Dumont, Léonard
Biographie
Né le 24 juin 1814, fils d’un employé dans l’octroi et qui totalisait trente années de service dans l’administration de l’octroi. Employé. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, la lettre suivante à la Commission : « A seize ans, j’ai eu part à la révolution de juillet 1830 et je n’ai sollicité d’autre récompense que celle de servir mon pays. Le 7 septembre de la même année, j’entrais comme volontaire dans le 1er régiment de hussards, que je quittai après un congé avec le grade de sous-officier. Les mémorables événements de Février m’ont retrouvé animé du même esprit qu’en 1830 et dans les journées des 23 et 24 février j’ai puissamment secondé, de tous mes efforts, le mouvement révolutionnaire qui a emporté le trône de Juillet. Ma coopération la plus active a été à la barricade du poste du Château-d’eau, au Palais-National (lire Palais-Royal, N.D.A.), ainsi que l’attestent les certificats ci-joints. Chargé de famille, sans fortune et sans emploi, je n’ai d’autre espoir qu’en votre bonté et votre justice […]. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous attestons que, le 24 février, étant à la barricade de la rue de Valois, en face de poste du Château-d’eau, nous avons vu le citoyen Dumont, ex-hussard, combattre énergiquement avec le peuple contre la troupe retranchée dans ledit poste et qu’il n’a cessé de faire feu que lorsque l’incendie a contraint les soldats de se rendre. » Signé, le 28 février 1848 : Leullier ; Baptiste, ouvrier aujourd’hui garde mobile. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le 24 février au soir j’ai vu le citoyen Dumont, ancien fourrier de hussards, revenant de Paris, armé, les mains et la figure noircies de poudre, en combattant pour la prise du Château-d’eau Palais-Royal. Il cherchait après son père, qui habite les Ternes, et m’a demandé si je ne l’avais pas vu […]. » Signé, aux Ternes, le 1er juin 1848 : Cauchois illisible, commissionnaire de roulage, demeurant 29, vieille route de Neuilly, porte-drapeau du 10e bataillon de la garde nationale de banlieue. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Jean-Marie Duroui, opticien, demeurant boulevard Saint-Denis n° 6, certifie que le citoyen Dumont, ex-fourrier d’hussards, était dans la journée du 24 février à la barricade de la rue de Valois, Palais-Royal, et que je l’y ai vu combattant contre le poste du Château-d’eau du Palais-Royal. » Signé, le 29 février 1848 : Duroui, Jean-Marie, demeurant 6, bd Saint-Denis. Il fut proposé par la Commission pour un emploi de contrôleur ambulant de l’octroi de Paris. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 11, rue du Château-Rouge en 1848. Archives de la préfecture de police AA 387.