Duverger, Jean

Biographie


Né le 11 mars 1798 à Dax (Landes). Etudiant. Il se distingua rue Saint-Honoré, aux Tuileries et rue de l’Echelle. Il était porteur de plusieurs certificats, dont seule la copie nous est parvenue et sans l’indication des signataires. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir été témoin de l’empressement avec lequel M. Duverger a pris les armes pour la défense de nos libertés. Je déclare l’avoir vu, pendant la journée du 29 juillet, armé d’un fusil et de pistolets, tirant illisible sur les gardes royaux qui étaient dans la rue Saint-Honoré. Je déclare de plus l’avoir vu nommé commandant du poste de la Butte des Moulins, en récompense de l’ardeur qu’il avait mis à chasser dudit poste pendant la nuit les soldats de la ligne qui l’occupaient. Il a même été reconnu pour être l’auteur d’une proclamation qui engageait les habitants à se munir des couleurs nationales et à en renforcer les barricades. » Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous certifions qu’il est à notre connaissance que M. Duverger s’est battu pendant la journée du jeudi 29 juillet 1830 et qu’il s’est conduit en tout avec honneur et bravoure. » Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, négociant, demeurant à Paris, rue des Moulins n° 14, certifie que M. Jean Duverger, demeurant à Paris, s’est battu dans les journées des 28 et 29 juillet, avec des armes et des munitions. » Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie qu’il est de ma parfaite connaissance que M. Duverger s’est fait remarquer particulièrement dans les combats des trois journées des 27, 28 et 29 juillet ; que le 28 au matin et après le passage de près de trois mille hommes de la garde royale à la rue Neuve-des-Petits-Champs, il commanda des barricades dans cette même rue et fit apporter des pavés dans plusieurs maisons, qui servirent à en chasser deux compagnies de la garde royale qui avaient tenté d’y entrer par la rue Richelieu vers les 3 heures de relevé ; qu’il s’est encore fait remarquer le 29 dans les combats de la rue Saint-Honoré et à la prise des Tuileries. Je l’ai entendu dire, le jeudi soir 29 qu’il avait dans cette journée brûlé plus de quatre-vingts cartouches. J’atteste en outre que M. Duverger a fait une maladie d’environ deux mois par suite des fatigues et des peines qu’il s’est donné pendant les trois jours de la révolution. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Dépité de n’être pas compris au nombre des décorés de la croix, il sollicita, le 20 mai 1831, la restitution des sept pièces originales, des cinq certificats et des deux lettres du ministre de l’Intérieur qu’il avait fournis à la Commission. Il écrivit au ministère de l’Intérieur afin de récupérer les pièces qu’il avait fournies à la Commission des récompenses nationales, expliquant qu’il renonçait à la médaille qui lui avait été attribuée par cette commission du IIe arrondissement, qu’il qualifiait « par une excessive modération de négligente » et comme n’ayant « ni la capacité ni le caractère » de représenter la nation. Il poursuivait ainsi : « Je ferai connaître par la publicité la honte à laquelle on a exposé les vrais combattants de Juillet, en les éloignant des récompenses qu’ils ont méritées sous la mitraille, et l’avilissement dans lequel resteront plongés ceux qui se décorent aujourd’hui d’un titre qu’ils ont spolié ou acheté » Et concluait ainsi : « Je ne puis que déplorer vivement les funestes conséquences qui vont rejaillir des mauvaises opérations des commissions. Grand nombre de personnes qui ont mérité sur le champ de bataille sont mises à l’écart. Les intrigants inutiles aux jours du combat sont ceux qui ont les récompenses. » Devant le refus qui lui fut fait, les pièces ayant permis la motivation de la décision de la Commission devant être gardées par elle, il adressa, cinq jours plus tard, une autre lettre à Messieurs les présidents et membres composant la Commission des récompenses nationales, et rédigée en ces termes : « […] Vous m’apprenez, en outre, messieurs, que quant à la demande que je vous ai faite des pièces que j’ai déposées à la Commission du (ancien) IIe arrondissement, qu’une décision de M. le ministre de l’Intérieur, en date du 17 de ce mois, s’oppose à cette restitution et qu’elles doivent rester dans les bureaux, comme pièces probantes et qu’il en sera délivré seulement des extraits. Je conçois facilement, messieurs, que si j’acceptais la médaille qu’a cru devoir me décerner la Commission du (ancien) IIe arrondissement, que je qualifie momentanément et par excessive modération de négligente, je ne serais point en droit de réclamer mes pièces qui, seules, feraient titre à ma nomination et devraient conséquemment rester en dépôt. Mais, messieurs, je le déclare formellement, je renonce à la décoration de la médaille, parce qu’elle trahit les services que j’ai rendus à ma patrie pendant les trois journées de Juillet et je persiste à ce que vous me renvoyiez mes pièces, qui deviennent inutiles à la Commission, par la présente renonciation. Puisque c’est la nation qui doit récompenser ceux qui ont combattu pour la liberté, c’est donc à elle seule que je dois m’adresser et non à ceux qui n’ont ni la capacité ni le caractère de la représenter. En attendant, je ferai connaître par la publicité la honte à laquelle on a exposé les vrais combattants de Juillet, en les éloignant des récompenses qu’ils ont méritées sous la mitraille et l’avilissement dans lequel resteront plongés ceux qui se décorent aujourd’hui d’un titre qu’ils ont spolié ou acheté. […] Je dois à la vérité de dire que lorsque je m’étais présenté à la Commission porteur de mes titres, on me fit subir un long interrogatoire et les membres présents, satisfaits de mes nombreuses réponses, me demandèrent qu’elle était la demande que je voulais former à la Commission. Alors, n’ayant en vue que la place que je sollicite aujourd’hui [et dont il n’y a pas de trace dans son dossier, N.D.A.], je demandais seulement qu’elle me recommandât à M. le ministre de l’Intérieur. Postérieurement, j’ai demandé par lettre la décoration spéciale et j’avais tout lieu de l’attendre. Je ne puis que déplorer vivement les funestes conséquences qui vont rejaillir des mauvaises opérations de la Commission. Grand nombre de personnes qui ont mérité sur le champ de bataille sont mises à l’écart. Les intrigants, inutiles aux jours du combats, sont ceux qui ont les récompenses. J’ai l’honneur, etc. » En 1831, il était chef du contentieux. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, pour obtenir la croix de Juillet en remplacement de sa médaille et un emploi dans le contentieux, « une place de sous-préfet lui fut promise par MM. Guizot et Montalivet dans le courant du mois d’octobre 1830 », est-il noté sur sa fiche à cette dernière Commission. Il sollicita à plusieurs reprises et jusqu’en 1832 un emploi, apparemment sans succès. Il demeurait 3, rue de Miromesnil en 1830 ; 383, rue Saint-Honoré en 1831 ; mais 26, rue Bergère in Archives nationales F/1dIII/34 ; 32, rue des Bons-Enfants en 1831 sur sa fiche de la Commission des Réclamants ; 79, rue Sainte-Anne en 1832. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Servien ; Archives nationales F/15/4240.

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