Dupont, Nicolas, Mathieu
Biographie
Né le 26 juillet 1804 à Chenevières (Seine-et-Marne) sic. Nacrier. Le docteur Lemaistre, Florian (voir ce nom), dans une note envoyée au maire concernant plusieurs blessés qu’il avait soignés depuis le 27 juillet, donnait les renseignements suivants le concernant : « Tourneur en nacre, rue de Beaujolais n° 2, a été traité de violentes contusions à la tête et dans la longueur de la colonne épinière, causées par l’éboulement des pavés d’une barricade. Une paralysie de la vessie en est résultée. Je l’ai rétabli à l’infirmerie du Temple, d’où il vient de sortir pour faire sa convalescence à son domicile. Il vient chaque jour à l’heure de mes visites. » Sa femme enceinte, il est inscrit sur les listes de secours distribués par Le Constitutionnel comme ayant reçu un secours de soixante francs et un autre de cinquante francs en septembre 1830. Il reçut un secours de dix francs, le 26 août 1830, un secours de cent francs, le 15 octobre 1830, un secours de cinquante francs, le 15 novembre 1830, un secours de cinquante francs, le 15 décembre 1830, un secours, définitif, de cinquante francs, le 15 janvier 1831, un secours de cinquante francs, le 28 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (et bien un total de trois cents francs in Archives nationales F/1dIII/35 B). Il reçut, en tant que blessé mais non décoré, un secours de cinquante francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il adressa une lettre à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février pour solliciter un secours. Il rappelait qu’il était blessé de Juillet et informait la Commission qu’il avait participé aux combats de Février « accompagné des principaux chefs de la garde nationale de Belleville » Il ajoutait qu’il était sans ouvrage, qu’il avait deux enfants à charge, une fille âgée de dix-neuf ans et un fils âgé de seize ans, tous deux tourneurs en nacre mais aussi sans ouvrage, qu’il avait sa mère, âgée de soixante-six ans à charge, trois apprentis orphelins de père également à sa charge, deux ouvriers, dont l’un venait de s’enrôler dans la garde mobile et l’autre, trop vieux, contraint de rester chez lui. Il expliquait qu’il ne savait « comment faire pour vivre et faire vivre les autres » De plus, caporal de la Ire compagnie de chasseurs, il venait d’être élu sous-lieutenant mais il lui était impossible de pourvoir à son équipement. Il sollicitait aussi un emploi selon ses capacités. Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Dupont, chasseur de la 1re compagnie de Belleville a pris part à l’action du Palais-Royal et ensuite qu’il a fait le service de la barrière de la Courtille, depuis le 24 février jusqu’au 29, sans discontinuer. » Signé, à Belleville le 7 mars 1848 : Canuet, sergent-major ; Vimont, capitaine ; Gervais, capitaine ; Vinot, lieutenant. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Dupont, caporal, Mathieu, Nicolas, demeurant à Belleville, a pris une part active à la Révolution de Février ; notamment il est à ma connaissance personnelle qu’il était à la prise du poste du Palais-Royal, où il a montré un courage digne d’un brave citoyen. » Signé, le 11 mai 1848 (pour les noms lisibles) : Canuet, caporal de la 1re compagnie ; Vinot, capitaine de la 1re compagnie ; Vincent, capitaine de la 1re compagnie ; Soullié ; Destienne, combattant de Février ; Drioton frères, demeurant 2, rue de Paris à Belleville ; Dargaud ; Suchet, B. ; Beuvley, chef de brigade ; Leprovost, chef d’escouade. La Commission d’enquête des récompenses nationales donna, le 10 octobre 1848, sur son compte les résultats suivants : « A pris une part active dans les trois journées de Février, il passe dans son quartier pour un excellent patriote. » Il fut recommandé par la Commission pour un emploi de surveillant dans un chemin de fer. En mai 1849, n’ayant jamais reçu de réponse de la Commission des récompenses nationales, ayant sa mère infirme et plusieurs enfants à sa charge, sans ouvrage depuis un an, il fit une demande de secours. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il savait lire et écrire. Il demeurait 2, rue de Beaujolais en 1830 ; 19, passage Kusner à Belleville en 1848 ; à Chenevières près de Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise) en 1849. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, VII Répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, VII Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs (sous le seul nom de Dupont) ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, victimes des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, domiciliées dans le (ancien) VIe arrondissement, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 387.