Dugied, Antoine
Biographie
Ancien officier. Il donnait les indications suivantes sur sa biographie : « Lors de la rentrée de Napoléon, je fus un des premiers qui prit la cocarde tricolore et que, m’étant fait remarquer, on m’ôta après les Cent-Jours un bureau de tabac, qui était le seul moyen d’existence que je possédais et que je partageais avec ma mère, qui avait alors soixante-quinze ans. Je restais pendant tout le temps du règne des Bourbons sans pouvoir obtenir un seul emploi. » Il sollicita la décoration de la Légion d’honneur en récompense de sa conduite en juillet 1830. Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, Joseph Douin (voir Douin, Joseph), comte de Montarlot, ancien aide-comptable aux armées, porteur d’un certificat signé de MM. Demou…eaux, L’Arpenteur (voir sans doute Larpenteur, artiste dramatique, peintre et sergent de la garde nationale, qui signe un certificat pour Douin Joseph), et M. Orange capitaine de l’état-major général de M. le général Lafayette, affirme et atteste que le sus qualifié est un combattant des mémorables journées de Juillet et qu’il était un des sept premiers braves Parisiens qui ont posé le drapeau tricolore à Versailles et qui ont contribué à l’arrestation d’un convoi de 25.000 rations de vivres et fourrage qui était destinées pour alimenter la garde royale. Lequel titre a été présenté à M. Marion, maire de Genlis, qui a vu par lui-même l’original, revêtu de la signature des ci-dessus dénommés et de M. Clausse, maire de la ville de Versailles. Sur la demande qui m’est faite par M. Antoine Dugied, ancien officier demeurant à Genlis, de déclarer par le présent l’opinion nationale qu’il a prouvée aux braves de Juillet lors des événements de Paris, je déclare que ce bon citoyen n’a rien craint pendant tout le cours de notre révolution pour prouver son esprit national, que dans la nuit du 28 juillet il s’est occupé à faire trente-six petits drapeaux tricolores et cocardes dont moi-même je l’ai aidé à confectionner cet ouvrage, et ce brave malgré le danger qui existait dans la capitale le 29 juillet, est allé au milieu du Pont-Neuf distribuer au public cet honorable signe de ralliement, que sortant de l’hôtel où il logeait il chantait sans crainte La Marseillaise et excitait de tous ses efforts le peuple à l’imiter. Ce brave a même contribué, comme combattant, à la délivrance de son pays opprimé et s’est offert à montrer l’exercice et manœuvre à un détachement de la garde nationale qui se réunissait tous les jours dans le jardin du Louvre et quoique les gardes offraient à ce brave instructeur des dons pour prouver leur reconnaissance, il s’est refusé à leur désir, en leur objectant qu’il ne leur avait prodigué des soins que pour témoigner le plaisir qu’il avait de pouvoir se rendre utile à son pays et aux vrais amis de la nation et aux soutiens de la charte. C’est à l’effet de prouver la vérité et rendre justice à un brave que je fais avec plaisir la susdite déclaration, dans mon passage à Genlis, le 13 décembre 1830. » Signé : Douin, Joseph (voir ce nom). Le maire de Genlis certifia exacte la déposition, ajoutant : « Le sus-désigné a encore, depuis deux mois et demi qu’il est à Genlis, rendu des services à la cause nationale, en se livrant avec zèle et activité à l’instruction d’un peloton de la garde nationale de la commune. » Il demeurait à Genlis (Côte-d’Or) en 1831. Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/79, dossier Côte-d’Or.