Duplain, Rambert

Biographie


Né le 13 novembre 1790 (mais en novembre 1796 in Archives nationales F/1dIII/39) à Saint-Rambert (Loire). Négociant en soieries, marchand de rubans et passementier. Il adressa à la Commission des récompenses nationales, le 29 octobre 1830, le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « Le soussigné à l’honneur de vous exposer sa conduite pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet et des 3 et 4 août dernier. Si elle mérite la décoration accordée par la dernière loi votée sur les récompenses nationales, je vous en fais la demande, moins à titre de récompense que comme nouvel engagement de sa part à continuer son dévouement à la liberté, à la patrie et au roi citoyen, qui a bien voulu se charger de nos destinées. Le 27 juillet, le soussigné a été un des premiers à provoquer la résistance aux charges de la gendarmerie sur la place du Palais-Royal. Le 28, il est sorti armé de chez lui, rue Saint-Denis, n° 97 et a fait partie de ceux qui ont essuyé deux fois le feu du régiment suisse de la garde dans la cour Batave, ce régiment y ayant passé devant en allant et revenant dans la rue Saint-Denis, avant sa station dans le marché des Innocents. Dans l’après-midi de la même journée, il s’est battu contre le 3e de la garde royale qui venait par la rue Saint-Antoine au secours de l’Hôtel de ville, jusqu’à ce que ce régiment arrêté près de la place Baudoyer a été forcé de faire sa retraite soit par la place de la Bastille soit par les rues adjacentes. Il a passé la nuit du 28 au 29 soit à faire des patrouilles soit à la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 29 juillet, sur les bruits que l’on distribuait de la poudre chez M. Laffitte, en revenant de chez ce dernier, le soussigné s’est trouvé à l’arrivée sur le boulevard des Italiens, d’un officier général se disant envoyé en parlementaire pour demander un sursis de deux heures afin, disait-il, que Charles X et le duc d’Angoulême puissent rentrer aux Tuileries et rétablir la tranquillité dans Paris. Le parlementaire étant monté au balcon de la maison Simond, marchand de papiers peints, pour haranguer le peuple, le soussigné a été un des premiers à couvrir sa voix en demandant constamment que la garde royale, qui était alors en bataille près de l’église de la Madeleine, rende ses armes et ses canons. Un autre officier supérieur et un jeune homme à cheval, qui se disait le parent d’un député, étant venu après pour parler au peuple en faveur du sursis, ont été aussi obligés de se retirer sans résultat. Le 3 août, le soussigné a passé la nuit aux avant-postes du camp de Coignières à la droite de la grande route, sous les ordres du capitaine Fayot, ancien militaire, d’où il est parti, au point du jour, et est arrivé des premiers à Rambouillet. » Il joignait à sa lettre plusieurs certificats. Le premier, signé le 29 octobre 1830 par Hubert ou Jaubert, fabricant de bijoux, demeurant rue des Marais, était ainsi rédigé : « Je certifie que M. Duplain, négociant rue Saint-Denis n° 97 à Paris, a fait partie toute la nuit avec moi du 3 au 4 août dernier des avant-postes du camp de Coignières à la droite de la route de Rambouillet, les susdits avant-postes étant commandés par le capitaine Fayot, ancien militaire. » Le deuxième, signé le 23 novembre 1830, par Poinuelle illisible, Paul, « fils aîné d’un volontaire de 91 », chasseur à la VIe légion de la garde nationale, demeurant 124, rue Saint-Denis, et ainsi rédigé : « Je certifie que M. Duplain, marchand de rubans et passementier rue Saint-Denis n° 97, s’est trouvé le 28 juillet dernier avec nous cour Batave, avec un fusil de guerre au moment où nous venions de faire des patrouilles rue Saint-Martin et rue Saint-Denis, et qu’il est resté avec nous pendant la défense de ce poste afin d’éviter que les troupes ne puissent aller plus avant dans la rue Saint-Denis avec leur artillerie, résistance qui a eu pour eux la nécessité de battre en retraite du marché des Innocents, où ils étaient retranchés après avoir perdu plusieurs hommes et deux chevaux. » Le dernier certificat était signé, le 15 novembre 1830, par Peyrard, Jean, demeurant 10, rue Salle-au-Comte, et Colombot, demeurant 10, rue Salle-au-Comte : « Les soussignés certifient à qui il appartiendra que le 29 juillet dernier, revenant avec M. Duplain […], de chez M. Laffitte où on leur avait dit qu’on distribuait de la poudre, ils se sont trouvés à leur arrivée sur le boulevard des Italiens à l’arrivée d’un officier général, se disant envoyé en parlementaire pour obtenir un sursis de deux heures afin, disaient-ils, que Charles X et le duc d’Angoulême puissent rentrer aux Tuileries et rétablir la tranquillité dans Paris. M. Duplain, alors, a constamment employé toute l’énergie qu’on lui connaît, soit à couvrir la voix du parlementaire qui voulait haranguer le peuple soit à demander que la garde royale, qui était à l’église de la Madeleine, tout près de là, rende ses armes et ses canons. Un autre officier supérieur et un jeune homme à cheval étant survenus pour pérorer le public sur le même motif ont également été forcés de se retirer dans la même maison de M. Simond, marchand de papiers peints sur le boulevard, avec le général qui est resté longtemps au balcon sans pouvoir se faire écouter. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le nom de Duplain Rambot sur les listes du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Sa médaille lui fut délivrée le 27 juin, et son brevet le 30 juillet 1831. Son nom apparaît comme premier quinturion de la section des Travailleurs de la Société des droits de l’homme, négociant commissionnaire en rubannerie et doué « d’une grande capacité, énergique, excellent patriote, prêt à marcher » selon les appréciations mêmes de la Société et saisies par la police. Il demeurait 97, rue Saint-Denis en 1830-1834. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Cour des pairs, affaire du mois davril 1834, rapport fait à la Cour par M. Girod de lAin, tome 4e, annexe, Paris, Imprimerie royale, 1834, p. 402.

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