Escribe, Antoine, Adolphe, Cyriaque

Biographie


Né le 15 septembre 1811 à Gaillac (Tarn), fils d’un maître de poste. Bijoutier. Il reçut deux blessures sur la place de Grève : une balle à la jambe et une forte blessure à l’épaule. Il refusa tous les secours pécuniaires municipaux qui lui furent offerts, et préféra se soigner à ses frais. Il sollicita la récompense honorifique et, parce que sans état, une place, expliquant : « J’ai fait toutes mes classes ; je n’ai pas pu spécialiser en les appliquant à une profession libérale les connaissances que j’avais acquises dans les collèges ; ma position peu heureuse ne me permettait pas d’attendre longtemps l’exercice d’un état lucratif ; élève de commerce, j’ai voyagé longtemps pour la bijouterie et aujourd’hui que mes blessures m’interdisent les fatigues pénibles, les courses journalières, je sollicite de la bienveillance du gouvernement une place dans l’administration du royaume ou dans le contrôle de la bijouterie. La connaissance que j’ai acquise des matières d’or et d’argent me rendra très propre à de telles occupations. » En janvier 1831, n’ayant reçu aucune réponse à sa lettre et ayant appris que de nombreux camarades avaient obtenu des grades dans l’armée ou dans l’administration des postes, il renouvelait sa demande, craignant d’acquérir « la triste conviction que le gouvernement de Louis-Philippe est un ingrat qui a oublié les prodiges de Juillet ». Sa lettre était apostillée par de nombreux habitants de Gaillac, le maire et le sous-préfet. Il avait joint à sa première demande plusieurs certificats ainsi rédigés : « Je, soussigné, déclare avoir vu le sieur Escribe, Cyriaque, atteint de deux blessures sur la place de Grève, en face le marchand de vins, combattant pour la liberté, le 27 à 8 heures du soir. » Signé Delboss, Jacques, menuisier, demeurant 52, rue Neuve-Saint-Augustin. « Je certifie avoir vu le sieur Escribe, Cyriaque, sur la place de Grève, combattant pour la liberté le 27 juillet dans l’après-midi. » Signé Auriol, Jules, chapelier, demeurant 13, rue de Paradis. Un certificat du docteur Morel de Rubempré (aussi rédacteur de l’Ami du peuple) : « J’ai pansé M. Escribe : il a reçu courageusement une blessure au mollet gauche (balle), une forte contusion à la partie antérieure de l’épaule. Ce jeune homme, bon patriote, a fait des études ; je crois, d’après ce que j’ai vu, devoir le recommander à la reconnaissance nationale et à notre gouvernement actuel, auquel il est sincèrement attaché. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom d’Escribe, Antoine, Adolphe sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel, et sous le seul nom d’Escribe sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instaurée après la Révolution de Février. Il se plaignait de n’avoir reçu que la médaille de Juillet parce qu’il avait quitté Paris presque aussitôt après la révolution et avoir vu plusieurs de ses camarades recevoir la croix, alors même qu’ils n’avaient pas été blessés. Il sollicita aussi un emploi, soit dans les postes soit dans les garanties de la bijouterie. Il rappelait qu’en 1831 on lui avait promis l’emploi de courrier de Toulouse à Avignon, mais, expliquait-il : « […] J’eus le malheur de me faire appuyer ma demande par le citoyen Morel de Rubempré, rédacteur en chef de l’Ami du peuple, qui m’avait soigné de mes blessures comme médecin. Ses opinions trop exaltées alors lui valurent bientôt la disgrâce de la part du gouvernement. Je fus à ce sujet frappé de réprobation. » Le maire de Gaillac, en date du 19 mars 1848, lui délivra un certificat pour attester qu’il s’était « toujours conduit en homme d’honneur et de probité et qu’il n’est rien parvenu à notre connaissance qui puisse nuire à sa réputation » et qu’il avait « toujours professé des sentiments patriotiques de liberté et d’égalité non équivoques ». Sa demande fut rejetée. Escribe, dans une de ses lettres à cette dernière Commission, se vantait d’avoir inventé une technique pour empêcher le déraillement des trains et se proposait de faire connaître. Il demeurait 4, rue du Rempart-Saint-Honoré en août 1830 ; bijoutier, place aux Herbes à Gaillac (Tarn) en janvier 1831-1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/15/4240 (sous le nom d’Escribe, Adolphe, Antoine).

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