Dulin, Antoine

Biographie


Né le 27 novembre 1803 à Riom (Puy-de-Dôme). Chapelier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et dans lequel il donnait quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet, le 30 février 1848, la demande de secours suivante : « […] Fils de François Dulin, de Combronde (Puy-de-Dôme), cordonnier, lui et ses frères, mes oncles, condamnés à la peine de mort en 1815 par les cours prévôtales, je n’ai cessé depuis de suivre les principes de mon père, j’ai toujours voué aux monarchies la haine que leurs cruautés ont su inspirer à tout honnête homme. En 1830, j’étais le chapelier de la garde royale, où j’ai perdu vingt-deux mille francs, ce qui ne m’a pas empêché de prendre la cause du peuple et de contribuer, en combattant, à chasser cet infâme race des Bourbons. J’ai là-dessus les certificats les plus honorables à vous remettre si vous le désirez. J’ai combattu en juin 1832, dans les rangs républicains. Cette dernière et glorieuse victoire, qui vient de proclamer pour toujours la république, objet de tous mes vœux, ne s’est point passée sans que j’y prenne la part la plus active que j’ai pu. Rue Pont-aux-Choux, à la barricade, je l’ai défendue conjointement avec les citoyens Délourbet, Lorot, Dauphin, colonel de la VIIe légion, qui attesteront ce que j’ai fait. De là, à la barricade de la rue Rambuteau et rue Beaubourg, où je suis resté quarante-huit heures sans quitter. Tout ce service m’a occasionné une maladie, où j’ai failli y perdre la vie, que je donnerais s’il le fallait pour le triomphe complet de la république, quoique je sois père de cinq enfants et que toute ma fortune m’a été enlevée par les monarchies. Citoyen président, voici ma position. S’il entre dans les vues du gouvernement de récompenser les vieux serviteurs républicains, je vous prie de ne point m’oublier et de me venir en aide de votre protection, que vous avez déjà tant donnée aux vrais républicains. » Il ajoutait la précision suivante : il avait risqué sa vie en sauvant trois personnes d’un incendie, le 3 février 1848, et les journaux du 4 février s’en étaient fait l’écho, écrivait-il. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué et pour l’obtention d’un bureau de tabac, ce qui n’eut aussi sans doute jamais lieu. Le 21 avril 1850, il était décédé et un cousin de sa femme adressait la lettre suivante (le destinataire, Monsieur le président, n’est pas authentifiable, sans doute celui de la Commission des récompenses nationales) : « Antoine Dulin, chapelier, demeurant rue Rambuteau n° 33, s’est signalé comme garde national, combattant en février et juin 1848. Par suite de sa conduite, il fut compris dans le premier travail de la Commission des récompenses nationales et il déposa alors entre les mains de qui de droit toutes les pièces jugées nécessaires. Une maladie de poitrine occasionnée par les fatigues, inhérentes à des jours comme à des nuits pénibles, lui ayant imposé l’obligation de recourir à la médecine, il dut ne songer qu’à sa santé. Après huit mois de souffrances, il est mort le 24 février 1849, à l’âgé de quarante-quatre ans et laissant sans fortune une veuve et trois enfants mineurs. Dans la position fâcheuse où se trouve Mme Dulin, ma cousine, elle ose faire appel à votre obligeance pour savoir si son mari a été maintenu sur la liste définitive des personnes ayant droit à une récompense et, dans le cas où cela ne serait pas, pour connaître (sic) la marche à suivre afin d’obtenir la remise des pièces déposées. » Signé : Dulin, demeurant 50, rue de Provence. Il était marié et père de cinq enfants, dont trois enfants mineurs, en 1848. Il demeurant 33, rue Rambuteau en 1848. Archives de la préfecture de police AA 387.

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