Engard, Pierre

Biographie


Né vers 1801. Le 27 août 1830, il adressait la lettre suivante au préfet de police : « […] Grenadier de la garde nationale de Paris, ayant rendu quelques services à l’Etat comme ancien militaire, et s’étant armé pendant les trois jours mémorables, ayant le 29 au matin, à l’aide de quatre hommes que j’avais réunis, fait flotter le drapeau national sur les tours de Notre-Dame, lequel avait été retiré dans la nuit ; le même jour, ayant été à la prise du Louvre et des Tuileries, j’ai fortement contribué à la conservation de la bibliothèque royale du Louvre, en en rendant l’entrée inaccessible aux malveillants et en sauvant la vie au concierge nommé Charles Capet, le seul homme qui restait pour la garde de l’établissement, en détournant plusieurs armes à feu de dessus sa poitrine, dont un avait brûlé l’amorce. L’exposant ose assurer qu’il s’est rendu de quelque utilité dans bien des circonstances. J’ai été également à Rambouillet et le général Roquet m’a chargé de l’exécution de différents ordres. Se trouvant à Paris sans emploi, il a l’honneur de vous demander à faire partie de la garde municipale en qualité de sous-officier, en l’élevant à ce grade, il ose assurer qu’il s’en rendra digne. » Sa demande était revêtue de plusieurs apostilles. La première : « Le pétitionnaire, ancien sous-officier, appartient à une famille de la Creuse, dont la réputation a toujours été fort bonne. Il peut servir très utilement dans l’emploi qu’il sollicite et les députés de la Creuse soussignés le recommandent à M. le préfet de police. » Signé : Mestadier ; Voisin de Gardampe. La deuxième : « Le maire du (ancien) IXe arrondissement, soussigné, atteste avoir vu dans les derniers jours de Juillet, M. Engard toujours occupé du soin d’organiser des gardes mobiles et l’avoir vu aussi sous les armes. » Signé, le 27 août 1830 : Crosnier. La troisième : « J’atteste que le 29 juillet au matin le drapeau placé sur les tours septentrionales de l’église de Notre-Dame était tombé lorsque M. Engard est monté le remettre. » La quatrième : « Je m’empresse de certifier les faits sus énoncés à mon égard. M. Engard m’a sauvé la vie en détournant un coup de pistolet dirigé sur ma poitrine à bout portant. » Signé : Capet, concierge de la bibliothèque royale du Louvre. Engard fut admis dans la 2e compagnie de la garde municipale à cheval, sur proposition de la Commission des récompenses nationales. Quelque temps plus tard, il retira les pièces qu’il avait présentées à la Commission, pour les produire à son corps, et ne fut en conséquence pas compris dans le travail de la Commission sur les décorations. En septembre 1831, il protesta contre cet oubli et réclama la décoration. Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il était caserné à la caserne Saint-Martin en 1830. Archives nationales F/1dIII/87.

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