Dumas, Jean-Louis, Antoine

Biographie


Né le 21 novembre 1803 à Paris, fils d’un ancien employé près les commissaires des guerres et décédé en 1824. Conducteur des travaux publics. Il décrivit ainsi sa conduite pendant les journées de Juillet, auprès de la Commission des récompenses nationales : « […] Il prit part aux affaires des trois journées mémorables comme chef de peloton. Le 27, dans les rues Saint-Honoré et autres, le 28, il fit désarmer le poste de la manufacture de tabac, celui de la batterie des Invalides ; il resta un des derniers de ceux qui défendirent le pont des Invalides. Il passa la nuit au poste de la barrière d’Enfer. Le 29, il fut à la prise du Louvre et de là à la caserne de Babylone, d’où il partit pour le château des Tuileries. Le 30, il eut le commandement du poste de la barrière des Fourneaux, où il resta jusqu’au 3 août. Il reprit celui de la barrière de Vaugirard jusqu’au 5 août. Ensuite il se joignit sous les ordres de M. Bocher-Duplessis, alors commandant la barrière de l’Ecole. Il y resta comme sergent-major jusqu’au 19 août inclus. Conjointement avec lui et le nommé Lisbonne ; ils coopérèrent à la restitution d’effets et équipements militaires, qu’ils remirent à l’Ecole militaire et dont M. Bocher Duplessis a tiré reçu. » Son dossier comprenait plusieurs certificats (absents aux Archives parce que confiés à Briquet, avocat, demeurant 3, rue des Deux-Boules) : Labillois, ancien officier, demeurant à Vaugirard, certifiait que Dumas s’était conduit en brave dans les trois journées de Juillet ; Dequevauvillers, colonel provisoire de la Xe légion de la garde nationale, certifiait que Dumas s’était conduit, dans le mois d’août, avec beaucoup de fermeté et de courage, en coopérant à la restitution des objets volés à l’Ecole militaire ; Bocher-Duplessis, chef de poste de la barrière de l’Ecole, certifiait que Dumas s’était conduit d’une manière remarquable et digne d’éloges, en qualité de sergent ; Le comte de Daudifray, directeur général de la douane, certifiait, sur le rapport de Dutraigneau, chef de division, que Dumas avait rendu les plus grands services à la douane en aidant à maintenir les droits du Trésor et de la Ville ; Soumet, capitaine du génie, rendait hommage à la belle conduite de Dumas pour empêcher la dévastation de l’Ecole militaire ; Lefebre, chirurgien major attestait que Dumas l’avait aidé de tout son pouvoir dans le pansement des blessés portés à son ambulance et qu’il volait partout où il y avait du danger ; Bichet, entrepreneur de terrasses, faisait le plus grand éloge de sa moralité et de son intelligence dans la conduite des travaux qu’il lui avait confiés. Il reçut un total de deux cent soixante francs de secours auprès de la sous-préfecture de Sceaux. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la sous-préfecture de Sceaux. Il sollicita un emploi de courrier de la malle-poste ou quelque autre. Son dossier est apostillé de la mention manuscrite suivante : « N’était pas à Paris, dit-on, puisqu’il habitait Vaugirard. » Il signa, comme sergent du poste de la barrière de l’Ecole militaire, le certificat signé par Bocher-Duplessis (voir Bocher-Duplessis, Michel, René), commandant la barrière de l’Ecole militaire, en faveur de Girardeau, Jean-Baptiste ; ce certificat était ainsi rédigé : « Je certifie que M. Girardeau, Jean-Baptiste a fait volontairement le service au poste de la barrière de l’Ecole militaire du 30 juillet au 18 août inclus, qu’il a coopéré à la restitution des effets dérobés à l’Ecole militaire et que je n’ai eu qu’à me louer de son zèle et de son activité tout le temps qu’il est resté avec moi. » Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il apostilla comme « sergent la barrière de l’Ecole militaire » la demande que présenta au roi Lefebvre, Joseph, le 30 juillet 1831, afin d’obtenir la décoration de Juillet. Il signa, le 5 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Dreveaux, Jean, Henry, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le sieur Jean, Henry Dreveaux, domicilié à Javelle chez M. Salmon, était avec nous à la Grève le 28 juillet 1830, où il s’est comporté avec zèle et intrépidité pour la défense sacrée de la liberté, qu’il nous a suivis à la prise de Babylone et de l’Ecole militaire, où il fut un des premiers à s’emparer de la pièce de canon et à la conduire à Vaugirard, en conservant le même courage et n’a cessé de faire preuve des sentiments d’un bon patriote. » Il signa, le 18 août 1831, le certificat suivant en faveur de Vallée-Hautmesnil, Paul, Adolphe, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, domiciliés tant à Paris qu’en la commune de Vaugirard, certifions que M. Paul, Adolphe, Valéée Hautmesnil, âgé de vingt-quatre ans, horloger, demeurant à Vaugirard, rue de l’Ecole n° 29, a pris une part active aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; qu’il s’est constamment trouvé avec nous sur les lieux où le danger était le plus imminent et qu’il n’a déposé les armes que lorsque le triomphe de nos libertés a été assuré. Nous certifions en outre qu’il nous a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne ferait aucune réclamation auprès du gouvernement parce qu’il ne voulait point d’une récompense pécuniaire ; nous verrions avec le plus grand plaisir le courage et le désintéressement de ce citoyen obtenir la distinction honorifique qu’il a si bien méritée. » Il comparut, le 25 mai 1831, avec neuf autres accusés, devant la cour d’assises de la Seine, pour des troubles qui eurent lieu, le 15 février 1831, au moment du pillage de l’archevêché, et au cours desquels un poste de la garde nationale fut enlevé et un poste de la troupe de ligne, attaqué. Les autres accusés étaient : Chinouffre, Charles (voir ce nom), né en 1802, ancien membre du jury de la Commission des récompenses nationales ; Broissin, René, Emile, né vers 1801, ancien militaire, compromis dans le complot de Bidassoa en 1823 ; Sciard, François, Victor, né vers 1797, avocat ; Durand, François, né vers 1811, ouvrier corroyeur, tambour dans la IIIe légion de la banlieue ; Lepage, Jean, Bernard (voir ce nom), né vers 1803, ouvrier sur les ports, décoré de la médaille de Juillet ; Lelièvre, Antoine (voir ce nom), né vers 1806, décoré de la croix de Juillet, coiffeur et tambour de la garde nationale de Vaugirard ; Delachambre, Louis, né vers 1791, ouvrier serrurier ; Maillin, Alphonse, Fidèle, Marie, né vers 1803, contremaître chapelier ; Charny, Pierre, né vers 1807. L’acte d’accusation, après être revenu sur le récit de la dévastation de l’archevêché et sur les troubles du pont de l’Archevêché et de la rue Bellechasse, continuait en ces termes : « Le même jour, 15 février, cent cinquante jeunes gens, paraissant être en partie des étudiants, venant du côté de l’Odéon, traversèrent la place de l’Ecole-de-Médecine, passèrent par la rue Hautefeuille ; à leur tête étaient deux ou trois individus en uniforme d’artilleurs de la garde nationale et d’autres en bourgeois, armés de sabres et de pistolets ; arrivés sur la place Saint-André-des-Arts, ils s’avancèrent vers le corps de garde, placé à l’entrée de la rue du Cimetière-Saint-André-des-Arts ; sur les dix gardes nationaux composant le poste, six étaient allés dîner. M. Cardinal (voir Cardinal, Bernard, Alexandre, François ou son fils, Cardinal, Louis, François, Charles), caporal, se trouvait dans le corps de garde, et M. Devéria [peintre de son état, N.D.A] étaient en faction ; M. Legrand et Delmont se promenaient sur la place. Les jeunes gens ne parurent pas d’abord avoir d’intentions hostiles ; mais quand ils furent près du factionnaire, ils s’écrièrent Vive la liberté ! il nous faut vos armes ! M. Devéria, entouré subitement, se vit arracher son fusil. MM. Delmont et Legrand avaient couru prendre leurs armes ; mais le premier fut saisi par plusieurs individus qui le poussèrent contre le mur, un pistolet sur la poitrine ; il reçut sur la main un coup violent qui lui fit lâcher son fusil, qu’on lui enleva, ainsi que son sabre ; les six fusils des absents furent enlevés malgré la résistance du caporal Cardinal, qui fut maltraité par cinq à six personnes. Quant à M. Legrand, il feignit de suivre volontairement les agresseurs, et d’embrasser leur parti, son arme lui fut laissée ; il marcha quelque temps avec la troupe, qu’il abandonna à la première occasion. Plusieurs individus chargèrent leurs armes sur la place même ; l’un d’eux enleva le drapeau du corps de garde, et ils partirent en criant Allons au Petit-Pont désarmer le poste. Ils se dirigèrent effectivement par la rue Saint-André-des-Arts et suivirent le quai Saint-Michel. Ils étaient alors vingt à vingt-cinq individus armés. Arrivés vers le milieu du quai Saint-Michel, ils rencontrèrent M. Peulvé (voir Peulvé, Stanislas), garde national à cheval, en uniforme ; on l’entoura en criant : A leau ! voici un gendarme ! Tu ne vas pas sans doute nous charger comme tu las fait dans la rue de Grenelle, dit un des individus qui se trouvaient dans le groupe ; on lui arracha son sabre avec la dragonne en or, et on ne le quitta que lorsque la troupe, arrivée du Petit-Pont se mit en mesure de marcher sur le poste. Ce poste était composé de huit grenadiers du 19e régiment de ligne, commandés par le sergent Balay ; ce sous-officier, pour rendre la lutte qu’il prévoyait, moins inégale, fit retrancher la troupe dans le corps de garde et se prépara à soutenir un siège ; le factionnaire fut entouré et désarmé malgré ses efforts. Un des individus qui figuraient dans le rassemblement s’écria Vive la ligne ! il faut nous livrer vos armes ! et sur le refus du sergent, un cri s’éleva Vos armes ou la mort ! Alors plusieurs individus s’approchèrent de la porte et se mirent en devoir de l’enfoncer à coups de crosse, tandis que plusieurs autres, ayant cassé les carreaux, menaçaient les soldats de leurs pistolets. Cependant M. Mallesaigne, sous-lieutenant de la garde nationale, qui se trouvait avec une partie de sa compagnie dans la rue Neuve-Notre-Dame, ayant appris cette attaque, s’y transporta aussitôt. A l’arrivée de ce renfort, une partie des assaillants s’écarta, le poste sortit et se forma en bataille devant le corps de garde ; le sergent Lefèvre arracha un fusil chargé à l’un des assaillants ; Lelièvre et Lepage furent saisis près du poste, ayant chacun un fusil chargé. Le sous-lieutenant Mallesaigne s’avança avec les gardes nationaux du côté de la rue Saint-Jacques ; arrivé au milieu du Petit-Pont, il vit en face de lui trois individus vêtus en artilleurs, et deux jeunes gens armés de fusils et de pistolets, qui, en s’éloignant, se retournèrent plusieurs fois en les couchant en joue, puis enfin firent une décharge de trois coups de fusil et deux coups de pistolet qui ne portèrent pas ; ces individus prirent aussitôt la fuite. M. Biffi, garde national, arrivant par le quai Saint-Michel, vit au coin du pont un homme qui à trois pas à peu près lui tira un coup de fusil, dont la bourre noircit sa buffleterie, mais qui ne l’atteignit pas ; M. Biffi mit aussitôt le sabre à la main, poursuivit l’agresseur, l’atteignit au coin d’une rue, le frappa d’un coup de sabre sur les reins, et s’empara de lui avec le secours du grenadier Renard ; cet homme est le nommé Delachambre, il avait jeté en fuyant son fusil à terre ; un voltigeur le ramassa, et il n’a pu être retrouvé. M. François, garde national, étant du côté de la rue Saint-Jacques, aperçut un homme en redingote et en chapeau rond, qui allait tirer dans la direction du Petit-Pont ; il lui présenta la pointe de son sabre, et l’homme abandonna le fusil qui était chargé à balle ; depuis il a été reconnu pour un de ceux enlevés au poste de la rue du Cimetière-Saint-André-des-Arts ; il n’était pas chargé au moment où il fut enlevé. » Plus précisément, les charges retenues contre Dumas étaient ainsi précisées : « Dumas a également fait partie du rassemblement ; il s’y trouvait quand le sabre du sieur Peulvé a été enlevé, et quand ce sabre a été retrouvé chez un marchand de vin, où Dumas l’avait déposé, la dragonne en or avait disparu ; l’accusation prétend qu’elle a été vendue par Dumas. » Il comparaissait en conséquence sous l’accusation d’avoir « le 15 février, en réunion armée de plus de vingt personnes, commis au poste de la garde nationale, rue du Cimetière-Saint-André-des-Arts, une attaque avec violence et voies de fait envers la force publique, agissant pour l’exécution des ordres de l’autorité publique, […] d’avoir, le 15 février, commis, en bande et à force ouverte, au poste de la garde nationale, rue du Cimetière-Saint-André-des-Arts, le pillage d’armes et propriétés mobilières appartenant à autrui, […] d’avoir coopéré au vol d’un sabre ou d’avoir recelé l’objet volé, sachant qu’il provenait de vol, […] d’avoir en réunion armée de plus de vingt personnes, commis au poste du Petit-Pont une attaque avec violences et voies de fait envers la force publique agissant pour l’exécution des ordres de l’autorité publique, […] d’avoir conjointement et avec violence étant porteur d’arme, soustrait frauduleusement le fusil du grenadier Lescot. » Il comparut devant le tribunal, porteur de sa décoration de Juillet. Dumas affirma qu’il avait rencontré le rassemblement dans la rue Hautefeuille « et comme on avait voulu lui prendre son sabre, il avait mieux aimé marcher avec eux que d’abandonner son arme ». Au cours de l’audience la plupart des témoins déposèrent que les accusés soient n’étaient pas sur les lieux soit qu’ils y étaient sans arme ou inoffensifs, et ne reconnurent personne parmi les accusés. L’affaire tourna au fiasco pour l’accusation, et selon la Gazette des tribunaux : « Les réponses du jury ayant été affirmatives sur les faits généraux mais négatives sur chacun des accusés, ils ont tous été acquittés. Quand l’audience a été levée, de vifs applaudissements se sont fait entendre. Pendant la délibération, une quête faite au profit de Delachambre et Lelièvre a produit soixante-dix francs. La cour y a contribué. La plupart des témoins ont abandonné, au profit de ces malheureux, le montant de leur taxe. » Il prêta son serment et reçut sa croix le 23 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il est sur une liste de décorés parmi lesquels le préfet de la Seine devait choisir quarante-huit décorés, pour composer la délégation de décorés qui devaient assister, le 27 juillet 1831, aux cérémonies commémoratives de la révolution, qui eurent lieu à la Bastille puis au Panthéon. A la fin de décembre 1831, il adressa avec Lelièvre (voir Lelièvre, Antoine, ou Lelièvre, Nicolas, ou Lelièvre, Pierre, Ernest, fils cadet, ou Lelièvre, Pierre, François, Rémy ? à retrouver) une circulaire aux décorés de la banlieue pour les engager à se rendre dimanche 1er janvier 1832, chez le sieur Serre, traiteur à Beau-Grenelle, « à l’effet d’aller présenter ses respects à Sa Majesté ». Il était père de famille en 1830. Il fut sous-officier au 2e régiment d’infanterie de ligne et fut congédié le 31 décembre 1838. Il sollicita pourtant des secours en 1837, dans l’attente d’une réponse à une demande qu’il avait faite d’entrer dans l’assainissement de la Ville de Paris ; il reçut un secours de cinquante francs. Il sollicita des secours en 1839, et le 14 juillet 1839, son nom est sur une liste, établie par le sous-préfet de Sceaux, pour l’attribution de secours à l’occasion des fêtes commémoratives de la révolution, de « décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement ». Il était alors courtier d’assurance contre l’incendie et l’observation suivante était inscrite en face de son nom : « Vingt-neuf ans (sic), deux enfants fort jeunes. Bonne conduite. Fait bien son service de garde national. » Il reçut deux secours de vingt francs en 1839, un secours de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, sa fiche de police précisait sur son compte : « Il a été condamné à cinq ans de prison pour escroquerie en matière d’assurance. Sa femme, blanchisseuse à la journée, est dans la plus grande misère. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841, un secours de vingt-cinq francs en 1842. En 1843, « ancien sous-officier, […] détenu au pénitencier de Poissy, sa captivité a plongé dans la misère une femme et des enfants dont il est le soutien unique. La bonté paternelle du gouvernement lui a tenu compte deux fois déjà depuis qu’il est sous les verrous de sa part de l’indemnité annuelle accordée aux décorés de nos trois glorieuses journées. En juillet 1842 et 1843, la malheureuse famille du soussigné a vu ses besoins adoucis par la somme que votre prédécesseur et vous lui avaient allouée. La faute commise par le soussigné n’est pas de la nature de celles qui déshonorent une homme sans retour, sa conduite dans la maison où il est détenu, qui lui a donné droit d’être porté au tableau soumis à la clémence royale, mais surtout, monsieur le ministre, l’état précaire de ses enfants qui n’a pu céder à l’envoi qu’il leur fait mensuellement du produit de son travail, l’engagent à vous implorer cette dernière fois. Il espère que vous daignerez faire remettre à son épouse (Marie, Denise, Savart, femme Dumas, blanchisseuse à Grenelle, banlieue, bd de l’Eglise n° 9), cette part d’indemnité qu’il considère plutôt comme un bienfait que comme une récompense du peu qu’il a pu faire pour son pays et la liberté […]. » En 1844, père de famille, il sollicita un secours. Il sollicita, le 4 août 1848, devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février l’admission de son fils, Alexandre, né le 9 août 1829 à Paris, maçon, à l’Ecole de cavalerie de Saumur, pour la part qu’il avait prise aux journées de Février. Dans sa demande, il se disait « ancien militaire […] sans pension ni retraite » et précisait : « […] Parti sans armes, comme ses nombreux camarades, il en a rapportées, et son père les conserve comme témoins et glorieux souvenirs de la liberté et de l’indépendance de sa patrie. Le père et le fils, à diverses époques où leur liberté se trouvait menacée, ont combattu pour la véritable indépendance. Il demande à la sagesse et aux principes du gouvernement actuel de ne pas le confondre parmi les nombreux réclamants. Il est jeune et fort, son bras nerveux a été, sera toujours à son pays. » Sa demande était apostillée des signatures de : Bègue, lieutenant dans la garde nationale ; Roiron, Théodore, capitaine en second de la 4e compagnie ; Payen (voir Payen, Anselme) ; Bert, sous-lieutenant et secrétaire ; Lortal, sergent-major, maître de pension ; Gerard ; Duvauchet, sergent fourrier du bataillon de Grenelle. Le certificat suivant était joint à la demande : « Nous, soussignés, habitants de la commune de Grenelle, attestons et certifions à qui appartiendra que le nomme Dumas, Alexandre, âgé de dix-huit ans et demi, fils de Jean-Louis, Antoine Dumas, décoré de Juillet, détenu et condamné politique (ça veut dire quoi ?), marchand revendeur, 78, rue Croix-Nivert à Grenelle, est de bonnes vie et mœurs, que ce jeune citoyen appartient à la garde nationale mobile, 19e bataillon, 4e compagnie. » Signé, le 4 août 1848 : Lefebvre, membre du conseil municipal ; Payen (voir Payen, Anselme) ; Lortal, sergent-major, maître de pension ; Bert, sous-lieutenant et secrétaire ; Gerard ; Duvauchet, sergent fourrier du bataillon de Grenelle ; Vallée-Hautmesnil, chef de bataillon, commandant en second à la IIe légion de la garde nationale de banlieue ; Roiron, Théodore, capitaine en second de la 4e compagnie ; Bègue. La demande fut rejetée par la Commission. En faveur de Meunier, Alfred dit Champagne, il signa deux certificats en sa faveur pour faire reconnaître ses droits devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Le premier, le 28 mars 1848 et comme décoré de la croix de Juillet : « Je, soussigné, déclare que le nommé Meunier, Alfred dit Champagne a pris une part active dans les trois mémorables journées de juillet 1830, qu’il ne m’a pas quitté dans les trois postes que j’ai commandés, situés barrière des Fourneaux, barrière de Vaugirard, le dernier barrière de l’Ecole où j’ai rendu le poste le 19 août 1830 aux gardes nationaux du (ancien) Xe arrondissement. Le présent certificat est pour lui servir et valoir au besoin, pour rendre hommage à la vérité et comme une marque particulière de mon estime pour ce citoyen. » Le second, aussi le 28 mars 1848 et comme « décoré et blessé de Juillet, détenu politique, marchand revendeur » : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Meunier, Alfred, ancien combattant de juillet 1830 sans récompense, a, le 23 février 1848, pris une part active au mouvement, en faisant élargir les prisonniers de la prison de l’Abbaye, en exposant sa vie à la barricade. Le 24, à 11 heures, il a, sur la place du Carrousel, fait preuve d’un rare courage et distribué des vivres à ceux qui combattaient avec lui et ensuite est entré au palais des Tuileries afin d’empêcher autant que possible le pillage. Il y passa la journée. On ne saurait trop recommander ce citoyen, que la timidité laisse dans une position fâcheuse. Il est ancien sous-officier de 30e de ligne et a fait une partie des campagnes d’Afrique. » En 1849, les renseignements de police rapportaient sur son compte : « […] Il est brocanteur en boutique. Il doit deux termes, quoique l’on pense qu’il ait gagné quelque argent lors du rachat des fusils de la troupe après Février. Il paraît avoir beaucoup modéré ses opinions politiques. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1850, il sollicita des secours et reçut deux secours de cinquante francs en 1851. Il demeurait 15, rue Jean-Jacques-Rousseau en 1830 (sur la couverture de son dossier in Archives de Paris VK3 43) ; 14, rue Frémicourt à Grenelle en 1830-1831 (par exemple dès septembre 1830, quand il fait parvenir une lettre à la Commission et in Archives de Paris VK3 37 sur le registre de la mairie) ; 11, rue Fondary à Grenelle en 1837 ; 27, rue de la Croix-Nivert en 1839 ; 5, rue de la Croix-Nivert en 1841 ; au pénitencier de Poissy, et sa femme 9, bd de l’Eglise en 1843 ; 6, rue Mademoiselle à Grenelle en 1844-1848 ; 78, rue Croix-Nivert en août 1848-1849 (in Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Meunier, Alfred dit Champagne, il y a les deux adresses 6, rue Mademoiselle à Grenelle et 78, rue de la Croix-Nivert à Grenelle) ; 80, rue de la Croix-Nivert en 1850-1851. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux ; Archives de Paris VK3 13, lettres en dates des 26 et 27 décembre 1831 ; Archives de Paris VK3 37, Décorés de Juillet pour la députation, liste de quarante-huit citoyens qui ont été désignés par le sort pour les cérémonies du Panthéon et de la Bastille, idem état des décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement, idem état nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 43 ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Girardeau, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/62 in dossier Lefebvre, Joseph ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Dreveaux, Jean, Henry ; Archives de la préfecture de police AA 387 ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Meunier, Alfred dit Champagne ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vallée-Hautmesnil, Paul, Adolphe ; Gazette des tribunaux, 27 mai 1831 ; Gazette des tribunaux, 28 mai 1831 ; Gazette des tribunaux, 29 mai 1831.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.