Duhaubois, Auguste, Amand

Biographie


Né vers 1798 à Caste (Belgique). Tailleur. En juin 1844, il sollicita un secours comme blessé de Juillet, non décoré et non porté sur le travail de la Commission des récompenses nationales. Il renouvela sa demande en 1847. Duhaubois n’étant pas connu comme combattant de Juillet, sa demande fut transmise au bureau des secours généraux. Ancien marchand tailleur en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, le 2 mai 1848, la lettre suivante à la Commission et dans laquelle il sollicitait un secours pécuniaire et une place de concierge ou de gardien d’un domaine national : « […] Prend très humblement la liberté de vous exposer que son courage n’a jamais démenti jusqu’à ce jour son patriotisme ; qu’il a servi dans les temps sous les drapeaux français de la garde impériale ; que, dans les mémorables journées de juillet 1830, il combattait rue du Roule, où il reçut un coup de sabre à la figure, ce qui ne ralentit pas son courage car, le lendemain (28), il a continué de combattre, dont le résultat fut pour lui un coup de feu au-dessus du genou droit ; qu’il fut rapporté chez lui dans un état désespéré, rue Saint-Honoré n° 91, et, y étant arrivé, il trouva son magasin, situé au rez-de-chaussée, transformé en ambulance, rempli de morts et de blessés [voir Costin, Paul sur les circonstances dans lesquelles s’établit l’ambulance]. Il fit donner des ordres pour faire panser les blessés et donna tout ce qu’il avait de linge et de serviettes, etc., et enfin tout chez lui était mis à disposition pour ce service, qu’il n’a jamais regretté, de tout quoi il n’a jamais demandé aucune récompense ; que cependant depuis ce temps, il perdit tout son avoir dans l’espace de quatre à cinq mois, qui était d’une importance pour lui de plus de soixante mille francs, par des malheurs dans son commerce, fruit de ses économies. Il s’en était encore consolé car il avait encore quelques années à travailler. Mais la nouvelle révolution, bien glorieuse de février 1848, étant arrivée, lui a réchauffé son zèle pour la liberté et, à ce sujet, il fit même au-dessus de ses forces car, dès le 23 février, il était dans les rangs du peuple à combattre et, le 24, il n’a pas quitté d’un instant les barricades ; et lorsque la victoire fut complète, il fut un des premiers à monter la garde à la Banque de France, avec le capitaine Darasse de la légion, qu’il connaissait pour être de son quartier. […] Il est sans travail depuis quatre mois et sans aucunes ressources et, surtout, souffrant de ses blessures, qu’une place sédentaire peut seule cicatriser. Il ajoute ici que, par suite de la révolution de 1830 ses pièces furent adressées au ministère de l’Intérieur, où elles sont encore aujourd’hui et gardées pour preuve de conviction et qu’à ce sujet on lui adressa, à titre de don gratuit une somme de cinquante francs […]. » En mars 1847, il avait déposé une demande de secours ; dans la réponse qui lui fut faite que sa demande avait été transmise au ministère de l’Intérieur, il était désigné comme « blessé, décoré de Juillet » (sous quel nom alors ?). Un billet d’escompte établissait sa signature, avec les témoignages de Viol, Jean-Baptiste, marchand de vins, demeurant 91, rue Saint-Honoré et de Chevalier, Louis, décatisseur, demeurant 91, rue Saint-Honoré. Plusieurs certificats attestaient qu’il avait combattu et avait été blessé en juillet 1830. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Duhaubois, demeurant rue Saint-Honoré, n° 91, restait dans la dite maison en 1830, lorsque la révolution a eu lieu du 27, 28, 29 juillet, ayant combattu pendant les trois journées, qu’en rentrant chez lui, blessé, il trouva son appartement [transformé] en une ambulance. » Signé, le 15 mars 1848 : Chanoine, concierge, demeurant 15, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Duhaubois, tailleur, demeurait dans les journées de juillet, 27, 28 et 29 de 1830, rue Saint-Honoré n° 91, et qu’il s’est battu pendant ces journées, pendant lesquelles il a été blessé place du Palais-Royal, le 29 d’un coup de feu à la jambe ; et qu’en rentrant chez lui il a trouvé son logement occupé par une ambulance. » Signé, le 15 avril 1848 : Payen, Henri, demeurant 16 bis, rue du Petit-Bourbon-Saint-Sulpice. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris et demeurant Palais-Royal 44, certifie avoir donné des soins à M. Amand Duhaubois, marchand tailleur, pour un coup de feu qu’il avait reçu à la partie externe et supérieure de la jambe droite, dans la mémorable journée du 28 (sic) ; que sa blessure, quoique peu grave, l’a cependant empêché pendant près de trois mois de se livrer à ses occupations ordinaires. » Signé, le 25 septembre 1838 : Hénoque, médecin. Plusieurs autres établissaient sa participation à la Révolution de Février. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Gibrin, François, certifie que je me suis trouvé avec le citoyen Duhaubois, les 23 et 24 février, rue Saint-Martin, près la rue Rambuteau, à combattre, et qu’il se trouvait là au moment où j’ai été blessé et qu’il m’a conduit au n° 95, même rue, sous la porte cochère, pour reprendre mes forces et de là à mon domicile, rue Courtalon n° 2, et en chemin faisant, une balle est venue lui traverser la casquette. » Signé, le 14 octobre 1848 : Gibrin, François, cuisinier, demeurant 2, rue Courtalon. Le second certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés certifient que le nommé Duhaubois a combattu dans les journées de Février, 22, 23 et 24, a resté constamment aux barricades de la rue Rambuteau et rue Saint-Martin et armé et qu’il a fait son devoir de citoyen. » Signé, le 12 octobre 1848 : Delmotte, Julien ; Duhamel, Auguste ; Delmotte, Clément ; Eustache. Il fut proposé par la Commission pour l’obtention d’une pension. Il était marié en 1848. Il demeurait 91, rue Saint-Honoré en 1830-1831 ; 12, rue de la Ferronnerie en 1848. Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 387 (parfois sous le nom de Duhautbois, Auguste, Alexandre ; il signe bien Duhaubois).

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