Dupin, Mathieu, Auguste, François
Biographie
Il signa, le 12 août 1830 et comme « ancien élève en droit », le certificat suivant pour constater la disparition de Megevand, Jean-Baptiste depuis les combats de Juillet : « Depuis dix ans, je connaissais Megevand comme un fort honnête homme et comme un ancien militaire couvert d’honorables blessures. J’avais l’habitude de le voir deux ou trois fois par semaine et depuis le 26 juillet dernier je ne l’ai plus revu. J’ai entendu dire que dans la journée du 29 il avait disparu à la pointe Saint-Eustache, en combattant les ennemis de nos libertés. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés, habitants de Paris ([ancien] Xe arrondissement) et la plupart faisant partie de la garde nationale, connaissant depuis longtemps la moralité de M. Dupin, Mathieu, Auguste, François, ancien élève en droit à l’Ecole de Rennes et demeurant rue de Verneuil n° 22, attestent sur leur honneur que si, dans la soirée du 28 juillet dernier, quarante gardes nationaux environ, dont il faisait partie, ont échappé à une mort presque certaine, on ne le doit qu’aux observations et au courage de M. Dupin, qui, s’adressant au maire (M. Hutteau d’Origny, lui dit avec énergie : “Vous aurez plus tard à répondre à la Nation du sang français que vous allez faire couler !!!” A peine, ces braves gardes nationaux, pénétrés de l’observation de M. Dupin, furent-ils sortis de la cour de la mairie qu’un bataillon d’un régiment suisse, soutenu d’une compagnie de grenadiers à cheval de la garde royale se présente à cette mairie, dans l’espoir d’y commettre un nouveau crime, qui sans doute était prévu. Il faillit, dans cet événement être fait prisonnier au coin de la rue de Beaune et celle de Verneuil. » Signé : Baccoffe de Montmahonce, (voir Baccosse de Montmahon, Louis, Joseph, Alexandre), ancien maréchal des logis en chef, et officier payeur des lanciers de la garde impériale, demeurant 6, rue Sainte-Marguerite, qui approuvait « avec plaisir le certificat ci-dessus car pendant plusieurs heures, dans les moments les plus périlleux, j’ai été à ses côtés et j’ai même failli d’être fait prisonnier avec lui » ; Lacroix, capitaine à la 1re compagnie du 3e bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 14, rue des Saints-Pères ; Bertemy, demeurant 13, rue du Bac ; Chouasuet, marchand de meubles, demeurant 33, rue de Beaune ; Vincent, Charles (voir ce nom), demeurant 85, rue du Bac ; Rioux illisible, demeurant 24, rue de Bourbon ; Sillederavant illisible, caporal de la garde nationale, demeurant 21, rue de Verneuil ; Delaruelle (voir Delaruelle, Jean-Jacques Rousseau), blessé à la caserne de Babylone, garde national à la Xe légion, demeurant 22, rue de Verneuil. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions pour rendre hommage à la vérité que le sieur Dupin, Mathieu, Auguste, François, demeurant rue de Verneuil n° 22, a pris une part très active au désarmement du poste de l’Abbaye. Le 28, il a failli être fait prisonnier par les Suisses qui vinrent à la mairie du (ancien) Xe arrondissement et c’est aux sollicitations de quelques-uns de ses camarades armés qu’il n’a pas fait feu sur le commandant des Suisses, qu’il voulait tuer, dans la crainte que cette action n’attirât de sanglantes représailles. Il a riposté dans la soirée du même jour et l’un des derniers, au feu partant du Louvre, étant posté au pont des Arts. Il faisait encore partie, le 29, des combattants qui ont pris le Louvre. » Signé : Baccoffe de Montmahonce, (voir Baccosse de Montmahon, Louis, Joseph, Alexandre), ancien maréchal des logis en chef de l’ex-garde impériale, au 2e lanciers, demeurant 6, rue Sainte-Marguerite, qui précisait : « Dans la journée du 28, M. Dupin fut presque constamment à mes côtés. 1°) Au désarmement du poste de l’Abbaye. 2°) A l’arrivée des Suisses dans la rue de Verneuil, où nous fûmes cernés par eux et toute la soirée où nous essuyâmes le feu continuel qui partait du Louvre. » Duneme, demeurant 38, rue de Bourgogne, qui ajoutait : « J’affirme que le 28 juillet le dénommé ci-dessus ripostait vigoureusement au feu des Suisses postés au Louvre, en face du pont des Arts. Le 29, il fit encore partie des combattants jusqu’à la prise du Louvre, où je le perdis de vue. » Grosse-Durocher (voir Grosse-Durocher, François, Marie, Théodore), chirurgien militaire, demeurant 17, rue du Battoir-Saint-Germain, qui ajoutait : « Le 28 juillet, embusqué moi-même entre le pont des Arts et le Pont-Neuf, j’ai remarqué M. Dupin ripostant vigoureusement aux feux de peloton que faisaient les troupes royales stationnées au Louvre. » Thery (voir Thery, Marie-Pierre ?), demeurant 122, rue du Faubourg-Saint-Antoine, qui précisait : « Je certifie avoir vu M. Dupin, le 29 juillet, combattre, les armes à la main, les ennemis de nos libertés lors de la prise du Louvre. » Baccoffe de Montmahonce, Thery et Grossse-Durocher était dits décorés de la croix de Juillet dans une note de la Commission. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Le lieutenant-colonel de la Xe légion certifie que le 28 juillet dernier, M. Dupin, Mathieu, Auguste, François, demeurant rue de Verneuil n° 22, grenadier du 3e bataillon de la Xe légion, était du nombre des hommes armés qui se réunirent à la mairie du (ancien) Xe arrondissement pour la sûreté et la défense communes. Le 29, il continua un service actif et le 30 il fut envoyé par l’autorité municipale à la Chambre des députés pour y monter la garde ; il n’en fut relevé que trois jours après. Depuis ce temps, il fut un de ceux qui ont montré le plus de zèle pour le maintien de l’ordre public, dans toutes les circonstances où la tranquillité a pu être troublée. » Signé, le 3 décembre 1830 : Dequevauvillers, lieutenant-colonel de la Xe légion. Suivaient les signatures de : Robinet, chef du 4e bataillon ; Bachelot, sergent-major des grenadiers du 3e bataillon de la Xe légion ; comte Lanjuinais, commandant du 3e bataillon de la Xe légion ; colonel Delagrange ; Fevrier, commandant en second du 3e bataillon de la Xe légion. Il demeurait 22, rue de Verneuil (aussi 11, rue de Beaune sur la couverture de son dossier) en 1831. Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Megevand, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 387.