Duchesnois, Anatole, Cyrus, Rafin
Biographie
Né (sous le nom de Raffin-Duchesnois, Anatole, Charles, Cyrus dans son acte de naissance) le 24 août 1812 (bien le 24 août 1812 dans son acte de naissance ; souvent mais par erreur le 6 août 1812 ou le 26 août 1812), fils naturel de Raffin-Duchesnois, Catherine, Josèphe, dite Duchesnois, Joséphine, artiste sociétaire du Théâtre-Français, et du marquis de la Woestine, Anatole, Charles, Alexis. Etudiant en 1830. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 50e de ligne. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 22 septembre 1841. Ses états de service étaient ainsi : « Entré au service au 50e régiment de ligne, le 11 novembre 1830 comme enrôlé volontaire à la mairie de Cherbourg (Manche) le 10 du même mois, sergent par décision ministérielle du 10 mars 1831, passé au 3e léger le 24 décembre 1831 par décision ministérielle du 8 décembre 1831, passé au 4e de ligne le 29 janvier 1832 par décision ministérielle du 2 janvier 1832, passé au bataillon de zouaves le 6 décembre 1834 par suite de permutation autorisée par le ministre de la Guerre, passé au bataillon provisoire de Tlemcen le 25 janvier 1836, passé au 3e bataillon de zouaves le 22 juin 1837, rengagé pour deux ans à Oran le 22 octobre 1837, passé au corps des zouaves le 1er janvier 1838, rengagé pour deux ans le 26 octobre 1839, rengagé pour deux ans le 30 octobre 1841 ; il fit les campagnes d’Afrique de 1832 à 1842 ; il fut blessé d’un coup de feu à la jambe gauche à la partie externe et supérieure, dirigé d’avant en arrière, avec ouverture d’entrée et de sortie le 8 janvier 1835 ; il se distingua particulièrement à l’expédition de Miliana, fut cité pour ce fait à l’ordre général de l’armée du 4 juillet 1840. » Il demeurait 58, rue Saint-Lazare en 1830. On peut lire sur le site Napoleon.org une notice biographique sur la mère de Duchesnois, rédigée par le colonel Ramé et publiée dans le numéro 365 de juin 1989 de la Revue du souvenir napoléonien ; elle apporte les précisions suivantes sur Duchesnois, Anatole, Cyrus, Rafin : « Celle qui est connue sous le nom de Joséphine Duchesnois – son nom de théâtre – est née le 5 juin 1777, à Saint-Saulve, près de Valenciennes, où son père, prénommé Jean-Jacques était aubergiste et marchand de chevaux ; sa mère était née Françoise Mulot. Mise en apprentissage dès 1793, elle vint vite à Paris retrouver une de ses sœurs, mais regagna Valenciennes, où elle fut servante puis couturière, jusqu’à ce qu’elle fasse le 10 janvier 1797 ses débuts de comédienne dans une troupe locale d’amateurs. Elle venait de trouver sa voie et revint à Paris, où elle suivit les cours de déclamation de Mademoiselle Florence. Bien qu’elle fut – dit-on avec une certaine exagération – laide, hommasse et vulgaire, elle fut remarquée par Madame de Montesson, qui, malgré un piteux échec versaillais, réussit à la faire engager à l’essai pour cinq mois au Théâtre-Français, où le 3 août 1802 elle se produisit si brillamment dans Phèdre que le Premier Consul vint l’applaudir dès le 9. Elle fut alors la partenaire de Talma et sut déployer de tels dons de parfaite tragédienne, se fit si bien voir d’un public enthousiaste que celui-ci exigea, en novembre 1802, que ses collègues, qui firent grise mine, vinssent la couronner sur la scène. Ce fut alors que commença une rivalité épique entre elle et Mademoiselle George, qui était aussi belle et coquette qu’elle l’était peu et qui était soutenue par Bonaparte qui appréciait ses charmes et par l’homosexuelle Mademoiselle Raucourt. Joséphine, l’épouse du Premier Consul, prit naturellement parti pour la Duchesnois, sans se douter qu’elle aussi trouverait bien vite, le chemin du lit de son auguste mari. Il semble qu’elle n’ait eu qu’une ou deux rencontres intimes avec ce dernier, dans la première quinzaine de mars 1804, car elle se vexa, non sans raison, de la désinvolture qu’affichait Napoléon, à l’égard des femmes et notamment les actrices. Cependant cette très courte liaison valut à la belle d’être reçue, dès le 17 mars de la même année, sociétaire de la Comédie Française, en même temps que sa rivale exécrée, Mademoiselle George. Le départ de celle-ci pour la Russie, le 30 avril 1808 en compagnie du danseur Duport, laissa le champ libre à Joséphine, qui put alors régner sans partage sur la Comédie Française où, pendant vingt-cinq ans, elle tyrannisa ses camarades et la direction, jusqu’à ce qu’à cinquante-six ans, elle daigne prendre, le 9 janvier 1833, une retraite bien gagnée, avant de mourir dévotement, exactement deux ans plus tard et d’être inhumée au Père-Lachaise. Bien qu’il soit admis généralement qu’elle eut une existence relativement honnête, fut charitable et toujours prête à rendre service aux siens, elle n’en eut pas moins une vie sentimentale si agitée qu’elle mit au monde, de 1810 à 1815, au moins trois enfants, sans avoir jamais été le moindrement mariée. Ce fut tout d’abord un premier garçon, déclaré sous le nom d’Henri, Achille, Raffin-Duchesnois, venu au monde le 20 janvier 1810. Ce serait le fils d’un harpiste au service de Madame de Genlis, qui pourrait s’être appelé Casimir Baecker. Mais il ne serait pas impossible que le géniteur ait été le général Savary, duc de Rovigo, qui protégea très affectueusement le jeune Henri, Achille, quand, jeune officier, il servit sous ses ordres en Algérie, où il mourut d’ailleurs de maladie à Philippeville, le 18 octobre 1839. Le second enfant, également un garçon, Anatole, Charles, Cyrus Raffin-Duchesnois, naquit à Paris, au 16 de la rue de la Jussienne, le 6 août 1812 (sic et par erreur, voir plus haut, N.D.A.). Il était le fils du marquis Anatole, Charles, Alexis de la Woëstine (14 décembre 1786-25 avril 1870) alors capitaine de cavalerie, petit-fils de Madame de Genlis, futur général gouverneur des Invalides, sous le Second Empire, qui figure – bien à tort, semble-t-il, malgré quelques coïncidences et faits troublants – sur la liste des pères putatifs de Napoléon III. Ce fils, sorti de Saint-Cyr, fut officier et mourut en Algérie à Bône, le 27 octobre 1850. Vint enfin une fille, qui reçut les prénoms de Rosamonde, Joséphine, naquit à Paris au 6 de la rue de la Ferme-des-Mathurins, le 28 mai 1815, fut reconnue par son père, le commandant Charles Gélinet, major au 88e régiment d’Infanterie, et épousa le 26 juillet 1834, peu avant la mort de sa mère, un sieur Robin. » Dans les Lettres inédites de Mme de Genlis à son fils adoptif Casimir Baecher (1802-1830), son acte de décès est reproduit : Duchesnois est désigné comme sergent aux grenadiers du 43e de ligne. L’ouvrage aussi précise que Duchesnois ne fut jamais reconnu par son père, le marquis de la Woestine, Anatole, Charles, Alexis. Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Lettres inédites de Mme de Genlis à son fils adoptif Casimir Baecher (1802-1830), Lapauze, Plon-Nourrit, 1902 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/22R8/18 (sous le nom de Raffin-Duchesnois).