Dumort des Teurtres, Pierre, Louis

Biographie


Professeur et propriétaire au hameau des Teurtres dans la commune de la Feuillie (Seine-Maritime), il écrivit, le 11 septembre 1830, au président de la Chambre des députés, pour qu’il suppliait le roi « d’ordonner que les restes précieux des braves défenseurs de la liberté morts dans les mémorables journées de juillet 1830 et enterrés sur le champ de bataille dans différents endroits de la capitale en soient extraits pour être transférés et déposés soit au Père Lachaise ou à tout autre lieu, avec tous les honneurs que leur doit la patrie reconnaissante ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement (sous le seul nom de Dumort, Pierre, Louis sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Dumort, Pierre, Louis), auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Le 3 août 1831, il faisait parvenir la lettre suivante au ministère de l’Intérieur : « Monsieur le ministre,

»J’ai lu dans le Moniteur du 31 juillet qu’un sieur Daloyau avait été condamné à six mois d’emprisonnement pour port illégal du ruban bleu liséré rouge, attendu qu’il n’était décoré ni de la croix ni de la médaille de Juillet.

»D’après cet article, il me paraît évident que le sieur Daloyau n’aurait été passible d’aucune condamnation s’il eût été décoré de la médaille de Juillet.

»Je me trouve dans ce dernier cas, monsieur le ministre, et je porte à la boutonnière le ruban bleu liséré rouge. Tous les médaillistes, à quelques exceptions près, le portent aussi. Je vois donc avec plaisir que malgré l’ordonnance qui fixe le ruban tricolore pour la médaille, l’autorité ne s’y oppose pas, par cette raison sans doute judicieuse que tous les citoyens français sans autre distinction quelconque peut se parer des couleurs nationales sans contrevenir à aucune loi ni règlement de police.

»Il serait donc bien fâcheux pour les décorés de la médaille que la manière dont j’interprète l’article du Moniteur ne fût point en harmonie avec l’autorité et qu’il entrât dans ses intentions, ce que je ne puis croire, de défendre aujourd’hui ce qu’elle n’a pas cru devoir empêcher jusqu’à présent et notamment le 27 juillet à ceux des médaillistes qui faisaient partie de la députation qui a eu l’honneur d’accompagner le roi à la Bastille et au Panthéon.

»D’ailleurs les hommes de Juillet n’ont-ils pas partagé les mêmes dangers, n’ont-ils pas combattu pour la même cause, leurs noms ne sont-ils pas également inscrits dans le Moniteur… Si la Commission des récompenses nationales a cru devoir établir deux distinctions ne serait pas injuste de vouloir aussi établir deux couleurs pour une décoration qui doit être la même.

»Je suis persuadé, monsieur le ministre, que vous apprécierez la justice et l’importance de ma réclamation et que vous voudrez bien, dans l’intérêt des décorés de Juillet, y faire droit.

»J’ai l’honneur, etc. »

Il demeurait 12, rue de la Tâcherie en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement et lettre en date du 3 août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/82 et aussi état des personnes résidant dans l’étendue du (ancien) IXe arrondissement de Paris, qui ont obtenu la médaille de Juillet et auxquelles, à l’occasion des trois journées de Juillet, il a été accordé une somme de vingt-cinq francs (sous le seul nom de Dumort, Pierre, Louis).

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