Ducroquet, Achille

Biographie


Né le 26 floréal an XIII à Croissy (Seine), fils de Ducroquet, Louis, François (ou Ducroquet, Louis, Séverin dans l’acte de naissance d’Achille) et de Leguay, Marie, Louise, Félicité, son épouse. Charpentier. Il quitta son travail pour aller se battre. Le 29 juillet, devant la caserne de Babylone, il fut gravement blessé d’un coup de feu reçu au flanc. Transporté vers l’hôpital Necker, il mourut pendant le trajet. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Le 29 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Rameau, Joseph, menuisier, demeurant 20, rue Coquenard ; Calippe, Hubert, marchand de vin, demeurant 101, rue Saint-Dominique ; Hebert, Parfait, Martin, peintre en bâtiment, demeurant 4, rue Cardinal. Ils attestèrent que Ducroquet, Achille « a été blessé d’un coup de feu dans le flanc à l’attaque des Suisses, rue de Babylone le 29 juillet 1830 et a été transporté à l’hôpital Necker et est mort dans le trajet ». Il laissait une mère, Ducroquet, née Leguay, Marie, Louise, Félicité, le 12 septembre 1784 à Just-en-Chaussée (Aisne) (elle-même fille de Leguay, Médard, meunier et de Delaporte, Marguerite, son épouse), abandonnée depuis quatorze ans par son mari, qu’elle avait quitté parce qu’ivrogne et pour pouvoir élever ses quatre enfants. Le maire de la commune d’Hargicourt, lui délivra le certificat suivant, en date du 14 mars 1831 : « […] Le susnommé Louis, François Ducroquet exerçait, lorsqu’il habitait avec son épouse, la profession de garde de bois. Il a occupé plusieurs places en peu de temps. Il était ivrogne de première classe. Souvent ses gages étaient mangés et bus dans les cabarets, et il laissait son épouse et ses quatre enfants dans la plus grande misère. Quand il revenait voir son épouse, c’était pour la saccager. Enfin la susdite épouse a pris le parti de le laisser et de s’en aller à Paris, où elle s’est mise en service, ayant à sa charge quatre enfants en bas âge, dont l’aînée avait douze ans. Et d’après tout ce que des personnes dignes de foi nous ont dit, elle a toujours tenu ses enfants à sa charge malgré toutes les peines qu’elle a éprouvées pour les élever. Certifions en outre que la dénommée ne possède que très peu de choses et que son mari l’a affamée et qu’il en touche le revenu ; enfin que la susdite Leguay est absolument indigente par la mauvaise conduite de son mari et sa mauvaise conscience qu’il exerce envers sa femme et ses enfants […]. » Le 25 mars 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Gressier, Charles, Louis, ingénieur hydrographe, demeurant 11, rue Saint-Germain-des-Prés ; Fayolle, Anne, Louis, Alexandre, Emile, ingénieur hydrographe, demeurant 56, rue de l’Université ; Lemercier (voir ce nom), député, colonel de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 18, rue de l’Université ; Devillers, Julien, Brutus, entrepreneur de ..., demeurant 20, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Sur leur attestation, le maire certificat que Leguay, Marie, Louise, Félicité « est abandonnée depuis plus de quatorze ans par son mari, qu’elle a pour le moment à sa charge deux de ses enfants, qui se trouvent sans place, et que elle-même est dans l’état le plus nécessiteux et sans espérance d’en sortir depuis la perte de son fils Achille Ducroquet, qui l’assistait du produit de son travail et qui est mort glorieusement le 29 juillet pour la cause nationale ». Elle présenta aussi le certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie et atteste que madame Legay, Marie, Louise, Félicité (sic), âgée de quarante-six ans et six mois, née à Saint-Just (Oise), est affectée de lésions organiques abdominales depuis plusieurs années ; que ces légions sont altéré profondément sa santé générale, que dès qu’elle se livre à un travail un peu soutenu elle tombe gravement malade et qu’en conséquence elle se trouve dans l’impossibilité de pourvoir par elle-même à ses moyens d’existence. » Signé, le 24 mars 1831 : Dubois (d’Amiens), médecin. Enfin, le certificat suivant donnait d’autres précisions : « Je, soussigné, propriétaire d’une maison rue Saint-Dominique n° 101, certifie que le sieur Achille Ducroquet, charpentier, tué le 29 juillet 1830 devant la caserne de Babylone en défendant ses droits, les nôtres, travaillait dans mon bâtiment depuis dix-huit mois avec honneur et probité et qu’il n’a suspendu ses travaux que pour aller se battre. Je certifie de plus sur l’honneur que j’ai été à même de m’assurer qu’il soutenait sa mère, ayant été souvent chargé de lui compter une partie des salaires de son fils. Si j’ai le regret d’avoir perdu un de mes meilleurs ouvriers, ma peine est adoucie par l’assurance que j’ai acquise qu’il est mort avec honneur, les armes à la main. » Signé, le 10 septembre 1830 : de Bourges, demeurant 16, rue de Bondy. Suivait la signature de Baveret, demeurant 15, rue de Bourgogne, qui attestait avoir été présent au moment où Ducroquet avait été tué au feu de la caserne de Babylone. La mère fut pensionnée de deux cents francs (mais les parents sont tous les deux pensionnés in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831). Elle reçut (sous le nom de veuve Ducroquet, née Marie, Louise, Félicité Legay) de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Son mari, Ducroquet, Louis, François, Séverin, né le 24 mars 1782 à Hargicourt (Somme) (lui-même fils de Ducroquet, Louis et de Quevin, Geneviève, son épouse), fut aussi pensionné. Les parents s’étaient mariés le 3 germinal an X à Croissy. Sur l’acte de mariage, Ducroquet, Louis, François, Séverin est indiqué comme étant cultivateur ; Leguay, Marie, Louise, Félicité est indiquée comme la fille de feu Leguay, Médard En 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize jeunes filles (une par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), filles de combattants soit de juillet 1830 soit de juin 1832, devaient être dotées de trois mille francs pour pouvoir se marier ; la sœur de Ducroquet, Hortense, Léocadie, née vers 1809, femme de chambre en Angleterre, fut l’une des jeunes filles sur laquelle la question se posa de savoir si sa candidature pouvait être posée. L’affaire n’eut cependant pas de suite, une autre candidature ayant été retenue. Hortense, Léocadie devait épouser Coilier, un veuf âgé de quarante-cinq ans. Le nom de Ducroquet (A. Ducroquet) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Ducroquet, Achille demeurait 13, rue de l’Université, chez sa mère ; sa mère, toujours 13, rue de l’Université en 1831 ; son père, à Hargicourt (Somme) en 1831. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 50 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 108 ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1834 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, une feuille volante avec la liste des ascendants du Xe arrondissement, idem dossiers individuels, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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