Etienne, Etienne
Biographie
Né le 7 août 1775 à Champé (Meurthe). Ancien militaire au 1er bataillon de la Meurthe, ancien commerçant, concierge en 1830. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Dans sa séance du 6 avril 1831, le jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques notait : « Porté par erreur ayant été entendu par un jury. » Il ne semble pourtant pas apparaître dans aucune décision… Plus tard, il affirmait avoir déposé ses pièces prouvant sa participation aux combats de juillet devant la Commission des récompenses nationales mais, n’avoir pas trouvé pas son nom sur les listes des décorés, Le 20 mai 1831, il adressa d’abord une lettre au roi, rappelant ainsi ses titres : « […] Marchant le quatrième en tête sur la caserne des Suisses, le septième de la même ligne frappé de deux balles, l’une au col et l’autre dans le flanc, perdant considérablement de sang, il a quitté son rang malgré une grêle de balles tirées par six croisées de ladite caserne dirigée sur eux, l’a enlevé et transporté seul et sans secours dans la maison où M. Armand docteur médecin s’était installé pour panser les blessés qui lui seraient apportés. Aussitôt le dépôt de ce brave, il s’est empressé de rejoindre ses frères d’armes auprès de ladite caserne où il a encore employé vingt-sept cartouches sur les Suisses. Pendant ce combat meurtrier, il fut un de ceux qui donna l’idée de mettre le feu à la caserne et bientôt tout le nécessaire fut apporté, le feu immédiatement allumé jeta l’alarme parmi l’ennemi, qui évacua de suite sa retraite et le succès fut complet. » Feisthamel, colonel de la garde municipale, ajouta l’apostille suivante : « J’ai vu les pièces authentiques, qui constatent que M. Etienne a donné les plus grandes preuves de bravoure pendant les trois journées. Je connais le pétitionnaire, qui est un brave homme, ancien militaire, animé du meilleur esprit. Sa position est voisine de l’indigence. » Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants ([ancien] XIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un emploi. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés, qui pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier ont pris la part la plus active aux derniers événements, certifient que le sieur Etienne, Etienne, âgé de cinquante-cinq ans, demeurant rue de Vaugirard n° 57, a fait partie de la colonne qui s’est emparé de la caserne de Babylone ; qu’il a montré, dans cette attaque, le plus grand courage, non seulement en tiraillant avec les Suisses mais encore an allant tirer de dessous le feu de l’ennemi les malheureux blessés, qu’il amenait au docteur Amédée Arnaud (voir Arnaud, Jean-Joseph, André), qui leur prodiguait les soins les plus touchants au coin même de la rue Mademoiselle. » Signé, le 15 août 1830 : Girod (voir ce nom), demeurant 10, rue de Sèvres ; Arnaud (voir Arnaud, Jean-Joseph, André), médecin, demeurait 30, rue du Regard ; Testard (voir ce nom), demeurant 61, rue de Vaugirard ; Vionnet (voir ce nom), demeurant 61, rue de Vaugirard ; Hebert (voir ce nom), demeurant 20, rue des Canettes ; Coulabin (voir ce nom), demeurant 1, rue Notre-Dame-des-Champs ; Petitjean (voir ce nom), « commandant les sapeurs travaillant 101, rue du Bac » ; Dutey (voir ce nom), demeurant 61, rue de Vaugirard. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine commandant la 2e compagnie de chasseurs du 1er bataillon de la XIe légion, certifie que M. Etienne, Etienne, l’un des premiers chasseurs inscrits de ladite compagnie, s’est comporté comme un brave citoyen, qu’il a fait son service avec beaucoup de zèle et d’exactitude, qu’il a toujours répondu à tous les appels et que dans les moments de trouble il s’est conduit de manière à mériter l’estime de ses officiers et l’amitié de ses camarades ; qu’en un mot ce brave homme a bien justifié, dans toutes les circonstances, l’honorable conduite qu’il a tenue dans les glorieuses journées de Juillet. M. Etienne n’est point heureux par sa position. Il a besoin de travailler pour vivre et il fait partie de cette nombreuse classe qui inspire et qui mérite de l’intérêt. » Signé, le 30 juin 1831 : Barré. En septembre 1831, il sollicita la place de concierge de la caserne de Babylone. Il demeurait 57, rue de Vaugirard en 1831. Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 6 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives nationales F/1dIII/54.