Dunaime, Charles
Biographie
Né le 22 décembre 1808 à Ypres (Nord). Peintre. Frère de Dunaime, Jules et neveu d’Etienne, Charles, Guillaume, député de la Meuse. Il était, avec son frère, porteur de nombreux certificats. Le premier était ainsi rédigé : « Je me plais à déclarer que messieurs Dunanne (sic) frères, nos voisins pendant nos mémorables journées se sont fait remarquer dans le quartier par leur patriotisme. Le jour, je les ai vus marcher à la tête des groupes armés qui se dirigeaient sur les différents points où l’on combattait, lire les proclamations au peuple et donner le meilleur exemple ; la nuit, je les ai vus faire des barricades, recevoir les citoyens dans leur chambre, où l’on fondait des balles pour charger les armes. » Signé Bridault aîné, demeurant 35, rue du Faubourg-Montmartre ; Lafournière, demeurant 37, rue du Faubourg-Montmartre. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu les messieurs Dunaime frères, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, venir à diverses reprises au bureau du Constitutionnel, en armes, apporter des nouvelles de ce qui se passait sur différents points de la capitale et en rendre compte comme y ayant été acteurs. Je les ai vus plein d’activité et de bravoure dans ces trois journées, auxquelles il est certain qu’ils ont pris une part très active. » Signé le 28 novembre 1830, Mouveau illisible, chef des bureaux de la rédaction du Constitutionnel. Lapareillé, propriétaire 4, rue Cadet signa le certificat suivant : « Je déclare avoir vu pendant les 27, 28 et 29 juillet M. Jules et son frère M. Charles Dunaime montrer le meilleur exemple, construire des barricades, aller au feu et distribuer des munitions. » Jouanne, demeurant 63, rue de Provence, signait le certificat suivant : « Je vous recommande avec empressement mes deux bons amis MM. Jules et Charles Dunaime, à qui j’ai prêté durant les trois jours deux de mes fusils de chasse. Je les ai vus s’en servir en vrais défenseurs de nos libertés et je serais heureux que mon témoignage pût leur servir à obtenir une décoration qu’ils ont méritée. » Tirel, Nicolas, Louis (voir ce nom), signait le 27 novembre 1830, le certificat suivant en leur faveur : « Je, soussigné, Nicolas, Louis Tirel, ex-manufacturier, fabricant de draps à Vire (Calvados), breveté de S.A.R. le duc d’Orléans, présentement roi des Français, certifie à qui appartiendra que constamment occupé à l’établissement et à la défense de la grande barricade élevée au coin du boulevard Montmartre, j’ai constamment vu pendant les journées des 28 et 29 juillet messieurs Jules et Charles Dunaime, que je connaissais par divers ouvrages en gravure qu’ils ont exécutés pour moi, se dévouer au triomphe de la cause nationale, soit en faisant la lecture en public des diverses proclamations et journaux libéraux, soit en haranguant et excitant les citoyens à défendre leurs droits, soit enfin en excitant tous les hommes valides à les suivre et à les accompagner sur les divers points où la fusillade se faisait entendre. Je déclare en outre que les jeunes frères Dunaime, avant même les événements de Juillet, professaient les principes libéraux les plus solides et les mieux caractérisés. » Monier, demeurant 4, rue des Trois-Maures, certifia avoir rencontré les deux frères Dunaime « le 28 dans la rue des Lombards au coin de la rue Saint-Denis et se dirigeant sur la place de Grève, allant se joindre aux citoyens qui combattaient pour la liberté ». Un dernier certificat était ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu messieurs Jules et Charles Dunaime dans les journées du mercredi et jeudi 28 et 29 juillet, le fusil sur l’épaule, se dirigeant sur les points où l’on se battait. Je me rappelle très bien les avoir engagés le jeudi à se rendre à la caserne de la rue Poissonnière pour y recevoir les soldats de la ligne qui témoignaient le désir de se rendre à la garde nationale et qu’en compagnie de M. Pienne illisible fils, leur cousin, ils ont concouru à l’accomplissement de cette mission importante et qui n’était pas sans péril. » Signé le 28 novembre 1830, Annie illisible, A. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le rapport de la Commission, le concernant avec son frère, était ainsi rédigé, le 27 décembre 1830 : « Les renseignements obtenus sur la conduite des sieurs Dunaime frères pendant les trois mémorables journées de juillet dernier sont tous très favorables et prouvent qu’ils ont pris une part très active aux divers combats qui ont été livrés pendant ces trois jours et aux moyens de défense qu’on organisait dans divers quartiers de la capitale. L’activité toujours soutenue de ces deux jeunes citoyens et leur bravoure aux diverses circonstances les rendent dignes d’obtenir une récompense honorifique. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Dumaine, Charles sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Dumaine, Charles), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1830, il était artilleur à la IIe légion de la garde nationale. Il demeurait 4, rue Cadet en 1830-1831 mais 17, rue Cadet en 1830 sur la lettre qu’il adresse avec son frère à la Commission des récompenses nationales in Archives de Paris VD6 172 n° 6. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; (sous le nom de Dumaine, Charles). Il signe bien Dunaime.