Dupuis, Philippe, Isidore

Biographie


Né le 11 octobre 1804 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Avocat. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa une première lettre en mai 1848, avec la recommandation de Demosthène Olivier, Langlois de l’Eure, pour obtenir une place de commissaire de police à Paris, ou dans les chemins de fer, ou en banlieue, ou dans une grande ville. Il précisait toutefois qu’absent de Paris pendant la Révolution de Février, il n’avait pu y participer que tardivement. Il renouvelait sa demande en juillet, précisant qu’il avait « pris part ainsi qu’a dû le faire tout bon citoyen ami de son pays » aux graves événements qui avaient ensanglanté la capitale [les émeutes de juin 1848, N.D.A.]. En août 1848, il adressait la lettre suivante à la Commission : « […] A l’honneur de vous prier de vouloir bien lui faire accorder soit une place de consul de la république ou une sous-préfecture, soit une place de directeur d’une maison de détention soit un emploi de commissaire de police à Paris, en banlieue ou dans une des grandes villes de la république. Le soussigné, gravement blessé en 1830, ainsi qu’il appert des trois certificats qui lui ont été délivrés à cette époque et dont deux sont ci-joints, n’a jamais rien demandé ni rien obtenu quoique cela ne dépendît que de lui. Quant au troisième certificat, du docteur Nidelet illisible, qui constatait la blessure qu’il a reçue à la tête, il se trouve égaré et est dans l’impossibilité de le représenter attendu le décès du docteur. Le soussigné a été en outre officier dans la garde nationale de Paris, IIe légion, depuis 1830 et a concouru au rétablissement de l’ordre chaque fois que l’occasion s’en est présentée. Le soussigné a fait son droit et est dans les affaires pratiques depuis plus de vingt ans. Il est en outre père de famille. Il est connu de plusieurs représentants du peuple et notamment des citoyens Demosthène Olivier, Langlois de l’Eure, Germain Sarrut et Auguste Mie, avec lesquels il n’a jamais eu que de bonnes et agréables relations […]. » Il joignait plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé (sic) : « Nous, soussignés, négociants et habitants de la rue d’Argenteuil, certifions que le sieur Dupuis, Philippe, Isidore, demeurant à Paris, rue d’Argenteuil n° 7, s’est, pendant les trois journées de Juillet, distingué d’une manière remarquable et notamment les 28 et 29. 28. Le sieur Dupuis faisait partie de ceux qui parvinrent à s’emparer du poste suisse à l’arcade Colbert. Dans cette même journée et celle suivante, concurremment avec plusieurs habitants de la rue d’Argenteuil, ils prirent le poste de la troupe de ligne de la butte Saint-Roch et débusquèrent la garde royale qui était parvenue à s’emparer des magasins et balcons du magasin du marchand de nouveautés faisant le coin de la rue Saint-Honoré et de l’Echelle et ce n’est que par suite d’une indisposition subite qui l’obligea à rentrer chez lui et réclamer les soins de M. le docteur de Villers, qui a bien voulu justifier et signer le certificat ci-joint. » Signé, le 4 juillet 1831 : Devillers ; Malpertuis, demeurant 7, rue d’Argenteuil ou 9, rue d’Argenteuil ; Grenier, Charles, demeurant 32, rue Montmartre ; Corneille, demeurant 80, rue Montmartre ; Pourriau ; Cappua. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, médecin de la faculté de médecine de Paris, certifie que le 29 juillet 1830, j’ai saigné et fait poser des sangsues à M. Dupuis, Philippe, Isidore, demeurant rue d’Argenteuil n° 7, pour surdité subite occasionnée par l’explosion des armes à feu et que depuis je lui ai donné plusieurs fois mes soins pour la même maladie. » Signé, le 1er juin 1831 : Devillers, médecin dans le (ancien) IIe arrondissement. Il fut recommandé par la Commission pour une sous-préfecture. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 7, rue d’Argenteuil en 1830 ; 32, rue des Moulins en 1848. Archives de la préfecture de police AA 387 (il signait ses demandes du nom de Dupuis du Breuil).

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