Ducoux

Biographie


Chirurgien aide-major au 6e régiment de ligne en 1831. Il arbora, le premier à Brest, le drapeau tricolore. Sa participation aux événements qui eurent lieu dans cette ville, à la suite des événements de Paris, est ainsi rapportée dans la Révolution des départements ou histoire complète et détaillée des troubles qui ont éclaté dans les départements et des événements qui ont eu lieu dans chaque ville en particulier depuis linsurrection de la capitale, par J.-B. Ambs, et donne l’occasion de décrire l’ambiance qui prévalut dans la ville : « A Brest et à Morlaix, les ordonnances jetèrent les citoyens dans un morne étonnement. Les fonctionnaires eux-mêmes reconnaissaient hautement l’illégalité de ces mesures. Mais le gant était jeté, et tout annonçait que les Bretons étaient prêts à le relever. Aussi, à l’arrivée des journaux rapportant les événements de Paris, la joie fut-elle extrême à Brest. La permission de faire réimprimer le Messager des Chambres fut demandée et obtenue. Ce journal fut distribué, affiché ; lecture en fut faite à haute voix au milieu des groupes. On organisa par souscription une légion pour venir au secours de Paris. L’enthousiasme des marins était à son comble. Les troupes de ligne n’attendaient que le moment de prêter main-forte aux habitants ; les onzième, cinquante-deuxième régiments de ligne et troisième léger, composant la garnison, et tous les équipages de ligne ainsi que l’artillerie de marine prirent le 2 août les couleurs nationales. Le colonel du onzième donna sa démission ; celui du troisième léger était absent. Les soldats fraternisèrent avec les citoyens : le bon ordre ne fut pas troublé un instant. Le 3, les bâtiments en rade hissèrent le pavillon national, appuyé de vingt et un coups de canon. L’ordre arriva de faire partir pour Cherbourg tous les bâtiments de guerre armés. Le premier citoyen qui ait porté et arboré le drapeau tricolore est un jeune chirurgien de la marine, nommé Ducoux. il était accompagné d’un jeune homme de Brest qui n’a montré ni moins de zèle, ni moins de dévouement. Le soir, à la représentation de La Muette de Portici l’enthousiasme fut général. Les dames, revêtues des couleurs nationales, prenaient une part non équivoque à la joie générale. Les chants du Vieux Drapeau de Béranger et de Reine du monde, etc., achevèrent d’électriser les spectateurs. Plusieurs officiers des bâtiments russes en rade faisaient cause commune avec les Français. Le 4 août, le cinquante-deuxième, allant à l’exercice, demanda un drapeau : les citoyens leur offrirent celui qui flottait à la mairie. Dès lors soldats et officiers, agitant leurs schakos, le saluèrent des cris mille fois répétés de Vive la charte ! vive la liberté ! Après l’exercice, le régiment le remit à la mairie, au milieu des acclamations de tous les citoyens accourus sur son passage. La veille, le courrier qui se rendait à Paris fut arrêté dans sa marche par le substitut du procureur au roi, qui le menaça de le faire fusiller, s’il ne se dépouillait des couleurs nationales : les habitants répondirent aux menaces de M. le substitut en offrant au courrier une escorte de deux cents hommes. Le 6, le buste de Lafayette fut promené par la ville, au bruit des acclamations de la population entière. Tous les jours c’étaient fêtes et banquets patriotiques ; la garde nationale et les cinquante-deuxième, onzième de ligne et le troisième léger fraternisaient et se promenaient ensemble avec le drapeau tricolore. Le dimanche 8, ils se réunirent dans un grand festin, où se trouvaient quatre cents bourgeois et six cents officiers et sous-officiers. Le dimanche suivant, les sous-officiers rendirent le banquet sur la promenade du Cours. Quimper, Châteaulin, Quimperlé, Carhaix, Saint-Paul-de-Léon et Landernau partageaient l’enivrement de Brest : le département tout entier ne formait plus qu’une seule famille. » Le 15 décembre 1831, la commission départementale chargée d’examiner les droits des réclamants à une décoration, après avoir relevé que « les citoyens notables de Brest qui ont pris la part la plus active à la révolution de Juillet n’ont aucun souvenir de l’action que s’attribue le réclamant, qu’au contraire il paraîtrait que le premier qui passe pour avoir promené le drapeau national dans Brest serait un autre que le sieur Ducoux, que cependant il serait possible que le sieur Ducoux ait arboré le drapeau national sur le château mais cette action, qui est du reste passée inaperçue, ne pouvait faire courir aucun risque à celui qui s’y livrait », décida à l’unanimité qu’il n’y avait pas lieu de lui accorder une récompense nationale. Révolution des départements ou histoire complète et détaillée des troubles qui ont éclaté dans les départements et des événements qui ont eu lieu dans chaque ville en particulier depuis linsurrection de la capitale, par J.-B. Ambs, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal galerie de Valois, n° 185, 1831, p. 149-152 ; Archives nationales F/1dIII/79, dossier Finistère. S’agirait-il de Ducoux, François, Joseph, qui fut nommé préfet de police par le général Cavaignac après les journées de Juin et qui fut député d’avril 1848 à mai 1849 ?

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