Espitallier, Antoine, Joseph

Biographie


Ancien soldat au 9e régiment d’infanterie légère, ayant fait la campagne de 1805, garçon glacier au café du Tivoli en juillet 1830. Il adressa, le 6 septembre 1830, au général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales, la lettre suivante : « […] Aussitôt qu’il entendit le premier coup de fusil, il quitta sa place au café de Tivoli et fut rejoindre ses frères à la place de Grève. Il s’est battu pendant les trois jours et ne quitta les armes que lorsque les Tuileries ont été prises et le sol purgé de ceux qui voulaient asservir la France. Il était à l’attaque du Louvre, au combat de la rue Saint-Honoré, à la prise des Tuileries, il fit partie de la colonne mobile qui se dirigeait sur Rambouillet. A son retour de Rambouillet, il a quitté les armes et voulut reprendre ses occupations de garçon glacier à Tivoli mais il ne put rentrer dans cette place, qui était sa seule ressource pour subsister, ayant été remplacé pendant son absence. Aujourd’hui sans emploi, ayant partagé ses petites économies avec ses compagnons, il vous prie de vouloir bien lui faire accorder, s’il est possible, la place de commis aux charbons ou celle de concierge dans l’hospice de la rue de la Roquette ou tout autre emploi qui pourrait lui assurer une petite ressource. » Sa lettre était apostillée par Meriguet illisible, propriétaire, demeurant 4, rue de l’Orillon. Le certificat suivant était joint à la demande : « Nous, soussignés, nous étant trouvés à presque toutes les affaires et combats des mémorables journées de juillet, certifions à tous ceux qu’il appartiendra que le sieur Espitallier s’est partout trouvé avec nous, qu’il y a combattu avec courage et dévouement, qu’il est allé à Rambouillet à ses frais et n’a quitté que lorsque tout a été terminé. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir ce que de raison et notamment pour avoir une récompense pécuniaire, étant dans le plus grand besoin, ayant perdu sa place de glacier par suite de son dévouement. » Signé le 8 septembre 1830 : Lefeuvre, ancien militaire de 1814, demeurant cul-de-sac Sainte-Opportune, 15, rue de la Grange-aux-Belles ; Beldame, demeurant 24, rue des Morts ; Million, Pierre (voir ce nom ?), libraire passage du Bois-de-Boulogne, sergent de voltigeurs à la Ve légion de la garde nationale, qui attesta avoir « vu le 29 le pétitionnaire dans la rue Saint-Honoré près celle de Richelieu au nombre des combattants » ; Beuvrey illisible, demeurant village d’Orsel, rue des Acacias, maison Sanbourt illisible, qui ajoutait s’être trouvé « à la porte Saint-Denis, le 28, avec le pétitionnaire et qu’il se battait comme un intrépide » faire une entrée à son nom si le problème du nom est élucidé ; …erille, ancien capitaine, demeurant 3, rue Bichat, qui ajoutait qu’Espitallier s’était « trouvé à côté de moi, se battant bravement lors de la prise du Louvre ». Prévot, marchand de vin traiteur au 41, rue des Marais, certifiait avoir vu Espitallier combattre à la Grève. Il reçut (sous le nom d’Espitallier, Joseph) un secours, définitif, de cent quarante francs, le 5 novembre 1830, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il retira, le 19 août 1831, les pièces qu’il avait confiées à la Commission des récompenses nationales et déposa un dossier devant la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il demeurait 4, rue de l’Orillon dans le faubourg du Temple en 1830. Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le nom d’Espitalier, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/87.

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