Duchemin, Jean-Louis
Biographie
Né vers 1796. Serrurier en voiture et portier de la caserne de la rue du Faubourg-Saint-Martin. Il combattit, armé, le 28 juillet, notamment dans le faubourg Saint-Denis et près de la porte Saint-Martin. A la fin de cette journée, alors qu’il « venait de s’introduire dans la caserne de gendarmerie du faubourg Saint-Martin au moment où l’on en commençait la démolition, une tuile de la couverture lui est tombée sur la tête et a produit une commotion par l’effet de laquelle il est mort » le 27 août suivant. Le certificat médical donnait les explications sur son décès : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, attaché au bureau de charité du (ancien) VIe arrondissement, certifie que le sieur Duchemin, Jean-Louis, âgé de trente-quatre ans, serrurier en voitures, s’est présenté chez moi, accompagné de sa femme, le 28 juillet 1830, pour y être soigné d’un coup reçu sur la tête au pariétal gauche, offrant seulement un gonflement ; que pendant plusieurs jours et sans interruption des douleurs violentes se sont développées et ont résisté aux différents moyens que j’ai successivement employés. Le 23 août, M. Duchemin ne pouvant pas marcher, je suis allé le voir à la caserne des gendarmes, rue du Faubourg-Saint-Martin, où les signes d’un épanchement dans le cerveau se sont manifestés ; la paralysie générale illisible, l’assoupissement, une roideur générale avec une fièvre continue jusqu’au 27 août, où il a succombé à tous ces violents accidents, que je crois la suite du coup reçu sur la tête . » Signé, le 29 mars 1831 : Duportail, médecin, demeurant dans le quartier de la porte Saint-Denis. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le 26 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Higonnet, Guillaume (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph ; il signe bien Higonnet), né vers 1808, architecte, demeurant 5, rue Neuve-de-la-Fidélité ; Duvalleroy, Pierre, Victor, né vers 1801, marchand boulanger, demeurant 9, rue de la Fidélité ; Paulus, Dominique (voir ce nom), né vers 1786, marchand fruitier, demeurant 3 bis, rue Neuve-de-la-Fidélité. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Duchemin, Jean-Louis et savoir que ce dernier avait « concouru activement à la défense de la liberté le 28 juillet 1830 ; qu’ils l’ont vu armé et combattant ledit jour notamment au faubourg Saint-Denis et près la porte Saint-Martin ; que sur la fin de cette journée et lorsqu’il venait de s’introduire dans la caserne de la gendarmerie du faubourg Saint-Martin, au moment où l’on en commençait la démolition, une tuile de la couverture lui est tombée sur la tête et a produit une commotion par l’effet de laquelle il est mort sur la fin du mois d’août suivant ». Il laissait une veuve, Fléchelle, Marie, Madeleine, née le 7 ventôse an IV à Lagny (Seine-et-Marne), fille de Fléchelle, Louis, menuisier, et de Marié, Joséphine, Elisabeth, son épouse, qui était indiquée comme étant sans état en 1830. Elle reçut un secours de deux cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de trois cent quatre-vingt-quinze francs auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il laissait une fille Louise, Marguerite, Laure (parfois Louise, Marguerite, Flore), née le 5 décembre 1824 à Paris (pas vu son nom sur les listes du Bulletin des lois ni sur celles du Moniteur universel). La Commission ne reconnut aucun droit à la veuve et à l’enfant, avec le commentaire suivant : « Tué par une chute de tuile en entrant dans la caserne de gendarmerie du faubourg Saint-Martin pour y piller. » Il demeurait 5, rue Neuve-de-la-Fidélité ; sa veuve, 5, impasse de la Fidélité (mais aussi mais sans doute par erreur 3, impasse de la Fidélité une fois in Archives nationales F/1dIII/35 B puisque bien 5, impasse de la Fidélité in Archives nationales F/1dIII/38 A) en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 60 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (avec l’apostille suivante en face de son nom : Rejetée, comme n’ayant pas droit), état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/54.