Duval, Joseph, Charles, Martin
Biographie
Né le 8 mars 1789 à Meaux (Seine-et-Oise). Entré au service militaire le 21 avril 1808, participa au siège de Saragosse, fut fait prisonnier à Badajoz le 7 avril 1812 et conduit en Angleterre, rentré à Calais le 13 juillet 1814. Menuisier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 15 mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, aux rassemblements de la rue Saint-Honoré. Le 28, à la place du Châtelet, place des Victoires, rues des Prouvaires et du Roule. Le 29, rue de l’Oratoire, aux Tuileries jusqu’au pont de Grenelle. Rambouillet. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 15 mars 1831, à aucune voix pour la croix, six voix pour la médaille et cinq voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1835, il sollicita des secours. Il rentra dans la garde municipale le 2 septembre 1830 et en démissionna le 9 mars 1831. En 1836, « père de famille et ne travaillant que circonstanciellement », il sollicita un secours. Sa demande était apostillée favorablement par le maire du (ancien) XIIe arrondissement. Le préfet de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Il est marié et il a un enfant. Sa femme est blanchisseuse et il exerce la profession de menuisier ; quoique laborieux, il est souvent sans ouvrage et sa position est gênée. Sa conduite paraît régulière. » Il reçut un secours de soixante francs en 1836, un secours de cinquante francs en 1837. En 1838, il sollicita des secours. Le préfet de police rapportait sur son compte : « […] Sa femme travaille chez une blanchisseuse. Il vient de perdre un de ses enfants et il ne lui en reste plus qu’un, âgé de quatre ans. En ce moment, il est sans ouvrage. Sa position est nécessiteuse. On le dit très sobre et d’une conduite régulière. » Il reçut un secours de quarante francs en 1838, un secours de vingt francs en 1839, un secours de vingt-cinq francs en 1840, un secours de vingt-cinq francs et un secours de quarante francs en 1841. En 1842, les renseignements de police pris sur son compte le disaient « dans une profonde misère » et ajoutaient : « C’est du reste un fort brave homme. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842. En 1843, « accablé de douleurs qui l’empêchent souvent de travailler, ayant été trois mois à ne rien faire », ayant été obligé de mettre le peu qu’il possédait au mont-de-piété, il sollicita un secours et reçut quarante francs. Il reçut un secours de quarante francs en 1844. Il reçut un secours de quarante francs en 1845. En 1846, père de famille et sa femme toujours malade, il sollicita un secours et reçut un secours de vingt-cinq francs et un secours de quarante francs. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1847 et un secours de quarante francs en janvier 1848. Il participa à la Révolution de Février, donnant ainsi l’exposé de sa participation aux combats : « […] Le 22 février ranima son courage et il a combattu, […] se trouva au château d’eau, place du Carrousel, contribua à tuer le cheval du général Lamoricière et à le mettre lui-même hors de combat. Il se trouva encore rue Saint-Thomas-du-Louvre, où plusieurs de ses camarades furent tués ; un tambour de la garde nationale battit deux fois la charge ; un chef de bataillon et moi et plusieurs combattants coururent aux écuries du roi. Nous amenâmes plusieurs voitures de paille et mirent le feu au poste du côté de la rue Saint-Thomas-du-Louvre. Nous avons formé une ambulance pour tous les blessés. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instaurée après la Révolution de Février, sollicitant son admission aux Invalides. Sa demande fut rejetée par la Commission. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849. En 1850, souvent sans travail, accablé de douleurs, inscrit au bureau des indigents du (ancien) VIIe arrondissement, il sollicita des secours. La police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Célibataire […] il rentre fort tard chez lui et en sort de bonne heure le matin ; il rentre chaque fois dans un état complet d’ivresse. On ignore ce qu’il fait. » En 1851, accablé de douleurs et ne pouvant travailler, il sollicita un secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Il n’est pas marié et loge depuis un an rue de la Vannerie n° 35. Il doit cinquante francs à son propriétaire. C’est un homme qui vit de demandes qu’il adresse sans cesse, soit au maire de son arrondissement soit aux notables commerçants de son quartier, de sorte que son existence est une mendicité continuelle et que ces charités sont d’autant plus regrettables que cet homme passe tout son temps aux barrières, rentrant très tard et en état d’ivresse. Sa position est des plus malheureuses. Il n’a d’autres meubles qu’un mauvais grabat. Quant à ses opinions politiques, il est très difficile de pouvoir les apprécier en ce qu’il ne fréquente personne. On ne l’a jamais vu se mêler aux troubles qui ont eu lieu dans son quartier. On trouve aux sommiers judiciaires : Duval, Charles, Joseph, Martin, menuisier, né à Meaux (Seine-et-Marne). Conduit à La Force le 27 mai 1829 pour vol et renvoyé le 15 juin suivant. A Sainte-Pélagie, le 20 novembre 1833, comme condamné à un mois de prison par jugement du 10 janvier précédent, pour rébellion. Condamné à huit jours de prison par jugement du 19 novembre 1850, pour mendicité. » Ses demandes de secours furent dès lors ajournées. Il reçut un secours de cinquante francs en 1851. En 1852, paralysé du bras droit, souffrant de grosses varices aux deux jambes, ne pouvant travailler suffisamment, il sollicita des secours. En 1853, il sollicita un secours. En 1854, venant de recevoir son congé, il sollicita un secours. Il était indiqué, sur sa fiche de la Commission des récompenses nationales instaurée après la Révolution de Février comme sachant lire et écrire. Il demeurait 14, vieille place aux Veaux en 1831 ; 6, rue Mâcon près le pont Saint-Michel en 1835 ; 27, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie en 1836-1838 ; 230, rue Mouffetard en 1842 ; 72, rue Mouffetard en 1843 ; 24, rue Galande en 1846-1849 ; 35, rue de la Vannerie en 1849-1851; 18, rue de l’Ecole-Polytechnique en 1849-1850 ; 41, rue de la Tannerie en janvier 1850 ; 4, rue de la Poterie-des-Arcis en 1851 ; 6, rue Vieille-du-Temple en 1852-1854. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 15 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 15 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 (sous les prénoms de Charles, Martin, Joseph) ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 80 et 82, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 21 février 1851, minutes 164-166, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204.