Duvernel, Jacques, Frédéric

Biographie


Né vers 1802 à Metz (Moselle). Tailleur. Il fut blessé d’un coup de feu à l’épaule droite à l’attaque du Louvre. Le certificat médical suivant constatait la blessure qu’il avait reçue : « Je, soussigné, docteur médecin du (ancien) IIIe arrondissement de Paris, domicilié rue Montmartre n° 34, certifie que M. Frédéric Duvernet, tailleur, a reçu un coup de feu à la partie intérieure de l’épaule droite, qui a nécessité un traitement assez long, vu que la balle était entrée dans les parties molles, dont il a fallu faire l’extraction. Je certifie que ledit Duvernet va maintenant bien sauf que le mouvement du bras est encore gêné. » Signé, le 3 novembre 1830 : Belliol, médecin, demeurant 34, rue Montmartre. Deux certificats attestaient la part qu’il avait prise aux combats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, officier de la Vieille Armée, certifie que le sieur Duvernel a été sous mes ordres à l’attaque du Louvre et des Tuileries, qu’il s’y est conduit bravement et qu’il y a été blessé à l’épaule droite par un coup de feu. » Signé, le 31 juillet 1831 : Lançon (voir Lançon, François), décoré de la croix de Juillet, Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Duvernel, Frédéric […] a pris les armes dans les immortelles journées de Juillet pour le soutien de la bonne cause et de la défense de la patrie et que le 29 juillet à la prise du Louvre il a été blessé à l’épaule droite d’un coup de feu. La manière d’éloges (sic) dont il se comporta en combattant vaillamment les ennemis de la patrie est un puissant motif pour que nous le recommandions avec ardeur à la bienveillance d’un gouvernement juste, qui reconnaît et récompense les actions d’éclat. » Signé, le 17 octobre 1831 : Leleu (voir Leleu, Antoine, André), décoré, demeurant 26, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Malsergent, A. (voir Malsergent, André), témoin, décoré du (ancien) IVe arrondissement ; Duffay, P., teinturier, demeurant 39, rue Mazarine ; Cantié, demeurant 6, rue Montmartre ; Lançon (voir Lançon, François), décoré de la croix de Juillet, qui ajoutait : « Le sieur Duvernel ayant combattu à mes côtés le 29 juillet, je certifie que les éloges contenus dans le certificat ci-dessus lui sont mérités. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Duvernel, Frédéric), après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an et, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de trois cents francs. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il avait signé, le 30 août 1830, le certificat suivant en faveur de Lançon, François : « Les soussignés, ayant, dans la journée du 29 juillet dernier, combattu sous les ordres de M. Lançon, officier de la vieille armée, certifient que dans la matinée de ce jour, après avoir organisé un détachement dans les environs de la place du Châtelet et celle de l’Hôtel-de-Ville, il se dirigea aussitôt vers le Louvre, dans une vive fusillade des troupes suisses qui s’y étaient enfermées ; qu’ayant posté son détachement sur les places Saint-Germain-l’Auxerrois, du Louvre le quai avec infiniment d’habileté, son courage et son exemple contribuèrent efficacement à l’enlèvement du château et des Tuileries, où il affronta constamment les plus grands périls. Suivi de quelques-uns de nous, c’est avec une intrépidité sans exemple que nous l’avons vu s’avançant vers une masse de Suisses fuyards, en désarmer autant qu’il lui a été possible, tuer leur chef (un chef de bataillon), duquel il venait d’essuyer quatre ou cinq fois le feu d’un pistolet, relever en même temps deux de nos patriotes, et enfin plusieurs autres beaux traits qu’il serait long de détailler. » En 1830, il était célibataire. En 1836, il sollicita un secours pour aider à payer son uniforme de garde national. En 1836, le préfet de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Il est marié et il n’a qu’un enfant en bas âge à sa charge. On pense que le produit de son travail peut suffire à ses besoins. Sa conduite est régulière. » Il participa à la Révolution de Février, déposa une demande devant la Commission des récompenses nationales et donnait le récit suivant de son activité républicaine pendant le règne de Louis-Philippe et de sa participation aux combats de Février : « […] Il fit partie de la Société des Droits de l’Homme. Le 5 juin 1832, au convoi du général Lamarque, à la hauteur d’une petite place où se trouvait un poste, au moment des premiers coups de feu, aidé de quelques hommes, il somma le sergent qui commandait ce poste de la direction des salpêtres de rendre ses ares, ce qu’il fit sans résistance. Un instant après, un dragon fut tué d’une balle dans le flanc, tirée par un tout jeune homme armé d’un pistolet. Dispersé de quelques amis, le sieur Duvernel chercha à se réunir à eux. Arrivé rue Saint-Martin n° 30, il y resta ; à la brume, un homme fut tué de deux balles dans la tête. On descendit une paillasse de la maison pour le déposer dessus. Cette circonstance nous étonna d’autant plus que nous n’avons pu savoir d’où était parti le coup de feu. Il venait probablement d’une maison voisine. Dans la soirée, j’ai vu un citoyen en uniforme de capitaine de hussard, que l’on me dit être Kersausie ainsi qu’un officier supérieur de la garde nationale. Le capitaine de hussard se tenait au premier dans cette maison et nous dans la loge du portier à faire pendant la nuit des cartouches et chaque fois qu’on appelait aux armes le citoyen Kersausie descendait à la barricade avec des pistolets à la main. Le matin, vers 5 heures environ, exténué de fatigue et de besoins, j’allais prendre un peu de nourriture. A mon retour, il n’était plus possible de pénétrer. Je me tins quelques instants chez le sieur Spitelgean 17, rue Montorgueil. Les municipaux déguisés en gardes nationaux fouillant exactement tous ceux qui passaient de la police déguisés en ouvriers me prouva à quel moyen infâme le gouvernement avait recours. Il me fallut attendre. Le 24 février, j’élevais à ma porte avec d’autres citoyens une barricade. Sachant que les munitions manquaient, je m’empressais de faire faire des balles tandis que le citoyen Raimbault faisait faire de la poudre, qui était distribuée. Je n’ai rien demandé en 1830 quoique ayant reçu un coup de feu à l’épaule droite, qui me gêne pour mon état. Je pense que la Commission y aura égard en me faisant accorder un emploi actif […]. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, sur sa participation à l’émeute de 1832 et ainsi rédigé : « Les soussignés certifient qu’il est à leur parfaite connaissance que le sieur Frédéric Duvernel, tailleur, a fait partie des insurgés de juin 1832. Nous demeurions dans la même maison, rue Saint-Honoré n° 117, nous pouvons affirmer qu’il a passé la nuit à la barricade Saint-Martin. Il en est revenu armé le 6 à 4 heures et demie du matin, pour prendre un peu de nourriture ; qu’il y est retourné mais qu’il n’a pas pu y parvenir, attendu que l’approche en était déjà illisible par la troupe et qu’il fut obligé de laisser ses armes dans une autre maison rue Montorgueil n° 17, qu’on lui a renvoyées plus tard. » Signé, le 2 avril 1848 : Pitetjon illisible, demeurant 17, rue Montorgueil, qui ajoutait : « J’atteste que les armes ont été prises par moi au citoyen Duvernel, ainsi que ses munitions, dans la crainte qu’il ne fût arrêté pendant la visite qui se faisait sur les citoyens et à domicile. » Devergne, demeurant 319, rue Saint-Denis ; Fallgon, demeurant 319, rue Saint-Denis ; Frey, Joseph, demeurant 6, rue Mabillon. Le second certificat sur sa participation à la Révolution de Février et ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Duvernet, Frédéric (sic) s’est comporté d’une manière fort honorable. Il a fabriqué, pendant les journées de Février, nuit et jour, des balles, qu’il a remises au citoyen Edmond Gellynck qui lui-même les distribuait aux citoyens et dans les postes. Sa conduite depuis cette époque a toujours été celle du bon et franc républicain. » Signé, le 1er mai 1848 : Gellynck, Edmond ; Raimbault, demeurant 115, rue Coquillière. Suivait l’apostille suivante signé de Bocquet : « Je déclare que je [l’ai] vu dans les bureaux de la Réforme et sur les barricades durant les jours de la révolution. Il a distribué un grand nombre de cartouches ; il montait la garde nuit et jour et agissait comme un républicain hardi, intelligent et dévoué. » Il fut recommandé par la Commission soit pour une place de concierge ou de gardien dans un établissement ou une propriété national soit pour une place de garçon de bureau. Il demeurait 10, rue des Bons-Enfants en 1830 ; 6, rue Montmartre en 1830 dans le certificat qu’il signe en faveur de Lançon, François in Archives de Paris VK3 47 ; 46, rue Dauphine en 1831 ; 117, rue Saint-Honoré en 1832 ; 18, rue de Béthisy en 1836 ; 8, rue Coquillière à Belleville en 1848. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 (lettre du préfet de la Seine, en date du 1er février 1832, dossier Lataye, Anne, Louise mademoiselle) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lançon, François ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/15/4240.

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