Duprat, Marie, Françoise, femme Sournay

Biographie


Né vers 1780 à Paris. Marchande de fruits. Le 28 juillet, rue Martroi, près le tourniquet Saint-Jean, elle fut atteinte par une balle qui lui traversa la poitrine et ressortit sous l’épaule. Recueillie par un particulier, hôtel de Bourgogne, rue du Monceau-Saint-Gervais, elle mourut quatre heures plus tard des suites de sa blessure. Son corps fut, afin d’être reconnu, exposé sur le trottoir de l’Hôtel de ville. Ce furent son beau-frère et sa femme qui la reconnurent. Elle fut enterrée au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Son mari, Sournay, Philippe, Honoré, disparut après les trois jours et fut présumé mort (voir ce nom). Elle n’avait pas d’enfant et laissait une mère, Duprat, Marie, Françoise, née Desforges le 5 septembre 1755 (mais le 5 septembre 1775 in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet) à Paris, veuve Nord, ancienne blanchisseuse, sans emploi, âgée de soixante-seize ans, inscrite au bureau d’indigence, et qui demeurait chez son gendre et sa fille, qui étaient ses seuls soutiens. Elle reçut un secours de soixante francs en août 1830 et un secours de soixante francs en septembre 1830 (sous l’indication fautive de Son fils tué), sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle est inscrite, sous le nom de veuve Nord, pour une somme de deux cent quarante-cinq francs payée à la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Elle fut pensionnée de trois cents francs. Il fut accordé à une ascendante de victime de Juillet, Nord veuve, née Desforges, Marie, Françoise, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Plusieurs certificats établissaient les circonstances du décès de Duprat, Marie, Françoise et la position difficile dans laquelle se retrouvait sa mère. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie, principal locataire d’une maison rue du Monceau-Saint-Gervais n° 2, hôtel de Bourgogne, que la nommée Marie, Françoise Duprat, femme Sournay, a été rentrée chez moi le 28 juillet 1830, blessée par une balle qui a traversé le sein et ressortie sous l’épaule, laquelle femme est morte quatre heures après. L’ayant fait exposer sur le trottoir de l’Hôtel de ville, elle a été reconnue par son beau-frère et sa femme. » Signé, le 18 août 1830 : Manceau. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare et certifie à qui il appartiendra qu’il est à ma connaissance que Marie, Françoise Desforges, veuve Nord, demeurait avec ses enfants, le sieur Sournay et son épouse, mes locataires, tous deux victimes des journées des 27 et 28 juillet dernier et que ladite veuve Nord n’avait d’autres ressources et moyens d’existence que les soins de ses enfants. Elle se trouve en ce moment dans la plus grande misère. » Signé, le 5 août 1830 : Leclerc, propriétaire demeurant 18, rue Regrattière. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare et certifie à qui il appartiendra qu’il est à ma connaissance que Marie Desforges, veuve Nord, âgée de soixante-quinze ans, était depuis longtemps avec ses enfants, le nommé Philippe, Honoré Sournay et son épouse, tous deux victimes de la journée du 28 juillet dernier. Leur malheureuse mère se trouve dès lors réduite au plus extrême besoin et se recommande à la bienfaisance publique, étant hors de pourvoir à son existence. » Signé, le 10 août 1830 : Leclerc, propriétaire demeurant 18, rue Regrattière. Le 18 août 1830, devant le commissaire de police du quartier de l’île Saint-Louis, comparurent : Boquet, Pierre, Désiré, commissionnaire, demeurant 18, rue Regrattière ; Mayence, Etienne (sic), commissionnaire, demeurant 18, rue Regrattière ; Deloi, René ou Delor, René, chocolatier, demeurant 3, rue de la Femme-sans-Tête. Ils déclarèrent « qu’il est à leur connaissance que le sieur Sournay, Philippe, Honoré, compagnon maçon, qui demeurait rue Regrattière n° 18, avec son épouse et la dame veuve Nord, sa belle-mère, qu’il soutenait par son travail, est sorti le 28 juillet dernier dans la matinée de sa demeure, manifestant l’intention d’aller combattre pour la cause nationale ; que l’un d’eux, le sieur Boquet, l’a vu le même jour à 11 heures du matin, sur la place de Grève, cherchant à se procurer des armes ; que, depuis ce moment, aucun des déclarants ne l’a plus revu et que ledit Sournay n’a plus reparu à son domicile ; que la dame veuve Nord, sa [belle-] mère, qui dans la fatale journée du 28 a eu la douleur de perdre sa fille (femme dudit sieur Sournay), qui a été frappée par une balle rue du Martrois, a fait inutilement toutes les recherches nécessaires et notamment à la morgue ainsi que dans les divers hôpitaux de Paris pour découvrir ce qu’a pu devenir ledit sieur Sournay, son gendre ; enfin que cette malheureuse veuve est réduite à la plus complète indigence par la double perte qu’elle vient d’éprouver de son gendre et de sa fille, qui étaient ses seuls soutiens. » Le 19 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Lafaye, Pierre, Prix, garçon maçon, demeurant 18, rue Regrattière ; Mayance, Etienne (sic), commissionnaire, demeurant 18, rue Regrattière ; Fevre, Henry, fruitier, demeurant 20, rue Regrattière. Ils déclarèrent avoir bien connu Duprat, Marie, Françoise, femme Sournay « qu’ils savent que le 29 juillet dernier, ils ont vu plusieurs personnes sur les ... heures du matin rapporter le corps de Marie, Françoise Duprat, qu’elle était morte depuis la veille, qu’elle avait le sein percé d’une balle, que ceux qui la rapportaient ont dit l’avoir recueilli à l’hôtel de Bourgogne, rue du Pourtour-Saint-Gervais [lire sans doute rue du Monceau-Saint-Gervais, N.D.A.], qu’ils savent aussi comme habitant la même maison que le sieur Sournay et son épouse étaient les seuls soutiens de Marie, Françoise Desforges, veuve Duprat, leur mère et belle-mère, que depuis cette époque elle n’a d’autres secours que ceux qu’elle reçoit du bureau de charité ; qu’ils savent encore que cette malheureuse est âgée de soixante-seize ans, accablée de vieillesse et d’un asthme. » Le 26 février 1831, devant le maire du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Lafaye, Pierre, Prix, garçon maçon, demeurant 18, rue Regrattière ; Lacour, Joseph, tonnelier, demeurant 21 bis, rue et île Saint-Louis ; Labaissière, Joseph, commissionnaire, demeurant 18, rue Regrattière. Sur leurs témoignages, le maire certifia que « Marie, Françoise Desforges, veuve en premières noces de Michel Duprat, en secondes noces de Michel Nord, et mère de Marie, Françoise Duprat, tuée le 29 juillet dernier par une balle qui lui a traversé l’épaule, et demeurant rue Regrattière n° 18, est dans un état de nécessité absolue, qu’elle est âgée de soixante-seize ans accomplis, qu’elle était autrefois blanchisseuse et incapable actuellement d’aucun travail attendu son âge ; qu’elle n’avait d’autres moyens que dans ceux qu’elle recevait des bienfaits de sa fille, qui a été tuée, et de son gendre, qui est disparu sans qu’on ait pu se procurer de ses nouvelles. » Le 24 juillet 1840, les restes de Duprat (sous le nom de Duprat, Marie, Françoise femme Sourlet dans le procès-verbal dexhumation in Archives de la préfecture de police AA 420) (curieusement puisque le nom d’aucune femme n’est inscrit sur la colonne de Juillet) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Sourmay, sa femme et sa belle-mère logeaient 18, rue Regrattière au 3e étage (exposition ouest) (mais 6, rue Regrattière au 3e étage exposition ouest in Archives de Paris DM13 1 et aussi dans un certificat de décès in Archives nationales F/1dIII/54) ; la mère, toujours 18, rue Regrattière en 1831. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 18 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 19 (sous le nom de Desforges veuve Nort, son fils tué [sic]) ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 44 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 (sous le seul nom de Nord) ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/76 in dossier Sournay ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, ascendants (sous le seul nom de Nord) ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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