Estrée d’
Biographie
Chirurgien. « Le 28 au soir, au moment où le feu d’une pièce de canon décimait la foule entassée dans la rue Planche-Mibray, un des braves du peuple s’écrie : “Qui vient avec moi prendre cette pièce ? Je ne veux que des hommes sans armes.” Suivi de huit à dix hommes, il s’élance et tombe percé d’une balle au moment où il allait atteindre le but. Ses camarades se dispersent. Le blessé est relevé, conduit à l’ambulance voisine établie dans la maison du commissaire de police. M. d’Estrée, habile chirurgien, qui a passé nos trois grandes journées alternativement à combattre et à panser les blessés, extrait la balle et bande la plaie. Le blessé se relève alors. “Lâches, s’écrie-t-il, vous m’avez abandonné au moment où la pièce était à nous. Réparez votre honte, suivez-moi.” Il part, essuie le feu de la pièce, et cinq minutes après, elle était à lui. Il était sept heures ; douze heures après, le 29 au matin, ce brave, percé de coups, gisait à quelques pas du champ de bataille. » Le Temps, 3 août 1830 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, liste des personnes qui ont prodigué leurs soins aux blessés p. 117.