Dumergue, Ignace

Biographie


Né le 11 germinal an VI à Treignac (Corrèze), fils de Dumergue, Etienne, maréchal-ferrant, et de Meyzand, Marie, son épouse. Garçon maçon. Il se battit le 28 juillet au matin à l’hôtel de ville, monta sur le bâtiment pour en arracher le drapeau blanc et y substituer des rubans qui formaient le drapeau tricolore. En arrachant le drapeau, il se blessa et eut sa main tout ensanglantée. Il battit ensuite longtemps le tocsin puis, vers 14 heures, se rendit à la mairie du IXe arrondissement, armé d’un sabre. Là, un jeune homme lui donna un fusil. Dumergue sortit aussitôt et ne cessa de se battre dans la rue Saint-Antoine avec un « courage remarquable », selon un certificat de notoriété. Le 29, il sortit de son domicile dès 9 heures du matin, se rendit à la caserne de l’Ave-Maria, prit une caisse dont il se servit pour, en qualité d’ancien tambour, battre la charge, les manches retroussées jusqu’aux coudes et l’air déterminé ; Puis soit il alla dans la rue Saint-Honoré au coin du passage des Quinze-Vingts, où, atteint d’une balle dans le ventre, il expira presque aussitôt ; soit, plus vraisemblablement, au moment où les combattants se précipitèrent dans les appartements du Louvre, malgré l’ordre qui fut donné de se garer, il se précipita en battant la charge pour monter les escaliers le premier et fut tué par une décharge de fusil. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Les certificats suivants établissaient les conditions de son décès. Le premier certificat, ainsi rédigé : « En présence de M. Lourdereau (voir Lourdereau, Jacques, Auguste, Alexis), marchand de vin, quai des Ormes n° 62 et de M. Verdier, épicier, quai des Ormes n° 62, le sieur Dupuis (voir Dupuis, Jacques ? à condition quil ne sache pas signer.. oui Dupuis Jacques ne sait pas signer), maçon, témoin du décès du sieur Dumergue, […] ne sachant signer, fait la déclaration suivante : Le 28 juillet 1830 avoir vu le sieur Dumergue, le matin se battre à l’Hôtel de ville avec le courage d’un brave défenseur, l’avoir vu ôter le drapeau blanc, dont il s’est fait une forte cicatrice au doigt en l’ôtant. Ensuite l’avoir vu remettre des rubans qui formaient le drapeau tricolore. Ensuite l’avoir vu sonner le tocsin très longtemps. Après il s’est rendu à la mairie du (ancien) IXe arrondissement, avec un sabre. Il était 2 heures après midi environ. Là, un jeune homme donna au sieur Dumergue un fusil et, sorti aussitôt avec son fusil et son sabre, il n’a cessé de se battre rue Saint-Antoine avec un courage remarquable. Le 29 suivant, l’avoir vu devant le Louvre avec une caisse, en qualité d’ancien tambour, qui battait la charge, comme un déterminé, les manches de sa chemise retroussées jusqu’aux coudes. Au moment de nous précipiter dans l’escalier pour monter aux appartements, nos chefs nous ordonnent de nous garer ; le sieur Dumergue, intrépide, n’a pas obéi, s’est précipité en battant la charge pour monter les escaliers le premier ; à l’instant une décharge s’est faite sur lui et l’a tué. Je déclare, moi Lourdereau, principal locataire du sieur Dumergue, lui avoir prêté deux francs pour acheter des rubans pour faire un drapeau tricolore pour remplacer le blanc qu’il venait d’ôter. » Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir rencontré le sieur Dumergue le 29 juillet 1830 entre midi et 1 heure battre le rappel rue de la Mortellerie, se dirigeant du côté du Louvre, ayant les manches retroussées jusqu’au coude, en engageant tous ceux qu’il rencontrait à le suivre et ne point l’avoir revu depuis. Je certifie en même temps tous les détails donnés par M. Lourdereau, comme témoin. » Signé, le 12 juillet 1831 : Verdier, épicier, demeurant 60, quai des Ormes. Le 11 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Verdier, Jean, marchand épicier, demeurant 60, quai des Ormes ; Lourdereau, Jacques, Auguste, Alexis (voir ce nom), marchand de vin, demeurant 62, quai des Ormes ; Quéroy, Martial, peintre en bâtiment, demeurant 66, quai des Ormes ; Benoit, Nicolas, Joseph, marchand de vin, demeurant 66, quai des Ormes. Ils certifièrent avoir parfaitement connu Dumergue, Ignace et savoir « que les 28 et 29 juillet dernier il n’a cessé de prendre part aux affaires qui ont eu lieu entre les citoyens et la troupe ; qu’il est un de ceux qui le 28 juillet est monté sur l’Hôtel de ville pour en arracher le drapeau blanc et y substituer le drapeau tricolore, que le sieur Lourdereau, l’un des déclarants, l’a vu dans ce moment la main blessée et ensanglantée, qu’il lui a donné deux francs pour acheter le drapeau tricolore qu’il allait placer ; que le lendemain 29 il est encore sorti de son domicile sur les 9 heures du matin, qu’il est allé à la caserne de l’Ave-Maria, qu’il y a pris une caisse, que s’en étant couvert il s’est porté dans la rue Saint-Honoré au coin du passage des Quinze-Vingts, où il a été atteint d’une balle dans le ventre, où il est expiré presque sur-le-champ ». Il laissait un père, Dumergue, Etienne (pas vu son nom sur les listes du Bulletin des lois mais il est bien in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831), né le 15 octobre 1773 (mais le 15 octobre 1774 in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831) à Treignac (Corrèze), veuf de Meyzand, Marie, qui fut pensionné et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 18 germinal an illisible à Treignac. Sur l’acte de mariage, Dumergue, Etienne est indiqué comme maréchal-ferrant, comme fils de feu Dumergue, Antoine lui aussi maréchal-ferrant et de feue Mazoureix, Cécile ; Meyzand, Marie est indiquée comme fille de Meyzand, Jean et de feue Lafont, Marianne ; Meyzand, Marie devait mourir le 15 prairial an XII à Treignac. Il laissait une veuve Lemonnier ou Monnier (pas vu son nom sur les listes du Bulletin des lois ; mais Monnier, Marie-Madeleine, Victoire in Archives nationales F/1dIII/36), Victoire, née le 13 février 1789 à Orléans (Loiret), fille de Monnier, Toussaint et de Villette, Marie, Françoise, Victoire, journalière ou ravaudeuse, qu’il avait épousée le 2 février 1824 à la mairie du XIIe arrondissement de Paris, qui fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il n’avait pas d’enfant. Le nom de Dumergue (I. Dumergue) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Il demeurait 62, quai des Ormes ; sa veuve, toujours 62, quai des Ormes en 1831 ; son père à Treignac en 1831. Voir Callenge. Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 50, p. 98 pour la veuve ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106-107 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (30 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, veuves et ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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