Duval, Maurice
Biographie
Préfet sous l’Empire. « Les électeurs, qui s’étaient réunis les deux jours précédents au National, s’assemblèrent dans la soirée du mardi [27 juillet, N.D.A.] chez M. Cadet-Gassicourt. Ils arrivaient à travers les coups de fusil, car les troupes faisaient déjà feu sur tous les rassemblements. La réunion était fort nombreuse, et ne se composait pas seulement d’électeurs, mais de tous les citoyens qui prenaient part aux événements depuis qu’ils avaient commencé. La discussion fut fort orageuse. Il y avait naturellement une foule d’avis divers chacun proposait le sien confusément. Pour mettre un peu d’ordre dans l’assemblée, on choisit un président : ce fut M. Maurice Duval, depuis préfet de l’Isère. Quand il fut fatigué, M. Chevalier lui succéda. Ce dernier, ayant la voix très forte, pouvait couvrir le bruit qui se faisait dans cette assemblée, augmenté encore par les détonations de la mousqueterie. Comme il était impossible de se connaître, on se doutait bien qu’il devait y avoir des agents de police parmi les assistants on s’écria qu’il y avait des traîtres dans la réunion. On répondit qu’il fallait bien s’y résigner, qu’il n’en fallait pas moins poursuivre le but qu’on se proposait. On convint d’avance, si le Gouvernement l’emportait et mettait en jugement les membres de la réunion, de soutenir hardiment qu’on ne s’était assemblé que pour faire une protestation. On s’occupa ensuite des mesures qu’il y avait à prendre. Il fut décidé qu’on formerait douze comités dans les douze arrondissements de Paris, lesquels siégeraient en permanence, aviseraient à tous les moyens qu’il y aurait à prendre pour soutenir la résistance dans leur quartier, et, si le mouvement prenait un caractère plus prononcé, pousseraient ouvertement à l’insurrection, réuniraient de la poudre et des fusils, et feraient sortir en armes et en uniforme la garde nationale licenciée. Ces comités devaient aboutir à un centre commun, et, par M. de Schonen, communiquer avec la réunion des députés. On choisit, séance tenante, dans les membres de la réunion, ceux qui devaient composer les douze comités. On se sépara au milieu des coups de fusil et à la lumière des feux de peloton. » Il était préfet de l’Isère au moment des troubles de Grenoble, et fut destitué de son poste ; préfet de Loire-Atlantique en 1832, ce fut lui qui fit arrêter la duchesse de Berry. Chronique de juillet 1830, Rozet, Paris, Barrois et Duprat, 1832, tome 1, p. 151.