Durand, Hubert, Etienne
Biographie
Né vers 1798, fils de Durand, André, teinturier, et de Gallois, Marie, Anne, Hélène, son épouse. Maître teinturier. Il quitta son domicile de Neuilly le 28 juillet et se rendit chez Brivaud, 7, rue des Lavandières. En sortant de chez ce dernier, il alla se battre. Il fut blessé d’un coup de feu reçu dans la poitrine, à la Cité. Transporté au domicile de Hubert, logeur 6, rue de la Tannerie, vers 21 heures, il y mourut vers 2 heures du matin. On trouva sur lui une autorisation de port d’armes, délivrée par la préfecture de police, en date du 15 janvier 1828. Son acte de décès fut inscrit à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis. Le certificat suivant permit d’établir les conditions de son décès : « Je, soussigné, Hubert, logeur, rue de la Tannerie n° 6, certifie que le 28 juillet dernier, sur les 9 heures du soir, plusieurs voisins ont transporté à la maison un individu de l’âge de trente-deux ans, qui a dit se nommer Durand, Hubert, Etienne, qui venait d’être frappé d’une balle à la poitrine en combattant pour la liberté publique et que le dit Durand a expiré sur les 2 heures du matin malgré tous les soins que nous avons pu lui prodiguer ; et que nous avons trouvé sur lui un port d’arme délivré par le préfet de police en date du 15 janvier 1828, au nom de Durand, Hubert, Etienne. » Signé, le 6 août 1830 : Hubert, logeur, demeurant 6, rue de la Tannerie. Suivaient les signatures de : Migeon, marchand de vin, demeurant 7, rue de la Tannerie ; Boutron, demeurant 3, rue de la Tannerie (mais il écrit bien rue de la Vannerie) ; Polin, demeurant 4, rue de la Tannerie. Le 7 août 1830, devant le maire de Neuilly, comparurent : Pfister, Charles, Simon, marchant tonnelier, demeurant 49, rue de Seine à Neuilly ; Dehu, Jean-Baptiste, marchand mercier, demeurant 51, rue de Seine à Neuilly. Ils attestèrent que Durand, Hubert, Etienne « a quitté son domicile le 28 du mois de juillet dernier pour se rendre à Paris et que depuis cette époque il n’est pas reparu dans la commune où réside sa femme et ses enfants, au nombre de deux ». Le maire de Neuilly attestait de plus que le sieur Joseph Lions (voir ce nom), compagnon serrurier, demeurant à Neuilly, rue de Seine n° 22, lui avait déclaré « avoir rencontré M. Durand […] dans la cité à Paris dans la journée du 28 juillet dernier, étant l’un et l’autre disposés à se défendre contre la troupe qui les chargeait et ne pas savoir ce qu’est devenu le sieur Durand depuis ce moment ». Il laissait une mère, Gallois, Marie, Anne, Hélène, veuve Durand, femme Deleuil (pas trouvé Deleuil sur le Bulletin des lois), née le 19 juin 1771 à Versailles (Seine-et-Oise) (ou à Châlons-sur-Marne dans son acte de baptême) qui n’ayant pu fournir un certificat d’indigence ne fut pas pensionnée ; « est dans l’aisance », affirma la Commission des récompenses nationales en rejetant la demande de pension. Gallois, Marie, Anne, Hélène était indiquée dans son acte de baptême comme la fille de Gallois, Quentin et de Blanchemain, Marie. Durand, André était décédé le 10 novembre 1812 à Charenton-le-Pont, âgé de cinquante-six ans et demeurant 14, rue Troussevache à Paris. Il laissait aussi une veuve, Pourchel, Jeanne, Thérèse, Françoise, (Pourchelle, Jeanne, Thérèse, Françoise, in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 et in Archives nationales F/1dIII/82) née le 12 octobre 1803 (mais le 19 vendémiaire an XII in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée (sous le nom de veuve Durand, née Jeanne, Thérèse Porchel) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes (la veuve fit savoir à la Commission que son mari l’avait « laissée avec des dettes montant à cinq mille francs, qu’elle ne pourra acquitter que lorsque le gouvernement lui aura accordé la pension que l’Etat accorde aux veuves qui se trouvent dans sa position ») ; et deux filles, Aimée, Gabrielle, née le 6 janvier 1824 (26 janvier 1824 in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) et aussi in Archives nationales F/15/2553 et in Archives nationales F/1dIII/38 B ; mais bien le 6 janvier 1824 in Archives nationales F/1dIII/37) à Paris, et Stéphanie, Hélène, née le 3 août 1829 (parfois mais par erreur le 6 août 1829, date de la déclaration en mairie) à Neuilly, qui furent aussi pensionnées et à qui fut aussi accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Durand, Achille, Fructidor (voir ce nom), teinturier, subrogé-tuteur, demeurant 14, avenue (sans doute rue ?) de la Reynie (mais 14, rue de la Reine in Archives nationales F/1dIII/82) en 1831. Stéphanie, Hélène mourut le 20 juin 1831. Vers 1832, Aimée, Gabrielle était en pension chez les Dames de la congrégation à Versailles, avait de « bonnes dispositions », commençait à bien lire et à bien écrire et était « fort douce », selon l’avis de la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet. Cette même Commission rapportait aussi : « La Commission s’est assurée que cette orpheline était placée dans une bonne pension et que sa mère, qui n’a que cette enfant, en a le plus grand soin. » En 1838, Aimée, Gabrielle était élève dans une pension de Versailles. En 1843, la veuve Durand, à la veille de marier sa fille Aimée, Gabrielle, sollicita une aide afin de constituer un trousseau pour sa fille. Elle expliquait qu’elle était « dénuée de tout espèce de fortune », qu’elle avait à charge son père âgé de soixante-dix-neuf ans et sa mère sexagénaire, et que la Ville de Paris avait cessé de doter les orphelines de Juillet. En 1849, Aimée, Gabrielle était l’épouse de Soudée, Etienne, Louis, médaillé de Juillet (voir ce nom). Durand demeurait 49, rue de Seine à Neuilly en 1829-1830 ; sa veuve, chez sa mère, toujours à Neuilly en 1831 ; sa mère, 1, avenue de Picardie à Versailles (Yvelines) en 1831 ; sa veuve, 68, rue Saint-Maur en 1843. Le nom de Durand (H.-E. Durand) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 51, p. 117 pour la veuve ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Saint-Denis lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 42-43 (sous les prénoms d’Aimée, Elisabeth) ; Archives de Paris DM13 1 ; Archives nationales F/1dIII/33, demandes soumises à la décision de la Commission des récompenses nationales, non encore justifiées à l’époque du 20 octobre 1831 (qui demandait un certificat de nécessité de la part de la mère Gallois, veuve Durand) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis), Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831 ; Etat nominatif des orphelins de Juillet qui, ayant atteint leur septième année et cessé d’avoir droit au secours annuel de 250 francs liquidé en leur faveur, ont été rayés des registres du Trésor, comme étant dans le cas d’obtenir jusqu’à l’âge de dix-huit ans un autre secours de sept cents francs, en vertu de l’article 1er de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1833, arrondissement de Saint-Denis, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 arrondissement de Saint-Denis ; année 1839 arrondissement de Saint-Denis); Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Badès; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Caurière, Jean ; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Dely, François ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/76 in dossier Soudée, Etienne, Louis ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/15/2555 feuille de bulletin individuel d’Aimée, Gabrielle ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Archives nationales F/15/4240 ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.