Eric, Bernard, Germain, Eric
Biographie
Né le 14 mars 1793 à Paris. Artiste tragique. La chronique de l’époque relatait ainsi sa participation à la révolution de Juillet : « La nation française avait consacré un monument à la sépulture de ses grands hommes ; un pouvoir, qui ne connaissait ni patrie ni grands hommes, en dénaturant la destination de ce monument, en avait en même temps effacé cette inscription aussi sublime que simple : Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. Aujourd’hui que la France vient de reconquérir ses droits, et que la liberté lui a rendu des héros, le Panthéon doit revivre, protégé par la noble idée qui lui donna naissance. Si la liberté est le premier besoin de la patrie, la reconnaissance est aussi son premier devoir. Hier dimanche, 1er août, à midi, M. Lebas, fils du conventionnel de ce nom, professeur au collège Saint-Louis, M. Massot, avocat, M. Eric Bernard, artiste dramatique, et plusieurs de ses camarades ont rétabli cette inscription si chère à tous les cœurs, et inauguré un drapeau tricolore au-dessus du front de l’édifice. Le cortège, composé des 1re et 5e compagnies du corps national des étudiants, a été salué par des acclamations universelles ; une foule est venue se ranger sur la place du Panthéon, et au moment de l’inauguration de l’inscription, les drapeaux se sont inclinés, les tambours ont battu aux champs, et la foule a répondu par des cris mille fois répétés : Vive la liberté ! Vive la nation ! » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous les seuls prénoms de Bernard, Germain sur les listes du Bulletin des lois). Président des décorés de la médaille de Juillet, il était membre du jury d’admission des enfants des décorés de Juillet (c’est quoi ce titre ?). Il demanda qu’il y eût une unité du ruban auquel devaient être suspendues les croix et les médailles, des médaillés ayant été poursuivis pour avoir porté le ruban bleu, ruban qui suspendait la Croix de Juillet, au lieu du ruban tricolore, ruban qui suspendait la médaille de Juillet. Des réunions de médaillés ayant eu lieu, et Eric pensait « qu’une nouvelle réunion pourrait donner aux moteurs de scandales, les moyens de troubler l’ordre public ». Il fondait sa demande « sur ce que chaque citoyen a le droit de porter le ruban national, et d’y suspendre une des nombreuses médailles qui ont été frappées depuis la révolution ». Il adressa à cet effet, le 20 juillet 1831 et en tant que président, une lettre au ministre et l’Intérieur et président du conseil pour « demander au roi le retrait de l’ordonnance qui désigne le ruban tricolore pour suspendre leur décoration, et de leur permettre le port du ruban spécialement affecté à la Croix de Juillet ». Sa demande était cosignée par : Desfammes, Michel, Gabriel (secrétaire) ; Gerbenne, Jean-Baptiste ; Marteau (lequel est-ce ?) ; Gérôme, Nicolas, Louis, François ; Prudhomme ; Ouvrier, Alexandre, Louis, Joseph ; Boursin de Méry, François, Georges, Joseph ; Caron ; Vandael, Jean-Jacques ; Hardy (mais lequel ?) ; Adrien ; Alexandre (mais lequel ?) ; Cottard, Pierre, Hugues ; Fraisse, Charles ; Fouet, Paul, Jean (voir ce nom) ; Dondeuil, François, Romain ; Desgranges, Michel ; Devirelode, Jean-Joseph ; Milbert, Alphonse ; (voir ces noms), et plusieurs noms illisibles : Leville, Poujot ou Poujol, Sivinius négociant, Marcheau, Heuzet, Paschal. Le 25 juillet suivant, il pressait le ministre de donner sa réponse, afin de répondre lui-même aux nombreuses demandes des médaillés et, ainsi, de terminer leur incertitude, avançant qu’il voulait s’éviter « la crainte de les voir nous demander une assemblée générale, toujours dangereuse par le contact des diverses opinions qui s’y trouveraient réunies ». Le 23 décembre 1831, il adressait la lettre suivante au ministère de l’Intérieur et président du conseil : « Monsieur,
»Le renvoi de la pétition des médaillés de Juillet au ministre de l’Intérieur, prononcé deux fois à l’unanimité par la Chambre des députés, a prouvé que les représentants de la nation avaient apprécié, comme l’avait fait depuis longtemps l’opinion publique, la juste réclamation des décorés de Juillet (de la médaille). Un député, ancien membre de la Commission des récompenses nationales, loin de trouver à redire à la réclamation des médaillés de Juillet, l’a au contraire appuyée avec zèle auprès de la Chambre.
»C’est donc dans le but d’obtenir un prompt résultat pour qu’il n’y ait qu’une seule et même décoration en l’honneur des mémorables journées que les membres de la commission établie par les médaillés de Juillet viennent solliciter du patriotisme de monsieur le président du Conseil la présentation du projet de loi suivant, que, dans sa sagesse, il modifiera au besoin.
»Projet de loi.
»Art. 1er. Les décorés de la médaille de Juillet sont assimilés à ceux qui ont obtenu la décoration spéciale.
»Art. 2. Après la prestation de serment à leurs mairies respectives et avoir rempli les formalités d’usage, les personnes qui ont la médaille de Juillet pourront porter la croix spéciale.
»Tous les décorés de la médaille de Juillet devaient se réunir jeudi dernier à l’effet d’activer la décision qu’ils demandent mais les malheurs occasionnés par les troubles survenus à Lyon et que tout homme de bien déplore encore leur ont fait changer de résolution afin d’éviter à la malveillance toute occasion de désordre dans la capitale ; nous pensons que monsieur le président du Conseil appréciera cette sage mesure faite dans l’intérêt public.
»Les membres de la commission des décorés de la médaille de Juillet, pleins de confiance dans le résultat de la demande qu’ils forment au nom de leurs camarades, ont l’honneur etc. » Sa lettre était cosignée par Gerbenne, Jean-Baptiste ; Gérôme, Nicolas, Louis, François ; Poujol ou Poujot (illisible) ; Leville (illisible) ; et un autre illisible.
Il reçut, comme médaillé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il mourut en 1859. Il était indiqué comme « ancien artiste de l’Odéon et pensionnaire du Théâtre de Saint-Pétersbourg ». Il demeurait au Théâtre de l’Odéon et 74, rue Saint-André-des-Arts en 1830-1831. La Gazette des tribunaux, 2 et 3 août 1830 ; Le Journal du commerce, 2 août 1830 ; La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 2 août 1830 ; Le National, 3 août 1830 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 273 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom d’Eric-Bernard) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement et lettres individuelles en date des 20 juillet, 25 juillet et 23 décembre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Revue des races latines, 18e volume, Paris, p. 157. Dans Archives de Paris DM13 1 in dossier Rousseau père, Pierre, Jean-Louis, ce dernier adresse une lettre à Eric, Bernard, membre de la Commission des récompenses nationales, afin de faire valoir ses droits à la décoration. C’est le même ?