Dunoyer, Barthélemy, Charles, Pierre, Joseph
Biographie
Né le 20 mai 1786 à Carennac (Lot), fils de De Dunoyer, Jean-Jacques, Philippe, seigneur de Segonzac, et de De Lagrange de Roussillac, Henriette, son épouse. Homme de lettres, ancien rédacteur du Censeur européen. Il écrivit, dès le 27 juillet, dans ces termes au journal le National : « A M. le rédacteur du National. Monsieur. Ayant fait en maintes occasions, et deux fois notamment aux élections dernières, serment de fidélité au roi et d’obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du royaume, je jure sur ma vie de ne payer aucune contribution jusqu’à ce que j’aie vu rapporter les ordonnances monstrueuses consignées dans le Moniteur de ce jour, ordonnances subversives de nos lois les plus fondamentales, et violemment attentatoires à l’honneur du roi et à la sûreté du trône. Charles Dunoyer. Paris, le 26 juillet 1830. » On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : Le 27 juillet dans les jardins du Palais-Royal « On entendit avec enthousiasme la déclaration d’un honorable citoyen, M. Charles Dunoyer, qui jurait sur sa vie qu’il ne paierait aucune contribution jusqu’à ce qu’il eût vu rapporter les ordonnances monstrueuses consignées dans le Moniteur du lundi 26 juillet. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut nommé préfet de l’Allier ; la chronique de l’époque commenta ainsi la nomination : « M. Ch. Dunoyer, ancien rédacteur du Censeur européen, est nommé préfet de l’Allier. C’est le prix de quinze années honorablement passées à défendre, soit par des actes de courage personnel, soit par des écrits sages et vigoureux, les principes de la liberté fondée sur les lois. C’est le prix de cette protestation à la fois simple et ferme, datée de lundi, jour de la publication des fameuses ordonnances où M. Dunoyer jura sa vie de ne payer aucun impôt tant que ces monstrueuses ordonnances ne seraient pas rapportées. C’est ainsi qu’il convient de récompenser les bons citoyens, en leur ouvrant une carrière où ils puissent appliquer aux affaires actives ce qu’ils ont de lumières et de dévouement. Nous sommes heureux de voir qu’on ait confié une haute fonction administrative à un homme qui a tout la fois de l’esprit et du cœur, de la fermeté et de la modération, double caractère que doivent avoir tous ceux qui sont appelés à administrer selon le sens de notre nouvelle révolution. » On trouve dans le Journal de Castellane, la mention suivante le concernant, en décembre 1830 après un voyage du duc d’Orléans, fils de Louis-Philippe, dans diverses villes de France : « Le duc d’Orléans est de retour de son voyage en France ; il a été fort bien reçu partout, mais il n’a pas été sans s’apercevoir que la bonne compagnie s’est abstenue, dans la plupart des villes, de venir aux fêtes organisées en son honneur. La sotte manière dont beaucoup d’autorités ont fait les invitations en est en partie la cause : plusieurs des nouveaux préfets, tirés des rédacteurs de journaux ou pris parmi les gens de lettres, n’ont pas l’usage du monde. Le préfet de l’Allier, Dunoyer, ancien rédacteur au Censeur européen, a inventé de faire ses invitations par la voie du journal, avertissant qu’il recevrait à sa soirée donnée en l’honneur de M. le duc d’Orléans tous ceux qui se présenteraient. Il en est résulté la plus étrange composition en fait de femmes. » Puis, en juin 1831, du même Castellane, sur les réunions du conseil général de l’Allier, où il siégeait : « [10 juin] Le préfet Dunoyer nous a fait un long rapport, où il a parlé beaucoup politique, ce qui ne nous regarde pas, et où il a donné son avis sur les attributions plus ou moins convenables du conseil général, ce qui ne le regarde pas. M. Dunoyer, ancien rédacteur d’un journal, n’a ni la connaissance des hommes, ni celle des choses ; son rapport n’a été qu’un long article de gazette. [14 juin] Lors de la première victoire des Polonais, on a tiré le canon à Moulins. M. Dunoyer a dit que comme préfet il s’y opposait, mais que les canonniers pouvaient faire l’exercice à feu ; les salves ont eu lieu ; il a reçu la Légion d’honneur quelques jours après. » Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 30 avril 1831, officier le 29 avril 1838. On trouve dans Encyclopédie des gens du monde, répertoire universel des sciences, des lettres et des arts ; avec des notices sur les principales familles historiques et sur les personnages célèbres, morts et vivants, par une société de savants, de littérateurs et d’artistes français et étrangers, tome 8, Paris, librairie de Treuttel et Würtz. 1837, p. 728 : « M. Charles-Barthélemy Dunoyer, avocat, s’est fait un nom comme publiciste. Il a rédigé le Censeur en société avec feu M. Comte, et il a publié différents ouvrages sur la morale et sur l’industrie. Après la révolution de juillet 1830, il fut nommé préfet du département de la Somme, et, quelque temps après, élu membre de l’Institut, Académie des Sciences morales et politiques. » Il avait été nommé préfet de l’Allier en 1830, puis de la Somme en 1832. Il mourut le 4 décembre 1862. Il demeurait cour des Petites-Ecuries en 1831 ; 15, rue Saint-Florentin en 1838. Le Journal des débats, 15 août 1830 ; Histoire des préfets, Pierre-Henry, Nouvelles éditions latines, Paris, 1950, p. 126, 147 ; L’Echo français, 15-16 août 1830 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 66-67 (sous le nom de Dunoyer, Charles) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862, tome deuxième (1823-1831), Paris, Plon, 1895, p. 380, 430 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/849/78.