suite d’une blessure qu’il a à la main et qu’il a aussi reçue dans les journées de Juillet ». Ils attestèrent que Dubray, Jacques, Alexandre « est décédé le 2 septembre dernier en son domicile susdite rue du Cadran n° 39, par suite des blessures qu’il a reçues le 28 juillet dernier au Palais-Royal ». Il laissait une veuve, Jeanniot, Germaine, née le 16 novembre 1806 à Auxerre (Yonne), fille de Jeanniot, Jean-Baptiste, vigneron, et de Bornat, Louise son épouse. Elle reçut un secours de deux cent cinquante francs, le 4 octobre 1830 (elle est indiquée comme blessée sur le registre des secours), un secours de cent vingt-cinq francs le 15 octobre 1830, un secours de quatre-vingt-cinq francs le 15 janvier 1831 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le 11 juillet 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Moreau, François, René, né vers 1785, marchand de laine, demeurant 20, rue Mauconseil (sic) ; Maltau, Jean, Charles, né vers 1791, cordonnier, demeurant 39, rue du Cadran. Ils attestèrent que les parents Dubray étaient « dans la plus grande indigence et manquant de travail, ayant en outre avec eux et à leur charge un enfant âgé de huit ans, qu’ils en ont un au service militaire et que le troisième, nommé Dubray, Jacques, Alexandre, alors âgé de vingt-six ans est mort des suite des blessures qu’il a reçues dans les trois journées de juillet dernier ». Dubray, Jacques, Alexandre laissait en effet des parents, dans la plus grande indigence : Dubray, Jacques, né le 11 octobre 1777 à Saint-Ouen-l’Aumône (Seine-et-Oise), et Fontaine, Marie, Magdeleine, née le 9 décembre 1781 (bien le 9 décembre 1781 dans son acte de naissance et in Archives nationales F/1dIII/54, in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet ; parfois mais par erreur le 9 décembre 1784) à Méry (Seine-et-Oise), qui furent pensionnés deux cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 2 fructidor an XII à Méry ; sur l’acte de mariage, Dubray, Jacques est indiqué fils de Dubray, Jacques, cultivateur (mais fils de Dubray, Jacques, domestique chez M. Demarrestan à Epluches hameau de Saint-Ouen-l’Aumône dans l’acte de naissance du même Dubray, Jacques), et de Leveau, Marie, Geneviève, et comme étant maçon ; Fontaine, Marie, Magdeleine est indiquée comme née le 9 décembre 1781 (sic) à Méry, fille de Fontaine, Pierre, cultivateur (mais vigneron dans l’acte de naissance de Fontaine, Marie, Magdeleine), et de Bertrand, Marie, Magdeleine. Dubray, Jacques, Alexandre demeurait 39, rue du Cadran en 1830 ; ses parents, à la même adresse en 1831 ; sa veuve, aussi à la même adresse en 1831. Le nom de Dubray (A. Dubray) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d., p. 12 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 49, P 76 pour la veuve ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des veuves ayant droit à une pension, avec enfant ou sans enfant, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Boursier, Achille, Louis, Félix ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (35 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Dubray, Alexandre) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, veuves et ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81 (sous le nom de Dubray, Alexandre), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.