Eck, Hippolyte
Biographie
Né vers 1808 à Paris. En 1831, alors qu’il était garde municipal à la 3e compagnie du 2e bataillon, caserné aux Minimes, il adressait la lettre suivante à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet, estimant avoir été victime d’une erreur dans les attributions des décorations : « J’ai adressé une demande, vers le 15 août 1830, à M. le ministre de la Guerre, dont j’ai joint les certificats que j’ai l’honneur de vous soumettre. Je demandais pour reconnaissance d’entrer dans un régiment, avec de l’avancement selon mes capacités. J’ai reçu une réponse de M. le ministre, par laquelle il fallait me présenter à la Commission, à laquelle il avait écrit une lettre en ma faveur. Je fus à la Commission, ayant reçu une lettre de M. le maire du (ancien) VIIe arrondissement. J’ai subi l’interrogatoire devant messieurs les jurés. Ils ont trouvé mon rapport juste et exact, ainsi que mes certificats. Ils m’ont dit de prendre patience jusqu’à la délibération, que je pouvais compter sur une des premières récompenses. J’ai attendu jusqu’au 18 avril 1831. Je fus chez M. Tonné, commissaire de mon arrondissement auprès de la Commission. Je lui ai demandé s’il savait ce qu’on avait délibéré en ma faveur. Il m’a demandé mon nom et m’a dit : “L’on a délibéré pour vous mais je ne sais pas en quoi est votre récompense. Attendez jusqu’au 15 mai, vous irez jusqu’à la grande Commission et l’obtiendrez.” Je fus à la Commission le 17 mai. Après leur avoir donné mon nom, ils ont cherché dans tous les cartons et m’ont dit qu’il y avait une erreur, que l’on ne savait même pas où étaient mes pièces, qu’il se rappelait bien de moi, qu’il fallait que je revienne, que l’on ferait des recherches. Je suis retourné plusieurs fois. A force de les tourmenter, ils ont fini par me dire qu’ils avaient retrouvé mes pièces, que l’erreur tenait parce que nous étions deux du même nom. Effectivement sur le cahier où étaient mes pièces était écrit Eck, Hypolite, sur la seconde feuille était Eck, Gustave, Charles, avec ces mots : sous-officier et médaille. Alors j’ai vu que nous étions deux, confondus en un. J’ai prié ces messieurs de tenir conseil et de voir lequel des deux méritait la récompense. Car les feuilles n’étaient chargées que de mes certificats et de l’autre il n’y avait qu’une demande. Ils m’ont dit que ça ne se pouvait pas, que la récompense avait été donnée peu de jours avant à Eck, Gustave, Charles, qu’ils voyaient bien qu’il y avait une erreur, que c’était bien pour moi qu’était la récompense mais que le travail était fini, qu’il n’y avait pas de réclamation, qu’il en était bien fâché, qu’il ne pouvait rien n’y faire. Ayant entendu dire qu’il existait une nouvelle Commission, je me suis empressé de m’adresser près de vous. J’ose espérer, messieurs, que vous prendrez en considération la demande d’un bon patriote, qui vous en aura une entière reconnaissance. Comme je fais partie de la garde municipale de Paris et que j’ai obtenu l’estime de mes chefs, je tiendrai à rester dans ce corps plutôt garde que sous-officier dans un autre régiment. Je vous adresse cette demande pour obtenir la Croix de Juillet, que j’ai bravement gagnée dans les mémorables journées de Juillet. » Il joignait à sa lettre les attestations suivantes. La première, ainsi rédigée : « Les soussignés attestent que le sieur Hyppolite Eck, âgé de vingt-deux ans, natif de Paris et domicilié dans la même ville, rue de la Vannerie, n° 25, s’est conduit avec toute la bravoure et la prudence possibles pendant les journées des 28 et 29 juillet dernier ; que le mercredi, depuis 6 heures du matin jusqu’à minuit, il n’a pas quitté les rues adjacentes de la place de Grève et a contribué autant qu’il a pu à mettre en fuite les troupes qui nous étaient opposées ; que le lendemain jeudi, il a assisté à la prise du Louvre et que, l’un des premiers entrés, il s’est mis de suite en faction afin d’empêcher qu’aucun dégât ne fût fait aux tableaux. Il a de même assisté à la prise des Tuileries, de la place Vendôme et du Louvre. Enfin, le 3 août, il a fait partie des jeunes gens qui sont allés à Rambouillet. » Signé : Caron, principal locataire, Granger ; Chassang, demeurant 24, 27, 23, 31, rue de Vannerie ; Brossard, A., E. ; Lhuillier, 1, rue du Coq-Saint… ; Gombert, demeurant 41, rue de la Verrerie ; Buvelot, demeurant 1…, rue de la Planche-Mibray ; Dommergue, demeurant 30, rue de la Vannerie ; Sabatault ; Sabatault encore ; Dartenet. La deuxième, de Desbant (voir Desbans, Honoré ; il signe bien Desbant avec un t ; à remarquer qu’il y a un Desbans qui demeurait à la même adresse que lui…), chef de pièce, qui lui délivra le certificat suivant, le 13 août 1830 : « Je, soussigné, certifie que le nommé Eck, Hypolite, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, s’est comporté avec le zèle d’un bon citoyen et qu’il nous a suivi à Rambouillet. » La troisième enfin : « Je, soussigné, secrétaire général des musées, certifie, d’après l’attestation des gardiens du musée du Louvre, que le sieur Hippolite Eck s’est placé en faction le 29 juillet dernier dans le grand salon, à l’entrée de la galerie des tableaux, où il est resté de service depuis midi jusqu’à 2 heures environ et où il a empêché qu’il ne fût commis aucun dégât. » Signé, le 12 août 1830 : Cailleu. Eck demeurait 25, rue de la Vannerie en 1830 ; caserne des Minimes en 1830-1831. Archives nationales F/1dIII/87.