Duchesne, Louis, Jean, Bernard
Biographie
Né le 1er août 1788 à Auzouville-L’Esneval (Seine-Maritime). Propriétaire. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il fut l’objet d’une lettre de dénonciation rédigée par Bapaume et adressée à la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Un différend commercial opposait sans doute Bapaume et Duchesne. En tout cas le premier adressa la lettre suivante, qui devait ruiner tous les espoirs de Duchesne d’obtenir la croix de Juillet : « Un hasard tout à fait extraordinaire m’apprend que M. Duchesne, de Pantin, a eu l’audace de se présenter, avec la prétention d’obtenir la croix spécialement destinée aux braves de Juillet. C’est M. Charreau (voir sans doute Chareau, Paul, Benjamin ?) qui fait partie de votre comité, de qui j’ai appris que le sieur Duchesne vous avait énuméré toutes ses hautes actions de bravoure et qui vous a produit plusieurs certificats, qu’enfin le ton d’assurance avec lequel il vous a parlé de ses exploits a entraîné votre conviction et vous a déterminé à le placer au nombre des braves qui parmi les braves se sont le plus distingués. Le respect que nous porterons tous à cette décoration si honorable m’engage à vous prémunir contre l’erreur, surprise à votre religion. Je n’ai presque pas quitté le sieur Duchesne dans les trois journées et, je dois le dire, il était ainsi que moi au nombre des hommes qui voulaient s’opposer au despotisme mais de ce sentiment partagé par l’universalité des habitants de Paris il y a loin à ses actions d’éclat, à cette coopération active qui ont déterminé la victoire, et si le sieur Duchesne peut aspirer à la simple médaille pour s’être montré avec son fusil resté vierge, vous concevrez, Monsieur, que les braves désignés pour la croix ont besoin de prouver quelque chose de plus ; et, quant à l’arboration du drapeau tricolore dans la commune de Pantin dès le 29, c’est au moins douteux vu l’heure de 2 heures après-midi qu’il indique car il ne m’a quitté tous les jours jusqu’au samedi qu’à 4 heures après-midi et si ma mémoire est bien fidèle ce n’est que le 30, jour où M. Duchesne monta, ne voyant plus de danger, sur les bornes dans plusieurs rues, lut au peuple rassemblé la proclamation de l’Hôtel de ville, qui nommait le duc d’Orléans lieutenant général du royaume, et se rendit à Pantin, où, sur les instances de mon frère, qui se trouvait avec lui, il se décida à arborer le drapeau tricolore. Quant aux signatures d’attestation de ses brillants exploits, mise sous vos yeux, vous y aurez remarqué celle de Glinel dit de Lignerolles (sans doute Le Guelinel de Lignerolles, N.D.A.) ; il est à désirer que la commission soit plus heureux dans la confiance qu’elle y apporte que ne l’a été le commerce de Paris pour les pareilles signatures accolées de ces deux cousins, que l’action coercitive des tribunaux a vainement provoqués au paiement. Quant à M. Varlet, la Commission pourrait s’assurer près de lui s’il a vu lui-même les hauts faits de M. Duchesne. Il me serait pénible de croire que la Commission pût attribuer à une passion haineuse les observations que contient cette lettre. J’ai cédé à un sentiment tout naturel, j’ai voulu prévenir les suites d’une erreur : la noble décoration qui doit attirer le respect sur ceux qui en seront justement investis serait-elle bien placée sur la poitrine de M. Duchesne ? La conviction qui m’a fait agir me porte à offrir à la Commission de paraître devant les honorables membres qui la composent et d’y soutenir en face de M. Duchesne qu’il est impossible de reconnaître en lui l’homme de Juillet et, à cet égard, plus d’une voix pourrait s’unir à la mienne. Recevez, Monsieur etc. Post-scriptum je ne serais pas surpris que M. Duchesne eût donné aussi par compensation à son cousin Glinel un pareil certificat de bravoure. » Un autre courrier du même Bapaume apportait des informations supplémentaires sur le différend qui opposait les deux hommes. Ce courrier était ainsi rédigé : « Le certificat que j’ai l’honneur de vous transmettre ci-joint et que vous aurez la bonté de lire, me dispense de tout commentaire. J’ai dû à une circonstance qui réunissait quelques-uns des employés de l’administration de la Compagnie d’entretien des maisons de Paris, la révélation du fait odieux que ce certificat constate et qui aurait donné à des démarches de la part de ceux qui l’ont signé s’ils avaient su à qui s’adresser, et je vous prie de remarquer qu’outre les quatre signataires il y en a encore trois autres, absents de Paris, dont l’adhésion ne serait pas douteuse si vous la crussiez nécessaire pour votre conviction. Vous ferez, Monsieur, l’usage que vous croirez convenable de cette pièce accusatrice et vous apprécierez quel effet ferait sur les employés de la Compagnie d’entretien la vue de la décoration placée sur la poitrine du sieur Duchesne. Recevez, etc. » Le certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, ex-employés de l’administration de la Compagnie d’entretien des maisons de Paris rue de Choiseul n° 13, certifions que, par suite de la part que nous avons prise aux combats des journées de Juillet, nous nous sommes cotisés pour offrir le faible tribut de nos moyens à la souscription ouverte dans les premiers jours d’août en faveur des blessés, que cette cotisation ayant produit une somme de soixante-cinq francs a été par nous individuellement versée aux mains de M. Gilnel de Lignerolles, caissier de notre administration ; mais qu’à notre grande surprise, ce caissier n’a fait aucun versement ni à la caisse municipale ni ailleurs ; que lui ayant demandé alors raison de ce retard, il nous a dit, pour sa justification, que ces fonds se trouvant dans sa caisse, il avait été invité par M. Duchesne, l’un des gérants de l’administration, à les lui verser. Ce dont nous sommes plaints aux deux autres gérants, qui nous ont affirmé que non seulement ils n’avaient point autorisé cette levée de fonds mais que la compagnie étant de plus tombée en faillite, ils avaient fait leur plainte devant les syndics contre M. Duchesne et contre le sieur Glinel de Lignerolles, comme ayant dérogé et violé les statuts de l’association, qui ne permettaient aucun déplacement de fonds sans le concours des trois gérants ; et que, en ce qui concerne la petite somme appartenant aux victimes de juillet, les soussignés ont cru devoir donner à la Commission des récompenses nationales connaissance de cette spoliation. » Signé, le 1er avril 1831 : Martinault (voir Martinault, Etienne) ; Laulliard ; Charpenai ; et apostillé par Lentzen, ex-vérificateur, qui, quoique n’ayant pas cotisé parce que n’appartenant pas à l’époque à l’administration de la compagnie, certifiait avoir souvent entendu poser la réclamation auprès de M. Glinel. Duchesne, dut répondre aux accusations de Bapaume, et quelque temps plus tard faisait parvenir la lettre suivante à la Commission : « Messieurs, le jury central, appelé à prononcer sur la décoration spéciale, décida, dans le temps, que je serai proposé, et, sur le rapport qui vous fut fait, vous me décernâtes cette honorable distinction. Un sieur Bapaume porta, il y a huit jours, une dénonciation contre moi. Je demandais à le confondre. Vendredi matin seulement, je reçois une lettre qui m’invite à paraître devant la Commission. J’y trouve mon dénonciateur avec son thème tout fait et un jury favorablement prévenu en faveur de mon dénonciateur. C’est alors seulement qu’on me fait connaître les faits de la dénonciation et qu’on me somme d’y répondre, sans réflexion, sans examen. Je crois devoir mettre à nu un misérable, voué depuis longtemps au mépris public, des membres du jury qui se disent son ami ne craignant pas de prendre sous leur protection un monstre dont la vie est un faisceau d’abjection, on m’impose silence ; je vis dès lors que toute était jugé d’avance. Je fais un narré fidèle de ma conduite dans les trois journées, j’offre de produire des témoins sous deux jours, on me répond que des témoins ne peuvent pas détruire l’assertion de Bapaume, qui prétend ne pas m’avoir quitté les 27, 28 et 29 juillet et la déclaration d’un misérable couverts de crime (j’en ai les preuves en mains) tient lieu et l’emporte sur l’offre de dix témoignages irrécusables qui auraient détruit le criminel échafaudage de Bapaume et démontré son machiavélisme et sa fourberie. C’est donc à vous, Messieurs, que les sentiments connus de justice et de loyauté ont placés si haut dans l’opinion publique que je viens appeler d’un déni de justice inouï. Permettez-moi de rappeler ma conduite dans les trois jours, telle que je l’ai exposée devant le premier jury, présidé par M. Truelle, sur le rapport duquel vous m’aviez décerné la croix spéciale, qu’un esprit de coterie veut m’enlever. Vous ne déclinerez pas ce droit à un patriote éprouvé par vingt-cinq ans de constance et de fermeté dans ses principes, qui, électeur depuis quatorze ans dans le grand et le petit collège a constamment voté pour les défenseurs des libertés publiques, qui ne connaissait aucun obstacle, ne reculait devant aucun sacrifice quand par son influence il ralliait des partisans à la cause de la liberté. Vous ne vous associerez pas à un jugement inique qui tendrait à flétrir un père de famille, qu’une femme enceinte et six enfants en bas âge n’ont pas arrêté quand il s’est agi de partager le noble élan parisien et de déchirer la cartouche citoyenne pour le triomphe de nos libertés menacées. Vous écouterez avec bienveillance celui qui depuis 1806 s’est montré dévoué à sa patrie et à ses concitoyens, qui, nommé maire sur les barricades dès le 29 juillet, pourvu le lendemain 30 au matin d’une commission signée de M. Baude alors secrétaire de la Commission municipale fut confirmé depuis par le vote de ses concitoyens et porté premier candidat comme membre du conseil d’arrondissement de Saint-Denis par les cinq sixièmes des suffrages des électeurs. Voici, Messieurs, ma conduite pendant les trois journées. Directeur d’une entreprise pour les constructions de maisons, je fis appeler dès le lundi tous les entrepreneurs attachés à l’établissement (il en comptait soixante, de toutes professions). Je leur conseillai de fermer leurs ateliers et d’armer autant que possible tous leurs ouvriers. Le mardi, j’en vis un grand nombre qui me déclarèrent avoir adopté cette mesure. A midi, je donnai carte blanche à tous les employés et fis fermer les bureaux. Je sortis avec plusieurs entrepreneurs ainsi que M. Viguet, architecte, rue des Martyrs n° 54, et M. Sas, son beau-frère, tous deux anciens militaires décorés. Nous parcourûmes les boulevards et décidâmes qu’il fallait montrer l’exemple et aller immédiatement faire nos dispositions pour prendre les armes le lendemain. Nous fûmes joints alors et au moment de nous séparer par un colonel polonais nommé Schmulikouski, qui, approuvant ma motion, me dit qu’il nous seconderait volontiers s’il avait un fusil. Je lui dis que j’en avais deux, de chasse, et que l’un était à sa disposition. Il vint avec moi à mon pied-à-terre rue de Buffaut et je l’armai. J’allais coucher à Pantin, que j’habite l’été. Je passai une partie de la nuit à fondre des balles avec M. Delignerolles (lire Leguelinel de Lignerolles, E., A., médecin, demeurant 20, rue Richer, N.D.A.), docteur médecin, attaché à la Charité. Nous nous arrêtâmes à deux cents. Le lendemain mercredi 28 juillet, le cabriolet de M. Capian, loueur à la Petite-Villette, vint nous prendre à 7 heures et me déposa rue de Buffaut, où je pris mes journaux et mes armes et je m’acheminais vers l’Hôtel de ville, en lisant de distance en distance au peuple les nouvelles du jour et l’excitant à se battre lorsque j’aperçus rue du Faubourg-Montmartre, un groupe de huit à dix individus, munis de fusil, que j’exhortais à me suivre. Ils me répondirent qu’ils avaient bien des armes, qu’ils venaient de prendre à la caserne dite de la Nouvelle-France mais qu’ils cherchaient vainement à se pourvoir de munitions. Je les ramenai rue de Buffault n° 9, où je venais de déposer l’excédent de balles que je n’avais pu prendre sur moi. Je leur donnai à chacun une douzaine de balles et un coffin ? illisible de poudre anglaise et nous partîmes tous ensemble pour nous rendre où notre présence serait nécessaire. Les époux Dessert, alors concierges de la maison n° 9 et demeurant maintenant rue du Faubourg-du-Temple n° 69, vous attesteront ma prise d’armes et mon départ avec les huit à dix individus après la distribution des munitions. Je continuai à animer les esprits en nous rendant à l’Hôtel de ville, où nous arrivâmes à 11 heures ou 11 heures un quart. Tout y était tranquille alors. L’Hôtel de ville, abandonné par les gendarmes, était occupé par les bourgeois, dont quelques-uns en uniforme. Vers les midi, une alerte nous annonça l’arrivée de nouvelles troupes. Les Suisses et les gardes royaux venaient par le pont d’Arcole. La cavalerie, composée de cuirassiers et de lanciers arrivait par les quai. Il vint aussi des artilleurs avec quelques pièces de canon qui prirent position à droite de l’arcade de l’Hôtel de ville vis-à-vis du marchand de vin et balayaient les quais. Les Suisses et les gardes royaux se mirent en bataille. Le feu commença des fenêtres de l’Hôtel de ville mais on ne put rien contre le nombre. L’Hôtel de ville fut repris. Nos frères s’échappèrent par la rue du Tourniquet et c’est alors que les rues adjacentes à l’Hôtel de ville, telles que celles des Coquilles, de la Tixéranderie, du Mouton etc., furent encombrées de monde. Les gardes royaux et les Suisses s’adossèrent en bataille à l’Hôtel de ville et d’autres sur le côté de la place opposée et faisaient feu en tous sens dès qu’ils apercevaient quelqu’un. Les Suisses étaient en capote, sans doute pour échapper à l’animadversion qui étaient attachée à leur uniforme. La cavalerie était adossée aux maisons qui terminent la place du côté du port au blé, à la droite du pont d’Arcole. Nous répondions au feu de l’ennemi du coin de la rue du Mouton, chacun de nous avançait à l’angle de cette rue et de celle de la Tixéranderie pour décharger son arme et se retirait immédiatement pour aller recharger plus loin et faire place à un autre. Des personnes placées derrière des corps de cheminée tiraient fréquemment et nous avons remarqué que c’était sur les artilleurs de préférence. A 3 heures, un officier de lanciers fut tué par un coup de feu parti de notre groupe. On se battit jusqu’à ce que les troupes, épuisées et manquant de munitions, abandonnèrent la place. Quant à moi, après avoir tiré pour ma part une vingtaine de coups de fusil, je dus me retirer sur les 8 heures du soir, accablé de besoins. Je retournai chez moi, à Pantin, et force fut de le faire à pied, on commençait alors à élever des barricades. Le lendemain, jeudi, je fus curieux de voir l’Hôtel de ville ; nos gardes nationaux occupaient le poste, en grande partie en uniforme. Je me dirigeai vers le Louvre, où j’appris qu’on se battait. J’y arrivai vers 10 heures du matin ; à 11 heures les troupes l’abandonnaient. Tout était désormais terminé. J’allai déposer mon fusil et me rendis à l’Hôtel de ville, où le général Lafayette devait se rendre à 3 heures environ. On venait de me charger à l’Hôtel de ville de prendre les fonctions de maire mais je ne me fis installer que le lendemain, désirant avoir un ordre écrit, que M. Baude me délivra le vendredi matin. C’est le samedi matin que MM. les maires de Paris furent désignés par les électeurs de leur arrondissement dans la salle de l’Hôtel de ville. Voici, Messieurs, la conduite de celui qui vous fut présenté comme méritant la croix spéciale et à qui vous l’avez décernée. Il vous reste à juger si la plus atroce calomnie peut prévaloir dans votre esprit sur de nombreuses et honorables attestations que j’ai produites à M. Truelle et qu’il peut vous représenter ainsi que sur l’opinion unanime des membres du jury, qui ont apprécié les faits dans un temps alors plus rapproché des événements et où leur mémoire ne pouvait être infidèle. Aux témoignages que je vous ai cités ci-dessus, je joindrai, ainsi que je l’ai vainement proposé au comité central, celui de M. Mathurin Bonhomme, rue du Poirier n° 8, quartier Saint-Mery, avec lequel je me suis battu à l’Hôtel de ville et qui connaît plusieurs des huit ou dix individus avec lesquels je suis arrivé après leur avoir distribué des munitions. Il vous indiquera leurs noms et demeures. Bapaume, dont l’effronterie est parvenu à en imposer à quelques membres influents du jury, vendredi, a dit qu’il ne m’avait pas quitté le mercredi, eh bien ! Messieurs, un de ses amis intimes vient de me révéler, sous la foi du serment que je ne le désignerais pas que Bapaume, encore à moitié mort de sa frayeur de la veille au soir, n’était pas sorti de chez lui. Cette confidence m’a suggéré une démarche auprès du concierge de la maison qu’il occupait avant sa faillite et ce concierge, nommé Lesné, rue des Trois-Frères n° 2, m’a déclaré qu’il était prêt à affirmer sous la foi du serment que Bapaume n’était pas sorti le mercredi et le jeudi. Voilà, je pense, Messieurs, qui vous donnera une idée de l’effronterie de mon dénonciateur. Voulez-vous, Messieurs, compléter votre conviction ? Ayez la bonté de prendre des renseignements près de M. James Rollat, banquier, rue Louis-le-Grand, n° 23. Quoiqu’il soit l’ami de Bapaume depuis dix ans, j’appelle son témoignage de tous mes vœux. Il vous dira ce qu’il tient de la bouchée même de Bapaume, quelques jours après les événements et l’opinion qu’il avait de ma conduite dans les trois jours alors que je n’étais pas encore sa victime pour une somme considérable et qu’il ne m’avait pas encore mis dans la pénible nécessité de le poursuivre pour un vol de mille deux cents francs, qui doit le conduire sous très peu de temps devant les juges, qui ne se diront pas ses amis et qui rendent des arrêts et non des services. Pardon, Messieurs, de vous occuper aussi longtemps de moi. Pardon surtout des expressions qui auraient pu m’échapper dans l’excès d’une si légitime indignation. Plein de confiance, etc. » Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait, sur proposition de Truelle à son égard l’ajournement de toute décision de récompense honorifique, pour cause de faillite. Dans sa séance du 15 avril 1831, le même comité des renseignements ajoutait : « Le comité, dans une séance précédente, avait pensé devoir entendre contradictoirement M. Duchesne, porté par l’arrondissement de Saint-Denis pour la décoration, et le sieur Bapaume, qui l’accusait d’avoir avancé des faits contraires à la vérité. Ces deux individus ont comparu aujourd’hui devant le comité et les débats qui ont eu lieu ont fait reconnaître que le sieur Duchesne, qui avait dit s’être trouvé aux combats de la Grève et du Louvre, n’a paru à aucun de ces endroits. Il a d’abord annoncé qu’il pouvait fournir dix, quinze témoins qui attesteraient les faits avancés mais, sur la demande de M. le président de désigner les personnes qui pourraient l’appuyer de leur témoignage, il a répondu qu’il ne pouvait le faire parce que, a-t-il dit, lorsqu’on se bat on ne peut et on ne pense point à chercher à ses côtés des personnes de connaissance. Le comité a l’entière conviction que M. Duchesne a cherché à tromper la religion de la Commission par des rapports reconnus entièrement faux ; il pense donc que la Commission doit le faire disparaître de la liste des décorations. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. Sa médaille lui fut délivrée le 2 juillet 1831. Il fut nommé maire de Pantin en 1830, avant de laisser sa place en 1831. Il demeurait 9, rue Buffaut et à Pantin en 1830-1831 (mais à Paris in Archives de Paris VK3 39) en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris DM13 1 (sous le seul nom de Duchesne) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet de l’arrondissement de Saint-Denis (sous le nom de Duchesne, Jean-Louis, Bernard, liste seulement préparatoire et établie avant la décision du comité des renseignements) ; Archives de Paris VK3 29, séance du 8 avril 1831, séance du 13 avril 1831, séance du 15 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet idem département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, Récompenses nationales, état nominatif des décorés de la médaille de Juillet mais qui ne se sont point encore présentés pour recevoir le brevet (où son nom est rayé) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39).