Esperou, Paul, Jean, Louis, Antoine

Biographie


Né en 1805 à Albi (Tarn). Elève en pharmacie chez M. Boudet. La chronique de l’époque relatait ainsi sa participation aux journées de Juillet : « Deux jeunes élèves en pharmacie de la rue du Four, dont l’un est le fils de M. Boudet, et l’autre se nomme Lesperou (sic), après avoir été des premiers dans le château des Tuileries, se sont occupés avec une ardeur vraiment fraternelle du pansement des blessés, tant suisses que français ; le nombre, qui s’élevait à trente, a été transporté avec beaucoup de soin à l’Hôpital de la Charité. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 26, aux rassemblements avec prudence, crainte de porter un coup mortel à sa mère s’il fût arrêté. Le 27, fut retenu chez lui par des amis. Le 28, le bruit du canon l’emporta sur toutes les considérations ; il se rendit à la Grève puis au quai aux Fleurs ; il rencontra des hommes armés qui ne combattaient pas ; il leur demanda un fusil, qu’ils lui donnèrent pour aller au quai Pelletier ; il fut tirer d’abord un coup de fusil au coin du marchand de vin. Il se retira puis d’autres étant venus, ils furent alternativement tirer à ce coin et se réfugiaient dans une allée d’abord puis dans les embrasures des portes. Les Suisses étaient sur le pont d’Arcole, éloigné sur l’autre rive, c’est-à-dire vers la rive gauche. Le 28, a engagé le fils du pharmacien chez lequel il était employé et fut avec lui jusqu’à la place Saint-Germain-l’Auxerrois, où il le perdit de vue. N’ayant point d’armes, s’est occupé à panser les blessés. Parvenu au Carrousel, il s’empara du fusil d’un enfant et combattit jusqu’à l’arc de triomphe ; il combattait à côté de Baduel. Aux Tuileries, il est monté sur le trône pour annoncer au peuple que quiconque voudrait piller serait arrêté à la sortie par des factionnaires apostés à toutes les portes. Il a pansé des blessés à la chapelle des Tuileries. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 26 février 1831, à une voix pour la croix, sept voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom d’Espirou, Paul sur les listes de la mairie, sur celui d’Espiron, Paul dans les listes du Bulletin des lois). Il sollicita la croix, en remplacement, dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur, en date du 2 septembre 1831, expliquant : « Toute la journée du 28, enfermé dans la maison Bonneville, marchand de vin place de Grève n° 1, (celle qui a le plus souffert), j’ai constamment fait feu sur l’ennemi de la liberté. Le 29, j’ai concouru à la prise du Louvre et des Tuileries et je faisais partie du petit nombre de braves premiers entrés au château, tous décorés. Après la victoire, j’ai assisté les blessés, soit sur le champ de bataille soit dans les ambulances, enfin, ma conduite est justifiée de la manière la plus flatteuse par les pièces remises à la Commission et le Constitutionnel du 31 juillet. C’est avec peine, M. le ministre, que je vois tous mes compagnons d’arme décorés de la croix, tandis qu’on m’a décerné la médaille. C’est en vain que j’ai réclamé auprès de la Commission. J’apprends aujourd’hui par deux camarades de Juillet, MM. Baduel (voir Baduel, Louis, Henri) et Meynadier (voir Meinadier, Pierre, Jean, Ernest), élèves de l’Ecole polytechnique, qu’il n’appartient pas à la Commission de rectifier l’erreur qu’elle a commise et que vous seul, M. le ministre, avez ce droit […]. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions sur notre honneur que M. Esperou, Paul, Jean, Louis, Antoine, élève en pharmacie chez M. Boudet, dans la journée du 28 juillet de glorieuse mémoire, a contribué puissamment à repousser les ennemis de nos libertés, qu’il s’est joint à nous dans la maison Bonneville, marchand de vins, place de Grève et que, par son courage et son adresse à manier le fusil, il s’est distingué d’une manière toute particulière. Nous avons délivré la présente attestation pour rendre hommage à l’intrépide valeur de M. Esperou. » Signé, le 2 septembre 1830 : Merville (voir ce nom), marchand orfèvre, demeurant 2, quai Pelletier ; Bonneville (voir ce nom), marchand de vins, demeurant 1, place de Grève ; Hayaux (voir ce nom), capitaine ; Million (voir ce nom), marchand de tabac, demeurant 2, place de Grève ; Pailliès (voir ce nom), garçon de peine ; Vassal, Guillaume (voir ce nom), marchand de charbon ; Baduel (voir Baduel, Louis, Henri), élève de l’Ecole polytechnique. Il est répertorié (sous le numéro 1141) dans la liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. En 1831, il était sous-aide major à l’hôpital militaire de Montmedy (Meuse). Il demeurait hôtel du Vaudeville rue Beaujolais en 1831. Le Constitutionnel, 31 juillet 1830 (sous le nom de Lesperou) ; Evénements arrivés à Paris, les 27, 28 et 29 juillet, La Rochelle, imprimerie de Mareschal, 1830, p. 11-12 (sous le nom de Lesperou) ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, nom des personnes qui se sont particulièrement distinguées p. 274 (sous le nom de Lesperou) ; Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 77 (sous le nom de Lesperou) ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, liste des personnes qui ont prodigué leurs soins aux blessés p. 116 (sous le nom de Lesperon) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom d’Espirou, Paul) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés et liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 26 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 26 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (sous le nom d’Espirou, Paul) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement (bien sous le nom d’Espirou, Paul, faire le changement ?…) ; Archives nationales F/1dIII/54.

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