Dutot, Désiré, Louis, Jean
Biographie
Né le 3 septembre 1814 à Mantilly (Orne). Fondeur-étameur. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 26 mars 1848, il adressait, en effet, une lettre à cette Commission et dans laquelle il expliquait que, ancien militaire ayant fait son congé au 20e de ligne, il avait combattu en 1830, avait été blessé au cou pendant l’émeute de juin 1832, avait participé à l’émeute du 12 mai 1839 où il s’était trouvé au palais de justice avec Barbès, et participé à la Révolution de Février. Ayant contribué à l’installation de la république, il sollicitait d’être récompensé et offrait de prouver les faits qu’il avançait. Il fut convoqué par la Commission, le 18 août 1848, pour donner des preuves de ce qu’il avançait. Mais Dutot était disparu depuis l’émeute de juin et ce fut sa femme qui répondit, implorant quelque secours, eu égard à la triste position dans laquelle elle se trouvait, n’ayant plus aucune nouvelle de son mari. Elle expliquait qu’elle avait contacté Me Hamard, qui lui avait assuré qu’il allait aussitôt écrire à qui de droit en sa faveur et continuait ainsi : « […] Comme je suis toujours sans nouvelle de mon mari et par conséquent ne sachant pas à qui pouvoir m’adresser pour pouvoir me procurer les certificats exigibles pour constater les faits énoncés dans la pétition que mon mari a soumise à la Commission des récompenses nationales, ne connaissant aucunement les personnes à qui je pourrais m’adresser à ce sujet, ne me connaissant en rien à ces affaires, ce qui fait que je me trouve dans le plus grand embarras et dans l’impossibilité de pouvoir procurer la Commission d’enquête les certificats qu’elle réclame pour pouvoir faire droit à la demande que mon mari lui a soumise, me trouvant dépourvu de toutes ressources et dans le plus grand besoin, manquant jusqu’aux choses de première nécessité, je vous prierais donc, M. le président, d’avoir l’humanité de prendre en considération la déplorable position dans laquelle je me trouve avec mes enfants et de me faire obtenir, si faire se peut, quelque soulagement qui me serait d’un grand secours en ce moment de détresse difficile à décrire, en attendant la mise en liberté de mon mari, s’il existe encore, et d’avoir l’obligeance de vouloir bien conserver la supplique qu’il a adressée à la Commission afin que, lors de sa mise en liberté, il puisse, en se procurant lui-même les certificats qui lui sont demandés, pouvoir jouir de l’obtention de sa demande. Ce faisant, monsieur le président, vous rendrez le plus imminent service à une famille infortunée, dans le plus profond chagrin, étant privée moi de mon époux et mes enfants de leur père, notre seul soutien […]. » Dutot était marié et père de deux ou trois enfants en 1848. Il demeurait 89, rue d’Enfer-Saint-Michel « en face de Marie-Thérèse », quartier de l’Observatoire en 1848. Archives de la préfecture de police AA 387.