Dupaquier, Pierre

Biographie


Né le 2 août 1796 à Rumigny (Saône-et-Loire). Ancien militaire, totalisant quatorze années de service dont neuf au grade de sous-officier. Employé à l’octroi. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, pour obtenir une sous-lieutenance, ou la croix de Juillet, ou une promotion dans son emploi à l’octroi, avec le grade d’employé de 1re classe et des appointements de mille quatre cents francs. Le 30 octobre 1831, il adressait en effet la lettre suivante à la Commission : « […] Je me suis reposé sur la justice de la commission publique et elle m’a oublié totalement ; c’est donc contre cette ingratitude que je viens protester et il ne sera pas dit que ceux qui ont tout risqué ne jouissent pas du bénéfice des honneurs dus aux braves. […] Aujourd’hui, me trouvant dans une position bien pénible, une mère âgée de soixante et onze ans à soutenir et n’avoir qu’un faible emploi dans les octrois de Paris […]. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, citoyens de la Ville de Paris, certifions et attestons que le sieur Dupaquier, ex-sergent-major, actuellement employé dans l’octroi de Paris, n’a cessé de combattre, avec environ cent hommes qu’il commandait, dans les glorieuses et mémorables journées de juillet 1830. Le 27 juillet, il résolut de prendre les armes pour défendre nos libertés menacées ; le 28, vers les 6 heures du soir, étant près de l’Institut de France, il fit le coup de feu jusqu’à 8 heures et demie contre les Suisses du Louvre. Le 29 à 6 heures du matin, se rendant au bureau d’ordre de son administration, barrière d’Enfer, il rencontra sur le boulevard Montparnasse deux voitures de pain, destinées aux Suisses de Babylone ; il s’empressa de les faire distribuer aux femmes et aux enfants de ceux qui étaient à combattre ainsi qu’à ceux qui formaient les barricades. Le même jour, à 7 heures du matin, s’étant transporté à la barrière de Sèvres, où l’appelait son service, il arrêta l’arrière-garde du régiment des dragons de l’ex-garde et, par sa fermeté, il fit déposer les armes aux hommes qui la composaient. A 9 heures, étant dans la rue de Lourcine, il rassembla une vingtaine d’hommes qui n’avaient pas d’armes et leur dit : “A la caserne, nous en trouverons.” En effet, le brave bataillon du 15e régiment d’infanterie légère qui s’y trouvait caserné leur remit armes et munitions ; arrivés à la place de l’Odéon, où se trouvaient près de deux cents hommes armés, il survint au même instant un élève de l’Ecole des braves (lire l’Ecole polytechnique, N.D.A.), s’annonçant venir de la part du général Lafayette pour prendre le commandement en chef des citoyens qui s’y trouvaient réunis, nomma le sieur Dupaquier capitaine commandant une centaine d’hommes ; arrivé à la caserne Babylone, il s’empressait de placer sa troupe en tirailleurs dans les jardins ; après une vive fusillade, il donna l’avis aux autres capitaines de mettre le feu à la porte d’entrée de la caserne et d’y faire tirer quelques coups de canon ; enfin, par ce moyen, on en devint maîtres. De là, il fut à la prise des Tuileries ; le soir du même jour, il fut commandé par ordre de l’autorité pour maintenir l’ordre dans son arrondissement. Le 30 juillet, il conduisit, par ordre de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement au quartier général des patriotes un officier du 50e régiment de ligne qui arrivait de Saint-Cloud le même jour. Il fut désigné par M. de Quevauvillers, lieutenant-colonel de la Xe légion de la garde nationale de prendre le commandement du poste du port des Saints-Pères, composé d’une vingtaine d’hommes, où il resta constamment jusqu’au 1er août à l’effet d’y maintenir l’ordre public. » Signé, le 1er septembre 1830 : Legay, ex-officier, demeurant 41, place Saint-Germain-l’Auxerrois ; Dequevauvillers, lieutenant-colonel de la Xe légion de la garde nationale, qui attestait avoir donné le commandement du poste du port des Saints-Pères ; Gibert-Arnaud, (voir Gibert-Arnaud, Jean, Joseph), ancien officier et homme de lettres, demeurant 10, rue Froidmanteau ; Kleinman illisible, chasseur à la Xe légion de la garde nationale, demeurant 56, rue Mazarine ; Normand (voir Normand, Charles, Louis, Hippolyte), employé à l’octroi, demeurant 2, rue du Petit-Bac, pour s’être trouvé avec lui dans les combats de la caserne de Babylone ; Loret, Louis, grenadier à la Xe légion de la garde nationale. Il demeurait 56, rue Dauphine en juillet 1830 ; 124, rue Saint-Lazare ou 58, grand-rue des Batignolles en 1831. Archives de la préfecture de police AA 387.

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