Duval, Louis, Michel
Biographie
Né vers 1785 à Lamothe-Fouquet (Orne). Ancien militaire, ayant reçu son congé en 1810, devenu maître menuisier. Il s’illustra passage Colbert, rue des Prouvaires, à la Grève et participa à l’expédition de Rambouillet. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa, le 3 juillet 1831, un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Duval, Louis, Michel, maître menuisier, rue des Acacias n° 7, aux Ternes, commune de Neuilly, dans les journées immortelles de Juillet, le 27 à Paris, aurait fait partie de ceux qui ont pris le poste des Suisses de la rue Colbert, de 10 à 11 heures du matin, après avoir désarmé les Suisses et s’être saisi d’un fusil, ils se portèrent rue des Prouvaires, où ils ont eu une forte attaque avec la ligne et les ont affrontés jusqu’à l’Hôtel de ville, de sorte qu’il n’est rentré chez lui qu’à 5 heures du soir. Les 28 et 29, il aurait arrêté plusieurs individus qui volaient des matelas de la gendarmerie de l’Etoile et aurait commandé une quarantaine d’ouvriers pour couper des arbres sur la route de l’Etoile, du Roule et la rue des Acacias, pour faire des barricades. Il a payé du vin aux ouvriers, sans qu’il en ait reçu aucune gratification et finalement le 30 (sic !), il partit armé dans les voitures qui étaient aux Champs-Elysées pour aller à Rambouillet à la poursuite des rebelles à la liberté et il fut deux jours parti. » Signé, le 1er juillet 1831 : Germain ; Le Manissier (voir Lemanissier, Frédéric), sculpteur ; Graffet (voir Graffet, Pierre, François) ; Gadiffet ; Thuilleaux ; Colard illisible ; Le Mounier illisible (ou Lemonnier, Jacques, voir Lemonnier, Jacques). Il signa, le 25 janvier 1831, le certificat suivant en faveur de Lemonnier, Jacques, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions à tous qu’il appartiendra qu’il est à notre connaissance que le nommé Jacques Le Mounier (sic) tailleur de pierres, demeurant aux Ternes, rue des Acacias n° 6, s’est [conduit] comme un brave citoyen dans les journées immortelles de Juillet, qu’il a dangereusement exposé sa vie en combattant au Louvre, aux Tuileries et aux écuries du Roule, étant sorti à la barrière du Roule. Sur la vieille route, vint à lui un aide de camp, le premier qui sortait de Paris depuis ce trouble et qui allait en parlementaire à Neuilly. Il lui demanda s’il n’y avait point de danger pour passer. Le Mounier répondit que oui, qu’il y avait cinq hommes de tués près le chemin de la Révolte et que le désordre n’était pas encore cessé mais que par sûreté il allait l’accompagner avec son fusil à deux coups, ce qu’il fit jusqu’à la grille où est M. Chouri, concierge, par où cet aide de camp entra ; ensuite qu’il revint aux Champs-Elysées, monta dans une voiture avec son fusil pour aller à Rambouillet à la poursuite de ceux qui étaient de l’opinion contraire à la liberté et fut deux jours parti. » Il signa, le 1er juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Lemanissier, Frédéric, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Lemanissier, Frédéric, sculpteur, demeurant aux Ternes dans les journées immortelles de Juillet, aurait beaucoup travaillé à faire des barricades dans la rue Saint-Honoré, qu’à la barrière de l’Etoile il fit l’arrestation du duc de Bellune, fit la perquisition de sa voiture et de ses poches pour savoir s’il ne portait point des ordonnances contre la liberté. Il lui fit crier Vive la charte, vive la liberté ! Il fit ensuite rendre dix gardes royaux qui remirent leurs fusils et leurs cartouches. Il les conduisit par la barrière Longchamp, où ils passèrent par la croisée du bureau des employés pour entrer dans Paris et leur paya du vin. » Il demeurait 7, rue des Acacias à la barrière du Roule à Neuilly en 1831. Archives de la préfecture de police AA 387 ; Archives de la préfecture de police AA 398 in dossier Lemonnier, Jacques ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Lemanissier, Frédéric.