Enault, Jean, Guillaume
Biographie
Né le 21 août 1785 à Gonneville (Calvados), fils de Enault, Guillaume, Joseph, André et de Brinou, Cécile, Julie, Thérèse. Maître cordonnier. Il fut tué à l’attaque du Louvre, le 29 juillet. Ce fut une lettre de Massé ou Mape adressée à Enault jeune, son frère lui aussi cordonnier, en Normandie, qui apprit sa mort à sa famille. Enault jeune fit insérer une note dans le Constitutionnel afin de savoir si quelque ouvrier cordonnier avait connu son frère ; le préfet fit de même chercher sa trace dans les hôtels garnis, dans les bureaux de placement des ouvriers cordonniers et au bureau des livrets d’ouvriers. Le maire de Honfleur, en mars 1831 expliquait que Enault, tenant une mauvaise conduite, avait quitté la ville depuis plusieurs années, abandonnant sa femme et leurs trois enfants pour aller travailler à Paris et qu’il n’avait donné aucune nouvelle depuis très longtemps. En 1826, par exemple, il écrivit, après un long silence, s’excusant de ne pas pouvoir envoyer de secours à sa famille et espérant le faire une prochaine fois ; il travaillait alors chez Bertrand, bottier au marché d’Aguessau près de la Madeleine. Le dossier est noté de cette manière : « Toutes les recherches de la police pour découvrir le sieur Enault ont été infructueuses ; il paraîtrait qu’il n’a jamais habité Paris. » Sa veuve s’appelait Gueslin, Julie, née le 8 mai 1787 à Gonneville-sur-Honfleur (elle-même fille de Gueslin, Charles, François et de Quentin, Anne, son épouse. Il l’avait épousée le 21 janvier 1811 à Gonneville-sur-Honfleur (absente sur les listes du Bulletin des lois). La mairie de Gonneville-sur-Honfleur lui délivra, en date du 18 septembre 1831, un certificat attestant que sa mère Quentin, Anne, veuve de Gueslin, Charles, François « âgée de soixante-sept ans est demeurée aveugle depuis environ trois ans et jouit d’un peu de bien grevé de dettes. Attestons en outre que Julie Gueslin, sa fille, épouse de Jean, Guillaume Enault, cordonnier, âgée de quarante-quatre ans, demeure avec elle, la soigne et travaille journellement pour son existence et la sienne, ayant trois garçons trop faibles encore pour la secourir (le plus jeune est sourd) ». Il laissait aussi trois enfants, Amédée, né le 9 décembre 1811 à Honfleur (Calvados), Hippolyte, né le 17 août 1813 aussi à Honfleur, Alphonse, Honoré, né le 21 février 1815 toujours à Honfleur (absents sur les listes du Bulletin des lois). La demande de pension fut rejetée par la Commission des récompenses nationales, « toutes les recherches ont été inutiles pour savoir ce qu’était devenu cet Enault », trancha-t-elle. Il laissait aussi une mère. Son nom, en novembre 1831, était dans un état, établi par la mairie du (ancien) XIe arrondissement, de citoyens morts dans les journées de Juillet, dont le nom devait être inscrit au Panthéon et qui ne dépendait d’aucun arrondissement ; la mairie demanda l’ajout de son nom, comme mort les armes à la main. Son nom n’est cependant pas inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille. Enault demeurait à Honfleur en 1811-1815 ; La veuve demeurait à Honfleur en 1831. Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Citoyens sans arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens sans arrondissement et dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, citoyens sans arrondissement (quant à son inscription sur les listes du Panthéon, N.D.A) ; Archives de Paris VK3 11 ; Archives de Paris VK3 25, une liste de personnes tuées et qui ne semblaient dépendre d’aucun arrondissement parisien (liste établie au moment de recenser les noms qui devaient inscrits sur les tables du Panthéon, N.D.A.) ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, citoyens tués, sans arrondissement auquel les rattacher ; Archives nationales F/1dIII/33, demandes soumises à la décision de la Commission des récompenses nationales, non encore justifiées à l’époque du 20 octobre 1831 (point de preuves, est-il indiqué en face de son nom) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Badès ; Archives nationales F/1dIII/54.